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ceux qui les ont précédés : il a encore le désavantage d'établir plusieurs alphabets dans un dictionnaire; tels sont les alphabets particuliers dés noms précédés de l'article de ou le. Le mot de La Fontaine peut servir d'exemple pour faire voir l'irrégularité de la nouvelle manière de classer les noms propres. Dans presque tous les ouvrages qui ont précédé le xixe siècle, ce nom est placé à la lettre F; depuis vingt-cinq ans, on le met aux lettres D ou L. M. de Saint-Surin a adopté ce dernier mode de placement. Il sait pourtant que notre immortel fabuliste a toujours signé ses lettres ou épîtres dédicatoires, de La Fontaine, pourquoi retrancher de ce nom l'article de, ou pourquoi renfermer entre deux parenthèses ce seul article? Dans la conversation et dans une citation, l'on a coutume de dire La Fontaine; mais quand on veut placer ce nom dans une table ou dans un dictionnaire, il est convenable de le présenter tel qu'il est. A la vérité, ou dit Fables de La Fontaine, sur le frontispice des belles éditions d'Ambroise Didot l'aîné à l'usage du dau phin. Mais on voit que l'euphonie a fait supprimer le de. Le rédacteur d'une table ou d'un dictionnaire n'a point la même

excuse.

Je reviens à la table des matières de M. de Saint-Surin. Un des premiers mots qui se présentent est Abély; ce nom est mal orthographie: on lit Abelly sur les frontispices des ouvrages de cet auteur.

D'Alembert... Ce mot doit être placé à la lettre A. de cette manière, Alembert ( d ).

Dassaula... Il s'agit du traducteur de Juvénal: son nom est Du Saulx, et doit être renvoyé à l'S, "

Lafontaine... Je crois avoir prouvé qu'il falloit mettre Fontaine (de la ).

Lagrange-Chancel... Il faudroit lire... Grange Chancel ( de la ).

Leclerc... Lisez Clerc (le).

Martin.Suivant M. de Saint-Surin, ce traducteur en vers des Georgiques de Virgile ne doit pas être confondu avec Pinchesne. C'est réellement le même : il s'appeloit Martin sieur de Pinchesne.

Raimond de Saint-Marc... Lisez Remond de Saint-Marc..
Sabathier de Castres... Lisez Sabatier.

L'estimable éditeur qui a jugé avec sévérité ses prédécesseurs ne trouvera pas mauvais sans doute que je me sois montró un peu rigoureux envers lui., Son édition de Boileau n'en est pas moins, à mes yeux, la meilleure de toutes celles qui ont paru jusqu'à ce jour. J'aurois pu lui reprocher de ne m'avoir point compris dans la nombreuse liste des personnes dont les travaux lui ont été utiles; il me semble, en effet, que mon nom pouvoit se trouver sous la plume de M. de Saint-Surin : 1 lorsqu'il a cité le Catalogue manuscrit de la bibliothèque de l'abbé Goujet, en 6 vol. in-folio, qu'il sait être en ma possession depuis une vingtaine d'années; 2° lorsqu'il a tiré de la seconde édition de mon Dictionnaire des ouvrages anonymes la réfutation de l'opinion de MM. Chaudon et Daunou, qui attribuent au marquis de Mimeure.une traduction en vers de l'Art d'aimer d'Ovide. (Voyez OEuvres de Boileau, tome 4, page 579, et le Dictionnaire des anonymes, tome 1, no. 1219, deuxième édition.)

Ma réclamation atténue un peu ce passage de l'excellent ar ticle du Journal des Savans, au mois de mars 1824, page 144: « Ce qui m'a d'abord frappé, dit M. Raynouard, dans les vérifications et les confrontations que j'ai faites de plusieurs citations et rapprochemens de M. de Saint-Surin, c'est un caractère d'honnête homme. Il avoue scrupuleusement tous ses emprunts; il ne s'approprie pas le travail d'autrui. Une marque spéciale indique ce qui lui appartient; je ne sais si cette exactitude scrupuleuse est un grand mérite, mais je sais qu'elle est rare. »

A.-A. BARBIER.

ceux qui les ont précédés : il a encore le désavantage d'établir plusieurs alphabets dans un dictionnaire; tels sont les alphabets particuliers des noms précédés de l'article de ou le. Le mot de La Fontaine peut servir d'exemple pour faire voir l'irrégularité de la nouvelle manière de classer les noms propres. Dans presque tous les ouvrages qui ont précédé le xixe siècle, ce nom est placé à la lettre F; depuis vingt-cinq ans, on le met aux lettres Dou L. M. de Saint-Surin a adopté ce dernier mode de placement. Il sait pourtant que notre immortel fabuliste a toujours signé ses lettres ou épîtres dédicatoires, de La Fontaine, pourquoi retrancher de ce nom l'article de, ou pourquoi renfermer entre deux parenthèses ce seul article? Dans la conversation et dans une citation, l'on a coutume de dire La Fontaine; mais quand on veut placer ce nom dans une table ou dans un dictionnaire, il est convenable de le présenter tel qu'il est. A la vérité, ou lit Fables de La Fontaine, sur le frontispice des belles éditions d'Ambroise Didot l'aîné à l'usage du dau phin. Mais on voit que l'euphonie a fait supprimer le de. 'Le rédacteur d'une table ou d'un dictionnaire n'a point la même

excuse.

Je reviens à la table des matières de M. de Saint-Surin. Un des premiers mots qui se présentent est Abély; ce nom ést mal orthographie: on lit Abelly sur les frontispices des ouvrages de cet auteur.

D'Alembert... Ce mot doit être placé à la lettre A. de cette manière, Alembert (d').

Dussaula... Il s'agit du traducteur de Juvénal: son nom est Du Saulx, et doit être renvoyé à l'S.

Lafontaine... Je crois avoir prouvé qu'il falloit mettre Fonlaine (de la ).

Lagrange Chancel... Il faudroit lire... Grange Chancel ( de la ).

Leclerc... Lisez Clerc (le).

Martin.Suivant M. de Saint-Surin, ce traducteur en vers des Géorgiques de Virgile ne doit pas être confondu avec Pinchesne. C'est réellement le même: il s'appeloit Martin sieur de Pinchesne.

Raimond de Saint-Marc... Lisez Remond de Saint-Marc.. Sabathier de Castres... Lisez Sabatier.

L'estimable éditeur qui a jugé avec sévérité ses prédécesseurs ne trouvera pas mauvais sans doute que je me sois montró un peu rigoureux envers lui. Son édition de Boileau n'en est pas moins, à mes yeux, la meilleure de toutes celles qui ont paru jusqu'à ce jour. J'aurois pu lui reprocher de ne m'avoir point compris dans la nombreuse liste des personnes dont les travaux lui ont été utiles; il me semble, en effet, que mon nom pouvoit se trouver sous la plume de M. de Saint-Surin: 1 lorsqu'il a cité le Catalogue manuscrit de la bibliothèque de l'abbé Goujet, en 6 vol. in-folio, qu'il sait être en ma possession depuis une vingtaine d'années; 2o lorsqu'il a tiré de la seconde édition de mon Dictionnaire des ouvrages anonymes la réfutation de l'opinion de MM. Chaudon et Daunou, qui attribuent au marquis de Mimeure une traduction en vers de l'Art d'aimer d'Ovide. (Voyez OEuvres de Boileau, tome 4, page 579, et le Dictionnaire des anonymes, tome 1, no 1219, deuxième édition.)

Ma réclamation atténue un peu ce passage de l'excellent article du Journal des Savans, au mois de mars 1824, page 144: « Ce qui m'a d'abord frappé, dit M. Raynouard, dans les vérifications et les confrontations que j'ai faites de plusieurs citations et rapprochemens de M. de Saint-Surin, c'est un caractère d'honnête homme. Il avoue scrupuleusement tous ses emprunts; il ne s'approprie pas le travail d'autrui. Une marque spéciale indique ce qui lui appartient; je ne sais si cette exactitude scrupuleuse est un grand mérite, mais je sais qu'elle est rare. » at

A.-A. BARBIER.

VENTE DE LIVRES.

DES CATALOGUES CONSIDÉRÉS SOUS LE POINT DE VUE DE L'HISTOIRE LITTÉRAIRE ET DE LA BIBLÍOGRAPHIE.

Vente Chaumette des Fossés. — Vente Lamberty, d'Aix.

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Un catalogue de vente, aux yeux de cette foule ignorante et inoccupée, qui forme ce qu'on est convenu d'appeler le public, n'est guère, en général, autre chose qu'une nomenclature plus ou moins considérable de livres destinés à courir les chances d'une adjudication publique sous le patronage plus ou moins imposant d'un libraire exercé à ce genre d'industries et dont l'habileté consiste tout entière, pour les mêmes gens, dans le talent de tirer le meilleur parti, c'est-à-dire, le plus d'argent possible de ces productions de l'intelligence ainsi converties en marchandise. Pour les esprits un peu moins vulgaires, pour les hommes qui comptent encore pour quelque chose la pen sée et son expression, le catalogue d'une bibliothèque est tout autre chose qu'un étalage de libraire, et, sans vouloir absolument, par un travers d'esprit qui deviendroit presque un non-sens dans le temps où nous avons le bonheur de vivre, considérer ces livres sous leur rapport exclusivement littéraire, et abstraction faite ab→→ solument de leur valeur commerciale, nous pensons pourtant, et nous croyons pouvoir dire, que la lecture d'un bon catalogue, d'un catalogue bien rempli et rédigé avec le soin que savent y mettre quelques uns de nos libraires, peut et doit éveiller en nous d'au tres idées que celles qui se résolvent uniquement en francs et centimes, ou, comme on l'auroit dit encore avant le 1er janvier 1840, en livres, sous et deniers. En effet, dans un catalogue, tels que pouvoient être autrefois, pour n'en citer qu'un petit nombre, ceux de l'illustre de Thou, de Colbert, de du Fay, du comte d'Hoym, de Girardot de Préfond, de Gaignat, du duc de la Valliére, de Mac-Carthy, etc.; dans un catalogue tel que

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