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Et pourquoi, dans l'été, la nuit est toujours lente
A tempérer de l'air la chaleur accablante.
Puis, discourant sur l'homme et sur les animaux,
Sur la pluie et la foudre et les autres fléaux,
Aux Troyens étonnés expliqua toutes choses,
Et parla savamment des effets et des causes.

VOTRE esprit, insensible à tout autre plaisir,
De ces mêmes objets aime à s'entretenir,
Princesse; ainsi mes vers oseront vous redire
Ce que déjà vos yeux dans le ciel ont su lire.
Vous prêterez l'oreille à mes faibles accens,
En faveur de sujets nobles, intéressans,

TRAITONS sans ornement une belle matière;
La modeste Uranie a toujours droit de plaire.
L'aigle des orateurs, l'éloquent Tullius,
En vers peu cadencés traduisit Aratus.
Pour moi, de votre nom j'ornerai mon ouvrage;
Du plus heureux succès il m'offre le présage.

PARCOURONS tous les corps et les objets divers
Que notre œil aperçoit dans ce vaste univers.
Sur la terre, placé par le souverain être,
L'homme, du monde entier d'abord se croit le maître,
Et pense, dans l'erreur dont l'orgueil est l'appui,
Que tout ce qui se meut se meut autour de lui.
Dans cette illusion, ses yeux, il faut le dire,
Avec sa vanité concourent à l'induire :

Trompé par son organe, il rapporte toujours
Des astres éloignés et la place, et le cours,
Au fond plus reculé d'une lointaine sphère
Dont le centre est au point d'où l'œil les considère.
L'optique ainsi le veut : il est par conséquent
Pour chaque observateur un centre différent;
Il fallait cependant choisir un terme unique,

Centre fixe et constant du système physique;
C'est celui de la terre, il fut donc arrêté

Que supposant un œil en ce point transporté,
Les mouvemens des corps, leur véritable place,
Seraient ceux vus du centre et non de la surface,

D'où s'offrent à nos yeux mille aspects différens,
Que pour mieux distinguer nous nommons apparens.

REVENONS Sur le globe où l'eau, l'air et la terre,
Composent, nous dit-on, la Sphère élémentaire,
La sphère qui nourrit et renferme en son sein
Animaux, végétaux et tout le genre humain.
L'air tient enveloppé dans sa région basse
Tout ce qui de ce globe habite la surface.
Les nuages, plus haut, la pluie et les éclairs,
Occupent ce milieu qu'on appelle les Airs.
Dans une région plus élevée encore

Naissent, brillent soudain les feux, le météore
Qui, dans la nuit obscure, aux voyageurs surpris,
Semblent être les jeux de célestes esprits.
Mais ces trois régions qui forment l'atmosphère
Ne sauraient excéder des monts la tête altière,
Car dès qu'à son couchant, Phébus de ses rayons,
A cessé d'éclairer la cime de ces monts,
Bientôt l'air obscurci perd aussi sa lumière,
Et la nuit se répand sur tout cet hémisphère.

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Suspendus dans les cieux et par de vains efforts, Gardez-vous d'enfanter quelque nouveau système, Pour nous inconcevable et peu clair pour vous-même.

DES astres lumineux les rayons à nos yeux Doivent pour arriver traverser deux milieux ; L'un est l'éther, qui n'offre aucune résistance ; L'autre est notre atmosphère, et celui-ci plus dense Par le rayon heurté, dans ce choc singulier, Le détourne avec force et l'oblige à plier. Ainsi j'ai vu cent fois, dessus l'humide plage, La chaloupe au moment de quitter le rivage; Les bras tendus, l'oeil fixe, à l'aspect du signal Les rameurs se courbant d'un mouvement égal; Chaque rame à la fois se soulève, retombe, Et paraît se briser en se plongeant dans l'onde. De la réfraction tel est l'effet trompeur; Il change des objets la forme et la hauteur. La lune à l'horizon devient plate, inégale, Et du soleil couchant la figure est ovale; Tous les astres enfin, bien loin d'être aperçus Brillans dans leurs vrais lieux, paraissent au-dessus; Moins il sont élevés, plus fausse est l'apparence; A de grandes hauteurs, nulle est la différence; De là, par un effet heureusement produit, Le jour devient plus long aux dépens de la nuit.

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TABLEAU CHRONOLOGIQUE

De la Vie et des Ouvrages de J.-D. CASSINI.

1625. - SA naissance à Périnaldo, le 8 juin.

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Il entre au collège de Saint-Jérôme, tenu par les Jésuites

1646. Il compose plusieurs pièces en vers latins et italiens, dont quelques-unes ont été imprimées ( Giustiniani gli scrittori liguri, p. 371.)

1649. 1650.

Il se rend à Bologne.

Le Sénat de Bologne lui donne la chaire d'astronomie, vacante par la mort de Cavalleri.

1652. Il observe la comète qui paraît à la fin de cette année, et qui lui donne lieu de publier l'ouvrage suivant :

Mutinæ, in-folio. Ad seren. princip. Franciscum Etenensem Mutinæ ducem, Joan.-Domin. Cassini genuensis, in bononiensi archigymnasio public. Astronom. profess. de cometá ann. 1652 et 1653,

Il suit dans ce premier ouvrage la fausse opinion de la formation. des comètes par les exhalaisons de la terre, et même des étoiles qu'il suppose avoir un atmosphère, et démontre par ses observations que la comète est fort au-dessus de la région de la lune : mais depuis l'impression de cet ouvrage, la suite de ses observations réforme ses idées; il s'aperçoit que la route de la comète peut être représentée par un mouvement régulier, qu'on peut en dresser des éphémérides et que l'astre se trouve fort au-dessus de Saturne. Il en écrit à Bouillaud, et se propose d'en publier incessamment une seconde partie sous le titre de Theoria motus cometæ anni 1652: mais cet ouvrage annoncé n'a pas été imprimé ( Giustiniani, gli scrittori liguri, p. 560.) Il résout le problême déjà tenté par Kepler et jugé insoluble par lui et par Bouillaud, consistant à trouver directement et géométriquement l'apogée et l'excentricité d'une planète ( Opera Gassendi,

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