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HORACE. a quelque chose d'effrayant aux yeux des lecteurs, et devoit paroitre encore plus terrible aux Romains, que le danger touchoit de si près." “ L'auteur observe après cela qu'Horace ne donne - atteinte ni au vrai ni au vraisemblable, en disant que le Tibre “ remonte de son embouchûre, et renverse le palais de Numa " et le temple de Vesta ; outre que l'agitation extraordinaire

de la mer pouvoit produire cet effet-là, ce qui sauve le vrai

semblable ; l'historien Dion assure comme une vérité, que “ du tems d'Auguste plusieurs fleuves remontèrent vers leur “ source, et que le Tıbre jetta sur les rives quantité de poissons

que la mer avoit poussés dans son lit. Horace n'est pas moins • sublime dans ses pensées, qu'il est vrai. L'auteur de prouve

le
“ par divers exemples choisis. Nous en rapporterons un.-
“ En traitant de l'ordre et de la variété, il

de “ mots Pindare avec Horace, et il dit obligeamment pour M. de " la Motte, qu'il ne sçait si M. de la Motte a balancé long “ tems entre ces deux grand modèles ; mais que ses rivaux “ sectateurs de Pindare, n'ont pas vengé ce dernier de la “ préférence que M. de la Motte a donnée à Horace, malgré “ l'ancienneté et la longue possession. L'ordre n'est pas tou"jours également marqué dans toutes les odes d'Horace ; “ mais, observe M. l'Abbé Pellegrin, si ce sage lyrique semble “ quelquefois s'écarter de son sujet, il le fait d'une manière à se “ faire encore plus admirer dans son désordre même, ses lecteurs y gagnent toujours, et il les égare dans des routes “ semées de tant de fleurs, qu'ils y trouvent à se dédommager “ des pertes de la raison par les richesses de l'imagination." Les odes d'Horace sont suivies de divers autres morceaux de poësie. On voit d'abord six odes à l'honneur de S. François de Sales, composées en Latin par M. de la Fosse prêtre de la congrégation de S. Lazare, et traduites en François par M. l'Abbé Pellegrin. Paroît ensuite une építre en vers qui a remporté le prix par le jugement de l'Académie Françoise en l'année 1704, sur le glorieux succès des armes du roi en l'année 1703. Une ode qui en ce tems-là concourut avec cette pièce, y concourt encore dans ce recueil. Elle précède une ode sur l'élévation de M. le Duc d'Anjou au trône d'Espagne. Suivent trois odes sur l'heureuse naissance de M. le Duc de Bretagne, un petit poëme intitulé Le Triomphe de la Grace dans la Conversion de Saint Paul, une ode sur la prise de Lérida, et deux autres odes, l'une à l'honneur de M. de la Motte pour le jour de sa réception en l'Académie Françoise ; l'autre composée au sujet d'un feu d'artifice que le Duc d'Abbé fit tirer après la bataille de Villaviciosa. De toutes ces pièces, il n'en est point qui ait plus de liaison avec le sujet principal de ces deux volumes, que la pénultième,” &c. Journal des Sçavans, an 1715, m. Nov. p. 493-504.-" Odae versibus

compare en peu

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Gallicis ab abbate Pellegrin expressae felici vena et elegante.” - Ernesti, Fab. Bibl. v. i. p. 420. PARIS, 12mo. 1726. Les Euvres de l'Abbé de Maucroix.

“ Ce sont en grande partie des traductions de Cicéron et “ d'Horace.” Bibl. de Lyon, Belles Lettres, No. 6777. Amst. 12mo. 1727. Les (Euvres d'Horace, en latin et

en françois, avec les remarques de M. Dacier. 10 vols. Paris, 8vo. 1727. Essai d'une nouvelle trad. d'Horace,

en vers fr. avec un Discours sur les Satyres et les Epîtres.

“Cet essai, dont l'auteur n'a pas jugé à-propos de se faire “ connoître, du moins par son nom, consiste d'abord simplement “ d'un recueil d'un certain nombre d'odes, déjà traduites par “ différens poëtes, et rangées suivant l'ordre ordinaire où elles “ sont dans les éditions Latines d'Horace. On expose dans la “ préface, qu'il y auroit peut-être de la témérité qu'un seul “ homme entreprît de traduire tout Horace en vers François; il “ faudroit

pour

cela une grande variété de talens qui se trouvent “ rarement réunis dans un même poëte. Il n'est pourtant “ pas impossible, ajoute-t-on, d'avoir une bonne traduction de cet auteur.' Il n'y a qu'á diviser la tâche, et voici le com“pliment que l'Anonyme fait aux poëtes François, pour les " exciter à concourir au succès et à l'accomplissement de ses “ louables intentions. J'ai recueilli,' dit-il, « les meilleures “ traductions ou imitations d'Horace que j'ai trouvé faites par

divers auteurs. J'ai même tâché d'en fournir ma part, " en y ajoûtant quelques Satyres; et comme nos Poëtes

François sont un peu moutonniers, et que pareils au bêtail de “ Dindenaut, par où l'un passe il faut que tous suivent, je “ crois que quand ils verront ce recueil, ils se piqueront d'une “ noble émulation, et fourniront galamment de quoi l'enrichir. Je donne toujours ce que j'en ai d'amassé, et j'invite ceux “ qui ont de bonnes traductions à les communiquer au public. “ C'est ainsi qu'on peut parvenir à l'avoir complet avec le “ tems. Après les odes, on lit un discours sur les satyres et “ les epîtres, dans lequel l'auteur prend avec beaucoup de zèle “ et de chaleur la défense d’Horace, contre les reproches de “ quelques critiques, tels que Scaliger, Turnèbe, Juste-Lipse, “ ont faits à ce célèbre poëte. Ce discours est suivi de la tra“ duction que l'auteur à faite des satyres I. II. III. IV. IX. “ et X. du premier livre, et il y a joint celle de la I. satyre du “ second livre, et de la XVIII. epitre du premier livre des

epîtres d'Horace, de la façon du R. P. du Cerceau. On “ doit observer que le latin est à côté de toutes les traductions.” Journal des Sçavans, Mai, 1728, p. 136-8.

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Paris, 4to. et 8vo. 1728. Les Poësies d'Horace, dis

posées selon l'ordre chronologique, et traduites en françois ; avec des remarques et des dissertations critiques; par

le Père Noël Etienne Sanadon. 2 tom.
.“ Les exemplaires qui portent Amsterdam sur le titre

pas été corrigés, et sont préférés par les curieux. On « la trouve aussi en 8 vol. in-12. Le traducteur écrit avec

élégance et avec goût; mais il n'a pas atteint l'élévation de

son original dans les Odes, ni son énergie et sa précision “ dans les Epîtres et dans les Satires. En général, sa version “ est une paraphrase qui affoiblit le texte. Plusieurs savans “ ont blamé la liberté qu'il a prise de faire des changemens “ considérables dans l'ordre et dans la structure même des Odes. On n'a pas moins été choqué de son orthographe “ singulière; et ce qu'il dit pour en faire l'apologie n'a pas " satisfait.” Dict. Univ. Hist. Crit. et Bibl.; art. Sanadon. Vendu bel exempl. en Gr. Pap. 36 (30s.) fr. F. D. Les “ mêmes, Amsterd. (Paris,) 1756, 8 vol. in-12. 15 à 18 fr.; “ vend. en Gr. Pap. de Stoll. m. 2. rél. par Derome, 160 “ (£6. 13s.) fr. Delcro; 105 (£4. 7s. 6d.) fr. Caillard; mais “ ordinairement 40 (£1. 13s.) à 50 (£2. 1s.) fr. Quand on veut “prendre cette édit. de 1756, il faut choisir les exemplaires “ dont les titres portent Amsterdam, de préférence à ceux qui “ sont datés de Paris; car ces dernièrs ont eprouvé des re“ tranchemens.” Brunet, t. ii. p. 142. « On en estime les “ remarques critiques." Bibl. de Lyon, No. 1639. “Sanadon, “ melior et prudentior Hamelio atque ipso Daciero interpres,

quamquam incautus Allegoriarum venator, et incontinens in “ mutando textu, eo superavit reliquos, quod, quum ipse esset “ bonus poeta, virtutes Horatii poeticas sagaciter et abundan“ tius exposuit

. In constituendo textu interdum suum sensum atque ingenium, potissimum tamen sequutus est Bentleium, “ cuius multas emendationes sublegit sibique vindicauit, max« ime vero Cunninghamium. Quare lectiones aliquot reposuit,

quae a probabilitate atque verecundia critica abessent.”. Harlesii, Introd. in Not. Litt. Rom. t. ii. p. 388-9. See Harlesii Vitæ Philologor. vol. iii. p. 63, &c.; and Journal des Sçavans, an. 1726, Avril, p. 535-7; & Ernesti, Fabr. B. Lat. v. i. p. 420. HAMB. 12mo. 1733. Les OEuvres d'Horace, en lat. et en

fr. trad. par M. Dacier, augmenté des remarques et différentes leçons de MM. Bentley, Cunningham, et du Père Sanadon. 10 vols. There was an impression of this edition struck off on a quarto sized paper, in four parts, which is by no means of common Amst. 12mo. 1735. Les mêmes, trad. en fr. par Dacier

oecurrence.

et le P. Sanadon, avec les remarques de l'un et de l'autre. 8 vols.

Such are the sentiments of the editor, as expressed by him in his preface, (p. xv.); “ M. Dacier exact et laborieux, ne “ veut pas que l'on perde une seule parole d'Horace: le P. “ Sanadon vif et delicat, en cherche et en saisit avec grace “ les plus grandes beautés. Le premier s'applique à lui donner

par tout de bon sens : et le second s'occupe à le faire parler “ en homme d'esprit. L'uu le traduit fidèlement, et l'autre le “ fait avec noblesse et avec élévation. Enfin celui-là, simple“ ment traducteur, se borne à le faire entendre d'une manière “ qui ne choque pas les oreilles Françoises : et celui-ci Poëte “ lui-même, a voulu faire admirer en France, ce que Rome “ admira dans le siècle d'Auguste.”

Édition recherchée " et peu commune : 48 (£2.) à 72 (£3.) fr.; vend. jusqu'à 250

(£10. 6s.) fr. m. bl. dent. tab. F. Didot.” Brunet, t. ii.

p. 142.

Paris, 12mo. 1750. Les uvres d'Horace, trad. par

Batteux. 2 vols. PARIS, 12mo. 1752. Traductions des Euvres d'Horace

. en vers, recueillies de divers auteurs (par Salmon.) 5 vols.

“ Ce recueil est peu estimé. Un exempl. en pap. de Hol“ lande et rel. en m. r. 42 (£1. 15s.) fr. le B. d'Heiss.” Brunet, t. ïi.

p.

142. PARIS, et Amst. 12mo. 1754. Les Odes traduites par feu

M. l'Abbé des Fontaines. « Ce volume contient 1. la traduction des deux premiers “ livres des Odes d'Horace et de presque tout le troisième. “ Le texte Latin est vis à-vis de la version Françoise. 2. Une “ dissertation de l'auteur sur la première (de du premier livre; “ elle a été tirée du nouvelliste du Parnasse. 3. Quelques

remarques sur les Odes comprises dans ce volume. On les

a choisies parmi celles du P. Sanadon et de M. Dacier. On “ doit sçavoir gré au libraire qui nous donne ce petit recueil. En qualité d'auteur, l'Abbé des Fontaines ne fut point un “ homme médiocre; en qualité de traducteur, il fut excellent. Ce n'est pas qu'on ne puisse foriner des difficultés sur quel

ques endroits de ses traductions, de celle-ci en particulier : “ mais, en ce genre sur tout, optimus ille est qui minimis urge“ tur.' On donne, sous le titre de Berlin, une édition de ces “ mêmes Odes, et de celles qu'on ne met pas dans les mains de “ tout le monde: voilà ce qu'il ne falloit point faire ; nous “ the execution. The language is in general easy without feeble

ness; and the sense of the original is for the most part retained “ with a happy fidelity. It was the aim of the translator (as he “ informs us in a preface written with perspicuity and modesty) to • avoid the too literal mode of version adopted by Francis, and “ the too partial paraphrase of Swift and Pope; and, in short, “ to make Horace speak in English as he might have done, “ had he lived in the country and age of his translator : but • how far his substitution of modern names, customs, and “ manners, will prove acceptable to men of a cultivated taste, is an experiment of which the result remains to be ascertained. “ For our part, we confess that we do not much like to hear “ Horace talking of Borowlaski, Bamber, Gascoigne, and Dr. “ Trusler.” Mo. Rev. enlarged for Oct. 1797, p. 216. LOND. 8vo. 1795. Odes of Horace translated into

English Verse, by G. Wakefield, A.B.; in his Poetical translations from the Ancients.

“ The elegant neatness, and what the critics call the curiosa “ felicitas' of Horace's Odes, are exceedingly difficult to do “justice to in a translation. It must not therefore surprize “ Mr. W. if we do not think he has succeeded so well in his “ translations of all the Odes of Horace, as he did in the “ translation of the tenth Satire of Juvenal. Many, however,

are done with neatness and elegance. There is uncommon

harmony and beauty in the translation of the fourth Ode ; “ the sixth, ninth, and fifteenth also possess great merit." Analyt. Rev. for Nov. 1795, p. 522. LOND. 4to. 1797. The Art of Poetry, translated into

, English Verse, by W. Clubbe, LL.B. It appears to us that Mr. Clubbe has executed his task “ with considerable ability.” Analytical Rev. for Feb. 1797, 172, which see. See Neue Bibliothek der Schön. Wissensch. Leipz. 1798, vol. Ixi. pt. iji. p. 332, &c. LOND. 8vo. 1799. The first and fourth Books of the

Odes, translated into English Verse. " This version is not destitute of merit; and it deserves the “ praise of free and flowing language, and harmonious versifica“ tion through all its variety of metres." Crit. Rev. for April, 1800, p. 423, which see. LOND. 4to. 1799. Original Sonnets on various subjects; and Odes paraphrased from Horace, by Anna Seward.

“ Imitations, pursued with such latitude, and with such total “ disregard to the manner of the original author, can scarcely 6 be otherwise considered than as exercises on a subject pre

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