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UNIVERSELLE.

FLABANT LA BILLARDERIE, comte d'Angivilliers. Voyez ANGIVILLIERS, au Supplément.

FLABENIGO, ou FLABANICO (DOMINIQUE), doge de Venise, de 1032 à 1043. Le peuple de Venise soulevé contre le doge Dominique Orséolo le contraiguit en 1032 à s'enfair à Ravenne, et rappela de l'exil Dominique Flabenigo pour l'élever à la première dignité de sa patrie. Flabenigo gouverna Venise avec sagesse et modération; il fit rendre une loi pour empêcher les doges de s'associer fear fils dans leurs fonctions, et par là il maintint à Venise la forme du gouvernement républicain. La succession héréditaire des doges en aurait bientôt fait une monarchic. Flabenigo mourut en 1043, et Dominique Contarini lui succéda. S. S-1.

F

FLACGILLA (ELIA), impératrice romaine, femme de Theodose Ier., uaquit en Espagne. Son père Antonius fut consul en 382; Théodose l'épousa en Espagne, et lorsqu'elle quitta cette province elle était déjà mère d'un fils, Arcadius, né en 577, et d'une fille, Pulchérie, qui naquit l'année suivante. Flaccilla monta sur le trône en 379, et s'y montra digne de son époux, en alliant, comme lui, la modestie et la grandeur d'ame, soutenant sa fermeté, modérant ses ressentiments. Pieuse, charitable pleine de douceur et de bonté, elle

fit les délices de l'empire et le bonheur de Théodose, qui lui donna une part très active dans le gouvernement. Flaccilla ne négligeait rien pour inspirer à ses enfants l'amour de la vertu : elle avait donné le jour à Honorius en 384; mais l'année suivante elle perdit sa fille Pulchéric, âgée de six ans, et qui dans un âge si tendre annonçait déjà les plus heureuses qualités. Flaccilla ne survécut pas long-temps à cette perte; elle mourut à Scotuse en Thrace, où elle était allée prendre des eaux minérales. Son corps fut rapporté à Constantinople. Tout l'empire la pleura sincèrement, et les Grecs hono. rent encore sa mémoire comme celle d'une sainte. Flaccilla avait fait cous truire dans Constantinople un palais qui garda son nom. Sa statue était placée dans le sénat entre celles de Théodose et d'Arcadius. Il existe des médailles en or, en argent et en bronze, à l'effigie de cette princesse ; mais elles sont rares. Les Grecs l'ont nominée quelquefois Placilla ou Placidia. L-S-E.

FLACCUS. Voyez FRANCOWITZ, HORACE, VALERIUS et VERRIUS.

FLACE (ENE), littérateur man. ceau, né a Noyen-sur-Sarthe le 23 novembre 1550, se distingua par des écrits qui obtinrent dans sa province un grand succès. La Croix du Maine dit qu'il était orateur, poète, théolo

gien, philosophe et musicien. Il dirigea le college du Mans, entra dans l'état ecclésiastique sous les auspices de l'évêque de Beauvais, qu'il appelle son Mécène, ct fut nommé curé de la paroisse de la Coulture. Il tenait, dans sa maison, une école publique, où l'on enseignait la musique et les belleslettres. Flacé a célébré en vers latins l'origine des Manceaux et la fondation fabuleuse de leur ville, qu'il attribue à Lemanus, roi des Celtes, 1372 ans avant J.-C. Cette pièce est imprimée dans la Cosmographie de Belleforest, 1575, et dans les Coutumes du Maine commentées par Brodeau, 1645, in-fol. Nous avons aussi de Flacé: I. Prières tirées de la Bible, tournées de latin en vers françois, au Mans, 1582, in-12; II. un Poème latin intitulé: Catechismus catholicus, in quo puer magistrum interrogat de rebus ad fidei catholicæ professionem pertinentibus, le Mans, Olivier, 1590, petit in-4°.; 2°. édition, 1595. Dans sa dédicace à Claude d'Angennes, évêque du Mans, l'auteur, suivant le mauvais goût qui régnait alors, cite Anaxagore, Héraclite et S. Paul. Il traduisit cet opuscule en vers français, sous ce titre : III. Catéchisme catholicque et sommaire de la doctrine chrestienne, mys premièrement en carme latin et depuys tourné en françois par M. R. Flacé, curé de la Coulture, és fors-bourgs du Mans, ibid., 1576, in-8°. Il le dédia au cardinal de Bourbon, abbé commendataire de la Coulture (le même que les ligueurs proclamèrent roi de France en 1589, sous le nom de Charles X). Flacé avait distribué des copies de son Poème latin long-temps avant de le faire imprimer; cela explique l'invraisemblance apparente des deux dates 1590 et 1576. Les vers latins sont meilleurs que la traduc

tion; quelques-uns expriment d'utiles préceptes de morale et d'hygiène :

Quod facit amplificat tumidis jactantia verbis.
Fastus in incessu, veste vel ore patet.
Spurca libido animi vires et corporis aufert:
Inducit morbos: tabida membra facit.
Vivis non ut edas, sed edis quò vivere possis.
Nunquam tot gladio quot periere cibo.

Flacé mourut le 15 septembre 1600.
L-U.

FLACHAT (JEAN-CLAUDE), négociant et voyageur français, parcourut la Hollande, l'Italie, l'Allemagne, et après avoir traversé la Hongrie, la Valaquie et la Turquie, il arriva à Constantinople. Il avait formé le projet de visiter tous les pays du Levant et d'aller aux Indes; mais l'ambassadeur de France lui refusa un passeport à cause des dangers d'un si long voyage, et ne consentit à lui accorder que la permission de se fixer dans la capitale de l'empire othoman. Flachat en profita et tourna toutes ses pensées vers le commerce. Il devint baserguian bachi, ou marchand du grand -seigneur; ce qui lui procura la facilité de faire de grosses affaires, en vendant pour l'usage des palais de sa hautesse toutes sortes d'objets manufacturés en Europe. En bon Français, il préférait toujours ceux qui venaient de son pays. Il profita de son titre pour dessiner un grand nombre de métiers et de machines, et s'instruire de la manière de fabriquer différentes espèces d'étoffes, de choisir les matières que l'on y doit employer; de teindre solidement le coton en rouge; d'étamer le cuivre et le fer-blanc, de broder au tamis, d'arçoner le coton etc. C'était au kislar-aga qu'il devait son titre. Get officier finit par éprouver le sort de ses pareils, il perdit la vie; mais Flachat qui s'était prudemment abstenu de se mêler d'affaires politiques, ne fut pas entraîné dans la chute de cet officier, et sa vie et ses

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compenser Flachat de ses efforts en faveur de l'industrie française, accorda, par an arrêt du conseil du 21 décembre 1756, à la manufacture de St.-Chamond, en Lyonnais, qui appartenait à son frère, et dont il avait la direction, le titre de manufacture royale, et divers priviléges et exemptions. Cet arrêt dit expressément que Flachat a amené en France plusieurs ouvriers grecs, qu'il en occupe une partie à préparer les matières premières, et l'autre à les teindre, et qu'il tient ses ateliers ouverts au public pour y donner l'exemple et former des élèves.

biens furent sauvés de la proscription. Après un séjour de quinze ans à Constantinople, Flachat en partit en 1755, et se rendit à Smyrne. Il porta son attention sur la culture de la garance, prit avec lui des ouvriers qui connaissaient les procédés de l'industrie du Levant, dont il voulait enrichir sa patrie, et à cause de la guerre s'embarqua sur un navire de Raguse, qui le mena à Livourne. Il gagna de la Genes, puis Nice et Marseille, où il arriva en 1756. II publia le résultat de ses voyages sous ce titre : Observations sur le commerce et sur les arts d'une partie de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique, et même des Indes orientales, Lyon, 1756, 2 gros vol. in12. L'auteur donne dans cet ouvrage la description des différents pays qu'il a parcourus, et traite principalement de leur commerce et de leur industrie. ]] indique aux Français les diverses branches de commerce qu'il leur est utile d'exploiter, soit exclusivement, soit en concurrence avec les autres négociants de l'Europe. Il observe avec raison que les Grecs, malgré leur décadence politique, ont conservé, dans la pratique des arts, des procédés qui nous sont inconnus, et qu'il regarde comme intéressant d'introduire parmi nous pour perfectionner notre industrie. Il a inséré dans son livre, des Mémoires sur la culture de la garance, sur la teinture du coton filé en bleu, et sur la manière de le blanchir. Les figures qu'il a ajoutées à son livre pour expliquer les procédés qu'il décrit, eu pour donner une idée des choses dont il parle, sont exactes, mais dessinées sur une trop petite échelle, et placées plusieurs sur une seule planche de format in-12, ce qui au premier coup-d'œil les fait paraître confuses. Elles sont d'ailleurs dessinées assez grotesquement. Le roi, pour ré

E-s FLACHSENIUS (JEAN), évêque d'Abo, en Finlande, né en 1636, mort le 11 juillet 1708, joignit à l'étude de la théologie, celle des mathématiques, dont il répandit la connaissance en les professaut pendant quelques années avec un grand succès. On doit remarquer entré ses ouvrages, les Observations sur la Comète de 1681, et le recueil intitulé, Sylloge systemat. theolog. mundi ante et postdiluviani ad hæc nostra tempora, Abo, 1690. FLACHSENIUS (Jacob), probablement frère du précédent, mort en 1696, est auteur de quelques ouvrages sur la théologie et la physique. C-AU.

FLACIUS. Voy. FRANCOWITZ. FLACIUS (MATHIAS), médecin, né à Brunswick, vers le milieu du 16o. siècle, fit ses études à Strasbourg et à Rostock. Créé maître ès-arts dans cette dernière ville en 1574, agrégé à la mêine faculté en 1579, reçu docteur en médecine le 23 septembre 1581 il en fut nominé professeur en 1590, après avoir occupé pendant quelques années la chaire de physique. Sa réputation fut moins étendue, sa carrière moins brillante, mais aussi beaucoup moins orageuse que celle du fa

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meux théologien Francowitz, son père, connu sous le nom de Mathias Flacius Illyricus. Les écrits peu nombreux publiés par le fils sont ou des compilations indigestes, ou des opuscules complètement surannés. I. Commentariorum de vita et morte libri quatuor, Francfort, 1584, in-4°. Lubeck, 1616, in-8°. C'est une paraphrase, une explication rarement lucide et satisfaisante des opinions émises par les médecins et philosophes grecs et arabes sur une matière qui, de nos jours, est encore couverte d'un voile épais. II. Disputationes XVIII, partim physice, partim medicæ, in academia Rostochianá propositæ, Rostock, 1594, in-8.; ibid., 1602, 1603. III. Themata de concoctione et cruditate, Rostock, 1594, in-8°. IV. Compendium logicæ ex Aristotele, Rostock, 1596, in-12.

C.

FLACOURT (ETIENNE DE), né à Orléans en 1607, fut nommé commandant de Madagascar par la compagnie des Indes, en 1648. Il trouva cette île dans le plus triste état. Les Français s'étaient mutinés contre Pronis, leur chef; une partie d'entre eux l'avait abandonné, quelques-uns avaient été massacrés par les naturels du pays; enfin le désordre était extrême, et pour comble de malheur l'on était sur le point de manquer de vivres. Flacourt parvint à réparer tous ces maux; mais il ne put rétablir entièrement la tranquillité: sans cesse en butte aux menées sourdes de quelques Français turbulents, et aux attaques des Madécasses, il passa six années très pénibles, sans recevoir des nouvelles de France. Comme il se voyait tout-à-fait dénué des choses les plus nécessaires, il résolut de partir sur une grande barque, avec un petit nombre d'hommes, pour aller chercher du riz; mais après vingt jours de navigation,

les mauvais temps le forcèrent de rentrer au port. L'on était fortement indisposé contre lui, parce qu'il n'avait pas annoncé qu'il allait en France, et l'on pensait qu'il voulait abandonner la colonie. Il appaisa les murmures en disant que son seul but avait été de demander les secours dont l'île avait un si pressant besoin: mais sa situation ne s'améliora pas, et il n'eut plus d'autre ressource pour informer ses commettants de l'embarras où il se trouvait, que d'envoyer à la baie St.-Augustin des lettres qu'il recommandait au premier navire chrétien qui viendrait y mouiller. Peu de jours après, il reçut une réponse d'un capitaine hollandais, qui lui promettait d'avoir soin de ses dépêches, et lui parlait des troubles qui agitaient la France. Les peines qu'endurait Flacourt étaient à leur terme : il vit bientôt deux bâtiments français; et le duc de la Meilleraye nouveau concessionnaire de la colonie, en lui écrivant, lui laissait l'option de rester à Madagascar ou de revenir en France. Flacourt préféra ce dernier parti parce qu'on lui assura que les anciens intéressés de la compagnie l'abandonnaient entièrement, et que leurs droits passaient au duc; puis il choisit pour commandant Pronis, à qui il avait succédé, et qui était récemment revenu de France. Il quitta l'ile le 12 février 1655, et après une navigation heureuse, il débarqua à Nantes, le 28 juin. Il fut par la suite employé dans l'administration de la compagnie dont son frère était un des principaux intéressés, et il eut un neveu de son nom, directeur du comptoir français à Surate. C'est lui qui donna à l'île Bourbon le nom qu'elle porte encore aujourd'hui. Flacourt, revenant en France pour la seconde fois, se noya malheureusement le 10 juin 1660, Ŏa

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