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sont promulgués les actes conciliaires et les décrets, que lui seul prescrit aux évêques et aux clercs ce qu'ils ont à faire, prononce la peine de la suspension contre tous les évêques sans distinction, inflige des punitions aux clercs soumis à chaque évêque, prohibe par sa propre autorité ce qui est contraire aux bonnes mœurs, prive des charges qu'ils ont déjà reçues les ministres de l'Eglise qui n'obéissent point à ses prescriptions; or pour toutes ces choses c'est le Pontife Romain, présidant le concile qui parle; au sein même du concile il sanctionne toutes choses en son propre nom, sans faire aucune mention des autres pères présents au concile, ce qui prouve de la manière la plus évidente que le Pontife Romain, même dans le concile est absolument supérieur au concile, non point parce qu'il y occupe la première place, mais bien parce que tous les évêques assemblés et siégeant dans le concile comme juges et non pas comme délégués sont soumis au Pontife Romain même lorsqu'on le considère comme séparé d'eux.

XLVI.

A propos du concile de Sens, célébré en 1140, en présence du roi Louis le jeune, pour condamner les erreurs d'Abailard, notre S. Docteur, dans sa lettre 370, rapporte que les évêques des Gaules en écrivant au pape Innocent Il s'exprimèrent ainsi qu'il suit: « Il est absolument certain que toutes les choses » qui sont confirmées par votre autorité apostolique sont ap> prouvées pour toujours et que dès lors leur force ne peut plus » ètre ni ébranlée par les attaques ni amoindrie par la haine de » qui que ce soit. C'est pourquoi nous avons cru, Très-Saint » Père, qu'il était de notre devoir de déférer à votre siége apostolique les choses qui ont été récemment traitées en notre pré> sence. Comme ces actes nous ont paru à nous et à un grand » nombre d'hommes pieux et doctes conformes à la justice, nous » espérons que Votre Sainteté daignera les approuver par son >> jugement et les confirmer en même temps pour toujours par »sa propre autorité. » Or, il n'appartient qu'au supérieur d'approuver par son jugement et de confirmer pour toujours par sa propre autorité. L'approbation ou la confirmation des conciles, qui appartient nécessairement aux Pontifes Romains, n'est pas une simple adhésion, un simple vote que le Pape soit tenu de donner de la même manière que les autres évèques. C'est pourquoi le même synode ajoute fort à propos: « Et comme » les dogmes pervers de Pierre Abailard entraînent une foule >> d'hommes dans des erreurs on ne peut plus dangereuses et » condamnables, nous vous supplions tous unanimement et du » fond de nos cœurs de vouloir bien, Très-Saint Père, les frapper >> dans votre autorité d'une condamnation perpétuelle, comme >> aussi d'imposer une juste peine à tous ceux qui oseront en » prendre la défense dans un esprit subversif et contentieux. » Que si Votre Sainteté imposait silence à cet homme, en >> lui enlevant la faculté aussi bien d'enseigner que d'écrire, » et condamnait ses ouvrages qui sans aucun doute sont pleins » de dogmes impies, alors les épines étant arrachées du sein » de l'Eglise de Dieu, l'on verrait de nouveau la riche moisson » de Jésus-Christ se fortifier, porter des fleurs et puis des fruits >> abondants. >>

XLVII.

« Vous jugez toutes choses, ò Eugène, mais vous-même » vous n'êtes jugé par personne (dit encore S. Bernard, dans » le livre 3 de consid. c. 8). Il n'est personne auprès de qui » l'on puisse en appeler de vous, mais de toutes les parties » de l'univers on en appelle à vous, et cela mème est un témoignage rendu à la primauté sans égale dont vous êtes » revêtu. » Il écrit également au pape Innocent II (Epist. 213) les paroles suivantes: « Qui pourrait me rendre justice contre » Vous? etc. Il y a sans doute un tribunal, celui de Jésus-Christ,

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» mais il n'est point tel que je puisse en appeler à lui contre » vous, car devant ce tribunal si la chose pouvait vous être » nécessaire et devenir possible pour moi, je voudrais bien plutôt y employer toutes mes forces pour vous, me présenter en >> votre nom et y répondre pour vous. C'est pourquoi je recours » à celui qui a reçu le pouvoir de juger ici-bas l'univers entier, c'est à dire à vous. J'en appelle de vous à vous, car » c'est à vous de juger entre vous et moi. « (Epist. 213). Ces remarquables paroles sont bien capables de nous convaincre que le Pape n'a sur la terre aucun juge qui lui soit supérieur, et qu'il ne peut pas être corrigé, jugé, puni et condamné mème par le concile écuménique, ni être assujetti à aucune des choses qui peuvent convenir à celui qui reconnaît ici-bas un supérieur; le jugement du Pape est définitif, il ne peut être cassé par personne et l'on ne saurait sans crime en appeler de sa sentence au concile général; or il est certain que celui auprès duquel on peut en appeler est supérieur à celui dont on appelle et que le Pape n'a ici-bas d'autre juge de sa conduite que lui-même.

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XLVIII.

Le saint Docteur au nom des évêques réunis en synode contre Abailard qui après avoir lui-même choisi ce synode, en appela de sa sentence au siége apostolique, écrivit au pape Innocent II les paroles suivantes: (Epist. 191) « Les évêques qui s'étaient >> réunis pour cette affaire, pleins de déférence envers Votre » Sainteté n'ont rien fait contre sa personne (d'Abailard); ils » ont seulement, en vue d'apporter un remède devenu néces» saire, condamné les chapitres des ouvrages de cet homme, lesquels sont condamnées par les saints Pères, afin que le >> mal ne se propageât point etc... Nous avons poussé cette >> affaire aussi loin qu'il nous a été possible; mais c'est à vous, » Très-Saint Père, qu'il appartient de pourvoir à ce que du>> rant votre pontificat l'honneur de l'Eglise ne soit souillé >> par aucune tache d'hérésie. L'épouse de Jésus-Christ vous » a été confiée, à vous qui êtes l'ami de l'époux. C'est à vous qu'il appartient de conserver cette Vierge chaste pour Jésus» Christ son unique époux. » On voit par là jusqu'où va le pou» voir d'un synode pruvincial ou national. Toutes les fois qu'il s'agit de matières touchant la foi et les mœurs de l'Eglise universelle ou bien les droits généraux du pouvoir ecclésiastique, ce genre de synode ne peut point porter de sentence définitive; mais il peut au sujet de propositions erronées, déjà condamnées pas les Saints Pères, et en vue de procurer un remède nécessaire faire provisoirement une constitution synodale, de manière à ce que le jugement définitif et irréformable et le décret de foi soient portés par le Souverain Pontife ou le concile général muni de l'autorité du vicaire de JésusChrist; c'est pour cela que le synode précité écrit lui-même au pape Innocent: « Comme cet homme entraîne à sa suite un » grand nombre de personnes et trouve tout un peuple qui » croit en lui, il est nécessaire que vous apportiez un prompt » remède à cette funeste contagion: il faut en effet apporter >> promptement du remède là où de longs retards ont été la » cause de grands maux. » Ces paroles et une foule d'autres contenues dans les lettres de notre saint Docteur, montrent clairement que pour condamner les hérésies un concile écuménique n'est nullement nécessaire, mais qu'il suffit que le Pontife Romain, après avoir examiné la chose porte un jugement et prononce une sentence définitive qu'il impose à la foi de l'Eglise universelle. C'est ainsi qu'ont été condamnées, sans convoquer de concile général, un grand nombre d'erreurs et notamment celles des Cathares, des Albigeois etc. On voit des exemples de ce genre à tous les siècles de l'Eglise, et dès l'instant que les Souverains Pontifes eurent parlé, l'univers entier se soumit aussitôt au jugement du Siége Apostolique; l'affaire des hérésiarques fut jugée, sans qu'il vint à la pensée qu'on pût en appeler à un concile général.

XLIX.

« Le Siége Apostolique peut (dit S. Bernard. Epist. 131), >> appeler à lui de tous les confins de la terre les personnes » les plus haut placées dans la hiérarchie ecclésiastique; il peut » les forcer à se rendre auprès de sa personne non pas seu»lement une ou deux fois, mais toutes les fois que la chose >> lui paraîtra convenable: c'est pourquoi il peut punir sur le >> champ toute désobéissance, si par hasard quelqu'un refuse » de se conformer à ses ordres. » Il écrit, en outre, au roi Louis: «Le concile est assemblé: y a-t-il en cela rien qui puisse >> porter atteinte à la dignité royale et aux intérêts du royaume? » Là au contraire on rappellera et on louera publiquement » l'obéissance envers votre Excellence etc. » (Epist. 258). Par conséquent, lorsque le bien commun de l'Eglise universelle l'exige, les évêques sont tenus d'obéir au Pape quand il les convoque. En outre, aucun prince laïque n'a autorité pour prescrire et convoquer un concile général en vue de pourvoir au bon gouvernement des affaires de l'Eglise: ce droit n'appartient qu'au Pontife Romain qui est l'évêque de l'univers et le seul Pasteur des Pasteurs, qui peut seul imposer à tous les évêques un précepte obligatoire. Une fois le concile général convoqué et réuni par l'autorité du Souverain Pontife, celui-ci peut encore, si le concile ne procède point d'une manière régulière, le dissoudre immédiatement. Enfin, c'est au Pontife Romain qu'il appartient d'approuver et de confirmer les décrets rendus par le concile en matière de foi; or les décrets de la 5e session du concile de Constance relatifs à la supériorité du concile, ne furent nullement confirmés par Martin V, mais plutôt rejetés et réprouvés.

L.

« La plénitude du pouvoir sur toutes les Eglises du monde » entier a été, par un privilége tout spécial, donnée au Saint» Siége Apostolique; celui donc qui résiste à ce pouvoir ré» siste à l'ordre établi de Dieu. Il peut (le S. Siége) s'il le juge » utile, créer de nouveaux évêchés là où il n'en existait point >> auparavant. Quant à ceux qui existent, il peut soit en dimi» nuer l'importance, soit l'agrandir selon que sa raison le lui inspire, de telle sorte qu'il peut élever des évêques au rang » d'archevêques et vice versa, si la chose lui semble néces»saire. » (Epist. 131. Par conséquent, la communication de la juridiction, en tant que distincte de l'ordre, sur tels sujets plutôt que sur tels autres, dépend immédiatement du Souverain Pontife de telle sorte que dans les cas d'une prohibition de sa part, l'évêque ne peut ni lier ni délier. « Car (comme dit S. Bernard, >> Epist. 172) c'est du Souverain Pontife qu'il tient la plénitude » de son honneur et de sa charge. >>>

LI.

Dans sa lettre 238 S. Bernard dit en outre: « Nous savons » qu'il n'appartient qu'au Pontife Romain de prononcer une >> sentence définitive pour la déposition des évêques, et cela >> surtout parce que si beaucoup d'autres ont été appelés à par>> tager sa sollicitude pastorale, il est seul revêtu de la pléni>>tude du pouvoir. « Il dit encore à Eugène III (lib. 2. de consid. cap. 9): « Ne pouvez-vous point, si vous avez une raison de » le faire, fermer le ciel aux évêques, les déposer de leur siége » et même les livrer à Satan? »

LII.

« Vous avez, (écrit S. Bernard au comte Théobald, Epist. 39), » vous avez autant qu'il était en vous comblé d'égards et se» condé en toutes choses dans un esprit de soumission le légat » qui a voulu vous honorer vous et votre ville, par la célé>> bration d'un si important concile; puis vous avez mis vos >> soins à corroborer et à confirmer tout ce qu'il avait ordonné » et décrété pour le bien. » Les princes séculiers sont tenus de

défendre les légats du S. Siége; en outre, ils ne peuvent pas sans blesser la justice mettre obstacle à l'exercice de leur lé gation, ni restreindre leur juridiction ni en examiner les actes. Dans le liv. 4, de considerat. cap. 6, S. Bernard dépeignant la charge des légats apostoliques dit entr'autres choses: « Ils re>> présentent Jean devant les rois, Moïse devant les Egyptiens, » Phinées devant les fornicateurs, Elie devant les idolâtres, Elisée » devant les avares, Pierre devant les menteurs, Paul devant » les blasphémateurs, Jésus-Christ devant les trafiquants. Ils » ne redoutent point les menaces des princes, mais ils les mé» prisent, ils punissent leurs crimes, reprennent durement ceux » qui sont durs, ils répriment ceux qui ont le cœur malicieux, >> ils infligent aux superbes le traitement qu'ils méritent etc. » LIII.

«Par le mot Eglise l'on désigne non pas une seule âme, » mais l'unité ou plutôt l'unanimité de plusieurs. Tous les au» tres disciples étaient probablement présents lorsque le Sei»gneur confiant absolument et sans exception toutes les brebis » au soin de Pierre recommanda par là même à tous d'aimer » l'unité d'un seul troupeau, sous la conduite d'un seul pas» teur, d'après ces paroles: Ma colombe est une, elle est belle, >> elle est parfaite. » (Serm. 61, in cant. et lib. 2, de considerat. cap. 9). L'on peut puiser dans ce passage une définition parfaitement juste de l'Eglise militante en disant qu'elle est la société des hommes qui professent la foi chrétienne et sont unis par la participation aux mêmes sacrements sous la conduite avant tout du Pontife Romain, seul vicaire de Jésus-Christ sur la terre.

LIV.

› Là où est l'unité, là est la perfection. Les autres membres › ne sauraient avoir la perfection s'ils se séparent de l'unité: » c'est pourquoi l'on applique à l'Eglise ces paroles du can» tique: Ma colombe est une, elle est belle, elle est parfaite.» (Lib. 2, de consid. c. 9). L'unité de la foi est comme la forme essentiellement constitutive de l'Eglise, dont la conservation rendait nécessaire l'existence d'une règle à laquelle, en vertu de l'institution divine et de l'assistance du S. Esprit promise par Jésus-Christ, tous dussent humblement soumettre leur propre jugement. Or cette règle se trouve dans la définition du Pape donnée soit par lui-même soit par ses légats et par lui confirmée. On dit aussi que l'Eglise est une par l'unité des esprits, du Pasteur suprême qui est vicaire de Jésus-Christ; par l'unité d'espérance, puisque nous sommes tous appelés dans l'espérance d'une même vocation; par l'unité des mêmes sacrements, de la même foi, des mêmes rites et de la même doctrine. Mais l'unité de la foi ne saurait subsister là où les mystères de la foi sont abandonnés au libre examen des particuliers.

LV.

» Depuis lors et dans la suite des temps la famille des chré » tiens n'a pu périr, la foi n'a point manqué sur la terre ni » la charité au sein de l'Eglise. Les fleuves ont rompu leurs » digues, les vents se sont déchaînés et précipités contre elle, >> mais elle n'est point tombée etc... C'est pourquoi ni les vai»> nes clameurs des philosophes, ni les attaques des héréti>>ques, ni le glaive des persécuteurs n'ont pu et ne pourront » jamais la séparer de la charité de Dieu, qui est en Jésus» Christ; et son âme se tient d'autant plus fortement attachée » à celui qu'elle aime, qu'il lui est bon et avantageux de de» meurer unie à son Dieu etc... C'est ce qu'il lui a promis en »> disant: Voilà que je suis avec vous tous les jours jusqu'à » la consommation des siècles. Quoi de plus fort que cette >> union? Comment celle qui est ainsi soutenue et qui est si » fortement unie pourrait-elle jamais tomber? Elle est unie par » la fermeté de sa foi, elle est unie par l'amour de sa dévo

tion etc.» Ce langage sublime, fondé sur l'autorité de l'écriture sainte, prouve évidemment que la véritable Eglise de J.-C. n'a jamais cessé d'ètre visible et qu'elle ne pourra jamais cesser de l'être. Notre Saint Docteur, écrivant au pape Innocent II (Epist. 166) dit encore: «Ils menacent de combattre aussi » par les mêmes traits, l'arche du chef des apôtres; menace » vraiment ridicule, puisque cette arche est fondée sur la pierre » ferme. De quel côté, je le demande, se trouve le droit, la » loi, l'autorité des SS. Canons, le respect enfin de la majesté » divine ? »

LVI.

S. Bernard expliquant ces paroles: Hodie scietis, quia veniet Dominus, que l'Eglise chante la veille de la Nativité de N.-S. s'exprime ainsi: «Ces paroles occupent dans la sainte écri»ture le lieu et sont dites dans le temps qui leur convient, mais c'est aussi fort à propos que l'Eglise Notre Mère les • a placées à la veille de la Nativité, l'Eglise, dis-je, en qui › réside le conseil et l'esprit de son époux et de son Dieu, l'Eglise dans le sein de laquelle repose le bien-aimé, qui » conserve son siége principal dans le cœur de sa bien-aimée. > Car c'est elle qui a blessé son cœur et a plongé le regard de la contemplation dans l'abîme des secrets de Dieu, afin » de créer dans son cœur pour le bien-aimé et de se créer » pour elle-même dans le sien une demeure éternelle. C'est » pourquoi lorsque dans la Sainte Ecriture elle change ou interpose des paroles, ce changement leur donne encore plus de force qu'elles n'en avaient à leur place primitive et entre » cette force et la première la distance est peut-être aussi grande que celle qui existe entre la figure et la vérité, entre la lumière et l'ombre.» (Serm. 3, in vigilia Nativitatis Domini). Ainsi donc l'Eglise a en elle le conseil et l'esprit de son époux et de son Dieu. Elle est infaillible et ne peut pas errer.

LVII.

Dans ses sermons 30 et 79 sur le cantique S. Bernard comparant l'Eglise à une vigne dit que dans cette vigne: « les apôtres sont les rameaux, Notre-Seigneur est la souche et son » père le vigneron. Elle est plantée dans la foi, ses racines » poussent dans la charité, elle est défoncée par le soc de la discipline, elle est fécondée par les larmes de la pénitence, ⚫ elle est arrosée par la parole des prédicateurs etc... L'Eglise » ne peut point tomber, parce qu'elle a été fondée sur la pierre et cette pierre n'est autre que Jésus-Christ etc. » Ce passage montre en même temps que la visibilité unie à la perpétuité sont tellement deux caractères distinctifs de la véritable Eglise que leur défaut suffit pour faire connaître la fausseté des sectes. Pour prouver que notre Eglise est bien celle que Jésus-Christ a établie, S. Bernard, après avoir constaté en elle cette double qualité, ajoute pour marquer sa perpétuité qui ne sera jamais interrompue: « C'est Dieu qui l'a édifiée, c'est Dieu qui la conserve. Lui-même la féconde, la propage, la taille et l'émonde >> afin qu'elle porte plus de fruits; comment donc pourrait-il négliger et abandonner cette vigne que sa main divine a plantée?»

LVIII.

Dans les sermons que nous venons de citer Notre Saint Docteur dit encore en parlant de l'Eglise: « O toi, Notre Sainte Mère l'Eglise, qui possèdes vraiment les promesses de la vie, » pour le temps et pour l'éternité, tu obtiens la conquête du monde entier par la double grâce dont tu disposes, je veux » dire la suavité du joug et le royaume céleste. Sors de la ville » de Jérusalem et l'univers entier te sera donné...Je t'établirai, » dit-il, pour faire l'orgueil des siècles, la joie de toutes les » générations, tu boiras le lait des nations et tu t'allaiteras » aux mamelles royales et tu sauras que je suis ton Seigneur pour te sauver et ton Rédempteur plein de force etc. » Saint

Bernard avait dit un peu plus haut: « Enfin lève tes yeux et >> considère si son ombre n'a pas enveloppé les montagnes et si ses arbustes n'ont point dépassé les cèdres de Dieu; s'il » n'a pas étendu ses branches jusques à la mer et ses rejetons » jusqu'au bord du fleuve.» On voit par là qu'une autre marque de la véritable Eglise c'est l'ampleur, c'est à dire la multitude et la variété de ceux qui croient en elle. Car l'Eglise est appelée catholique parce qu'elle est tellement répandue sur toute la surface de la terre, qu'il n'est permis à personne d'ignorer son existence. Notre-Seigneur lui-même atteste que la chose avait été prédite dans la loi, dans les prophètes et dans les psaumes, et comme le remarque S. Bernard, c'est précisement par ce caractère que Notre Eglise se distingue de la synagogue des juifs, attendu que cette dernière n'était point destinée à embrasser tous les temps, toutes les provinces, toutes les nations, et toutes les races d'hommes.

LIX.

Vos pères ont reçu la mission de conquérir non pas seu>>lement certaines contrées, mais tout l'univers: allez dans » le monde entier, leur a-t-il été dit: leur principauté repose >> donc sur un fondement on ne peut plus solide: ils ont été constitués princes sur toute la terre et vous avez succédé à » leur héritage. Ainsi vous êtes l'héritier de l'univers.» (L. 3, de consid. c. 1, ad Eugenium). Dans ce passage, comme dans beaucoup d'autres, S. Bernard appelle le Pontife Romain successeur de Pierre. De là découle encore qu'un autre des caractères de la véritable Eglise, c'est la succession non interrompue des évêques de l'Eglise de Rome, depuis les apôtres jusqu'à nous, ce qui fait que l'Eglise Romaine mérite à juste titre le nom d'apostolique.

LX.

Ainsi que le rapporte l'abbé Guillaume, dans la vie de saint Bernard, liv. 2, chap. 7, notre saint Docteur, disputant en présence de Roger roi de Sicile dit qu'à l'époque où l'affreux schisme suscité par Pierleoni déchirait le sein de l'Eglise (schisme que S. Bernard eut la gloire de faire cesser) l'on avait vu l'Eglise Orientale, tout l'Occident, la France, l'Allemagne, l'Espagne, les Anglais et les royaumes barbares « aussi bien les princes que les peuples, prendre le parti du pape Innocent II et s'attacher à lui, comme des fils à un père, comme des membres à leur chef, accoutumés à conserver l'unité d'esprit dans le lieu de la paix.» Ce sont ses propres expressions que l'on voit dans la lettre 125. D'après cela, un autre signe distinctif de l'Eglise se trouve dans l'union des membres entr'eux ainsi qu'avec leur tête, union qui constitue l'unité du corps. Car bien que les membres de ce corps paraissent dispersés et séparés les uns des autres par la distance des temps et des lieux ils n'en demeurent pas moins unis entr'eux et rattachés à leur tête qui est ici-bas le vicaire de Jésus-Christ, auquel Notre Divin Maître a promis une indéfectibilité contre laquelle la distance des espaces et les intervalles des temps ne peuvent absolument rien. Tous ces membres sont bien réels, puisqu'ils font partie d'un corps, ils ne sont pas disjoints, puisqu'ils se rattachent tous à une tête unique et cette admirable unité repose sur l'union des esprits dans une même foi.

LXI.

Car il est écrit: Il convient Seigneur que votre maison soit >> sainte dans toute la durée des temps. Ce qui dénote parfai>>tement qu'elle doit être ornée de sainteté et qu'elle sera toujours assistée d'une grâce indéfectibile. (Serm. 46, in cant.). La sainteté est donc une propriété de l'Eglise et c'est pourquoi, comme on le voit dans le symbole de Constantinople, elle n'est pas seulement catholique et apostolique, mais elle est encore sainte. On l'appelle sainte, parce que son chef

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est saint, l'esprit qui l'assiste est saint et ses sacrements contiennent et confèrent la sainteté.

LXII.

Dans son sermon 36 sur le cantique S. Bernard dit également: Pierre et André et les fils de Zébédée, ainsi que les >> autres disciples n'ont pas été choisis dans l'école des rhéteurs » ou des philosophes, et néanmoins le Sauveur a opéré par >> eux le salut au milieu des hommes. Ils firent connaitre au » monde les voie s de la vie, et cela non point par la subli» mité de leur langage, ni par des paroles pleines de la science » humaine, mais il a plu au Seigneur de se servir de la folie » de leur prédication pour sauver ceux qui croiraient. » Une autre marque distinctive de l'Eglise c'est donc l'efficacité de sa doctrine, qui en même temps qu'elle est pure et sans tache, a le pouvoir de convertir les âmes. Car le Sauveur a opéré le salut des hommes par le ministère d'hommes, qui dépouillés de tout éclat extérieur, sans armes et sans le fracas des paroles, ont arraché des ténèbres de l'ignorance et de la corruption, pour les soumettre au joug d'une foi et d'une morale sublimes, un si grand nombre de nations, de nobles, de plébéiens, de rois, de savants et d'ignorants.

LXIII.

A l'exemple de celle qui est Notre Mère céleste, celle qui >> fait encore son pélerinage sur la terre possède également >> son ciel, c'est à dire des hommes spirituels dont la vie et » la renommée brillent aux yeux de tous, des hommes purs » par la foi, fermes par l'espérance, d'une charité sans bornes » et élevés au plus haut degré de la contemplation: ce sont eux qui font pleuvoir sur la terre la pluie salutaire de la parole divine, qui font entendre le tonnerre de leurs repro»ches et qui brillent par l'éclat de leurs miracles. Ils racon» tent la gloire du Seigneur, et jetés comme des peaux sur » toute la surface de la terre ils montrent écrite en eux par » le doigt de Dieu lui-même la loi de la vie et de la disci» pline, afin de communiquer à son peuple la science du salut » et la connaissance de l'évangile de paix. Heureuse est l'Eglise >> qui possède ces hommes illustres dont la science, au sein » des ténèbres de ce monde, et dont les vertus la font briller » comme un ciel avec ses milliers d'étoiles.» (Serm. 27 in cant.) La véritable Eglise se distingue donc encore par une autre marque, c'est à dire par la sainteté de vie des docteurs. On voit également briller une autre espèce de cruel martyre qui s'opère encore tous les jours au sein même de la paix et que souffrent tous ceux qui par les travaux, les veilles, les jeûnes, les études et les armes de la pénitence consument leur existence dans un genre de vie qu'on peut à bon droit appeler une mort longue et quotidienne.

LXIV.

« Depuis sa naissance jusqu'à ces derniers temps l'Eglise de » Dieu a eu à souffrir bien des tribulations, mais elle a été >> aussi délivrée successivement de toutes. Ecoutez ce qu'elle » dit d'elle-même dans le psaume: car c'est sa voix qui parle: » Ils m'ont souvent attaquée depuis ma jeunesse mais ils n'ont » rien pu contre moi; sur mes propres épaules les pécheurs » ont voulu établir leur siége et leur iniquité n'a pas eu de >> bornes.» (Epist. 245, ad Conradum regem romanorum). Et dans l'épitre 176 S. Bernard ajoute: « Lorsque l'Eglise constate » sa faiblesse, elle apprend alors par la bouche de S. Paul qu'elle » est plus forte que jamais. » Chose vraiment digne d'admiration! La gloire de l'Eglise et sa puissance brillent et s'accroissent d'autant plus que ses innombrables ennemis font plus d'efforts pour la détruire.

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» et des évangélistes, et des pasteurs et des docteurs pour éle» ver les âmes jusqu'au sommet de la sainteté. Mais il im> porte qu'une même charité relie entre eux ces membres di» vers et les harmonise dans l'unité du corps de Jésus-Christ. » ce qu'elle ne pourrait pas absolument réaliser si elle n'était » elle-même ordonnée. Car si chacun se laisse emporter par >> l'impétuosité de l'esprit qu'il a reçu etc. » C'est ainsi que parle S. Bernard, dans son sermon 49 sur le cantique, et qu'il fait ressortir d'une manière admirable la magnifique harmonie qui règne dans le catholicisme, c'est à dire l'ordre qui règle et subordonne entr'elles toutes les charges du ministère ecclésiastique. Dans le liv. 3, de consid. c. 10, et liv. 4, c. 1, notre saint Docteur exprime la même pensée, en commentant les mèmes paroles de l'apôtre, puis il dit entre autres choses: «C'est » surtout du clergé romain que découle la discipline du clergé » dans toutes les parties de l'Eglise. » Mais le lien qui unit tous les ecclésiastiques et en fait des membres d'un seul corps dont le Souverain Pontife est la tête visible, c'est la charité qui triomphe d'une façon merveilleuse dans l'ordre ecclésiastique. Quant à ces paroles de S. Paul: Il a suscité dans l'Eglise et des apôtres etc.... on doit, selon nous, les entendre en ce sens que l'Eglise universelle se trouve éminemment représentée dans la personne de Pierre, parce qu'il est la tête de l'Eglise, tandis que les évêques qui partagent avec lui une partie de sa sollicitude pastorale ne représentent qu'une Eglise particulière, celle même dont chacun d'eux est le Pasteur.

LXVI.

La vérité a par elle-même tant de force et d'efficacité qu'il lui arrive bien souvent d'arracher à ses plus grands adversaires des témoignages on ne peut plus flatteurs. Calvin, dans le liv. 4 de ses Institutions, chap. 10, appelle S. Bernard un écrivain pieux et saint: dans le chap. 11, il dit que Bernard, abbé de Clairvaux, dans son livre de consideratione (dont nous avons extrait presque tous les principes ci-dessus rapportés) parle de telle sorte qu'on croit entendre parler la vérité elle-même. Martin Luther in colloq. convival. cap. de partibus Ecclesiae dit que Bernard l'emporte sur tous les Docteurs de l'Eglise, etc... Martin Bucer in lib. de concord. art. de justif. appelle Bernard un homme de Dieu. Philippe Melancthon in Apol. lib. concord. seu confess. August.art. 4,13, et 27 loue la sainteté de S. Bernard. Enfin Jean OEcolampade s'exprime en ces termes: Bernard excellait sur tous les hommes de son temps par la justesse de son jugement. Des aveux aussi clairs de la part des ennemis les plus acharnés font ressortir une autre marque de la véritable Eglise: car nous ne voyons nulle part que des catholiques aient loué on approuvé sans restriction la vie et la doctrine d'aucun gentil, ni d'aucun hérétique, et cela à cause de l'intime persuasion où ils sont que hors de l'Eglise romaine il ne peut pas y avoir ni vraie justice, ni vraie sainteté, ni vraie foi, ni salut éternel.

D

LXVII.

« Ce qui nous montre évidemment combien tout schisme dans l'Eglise est un grand mal et jusqu'à quel point il doit être » abhorré et évité par tous les moyens possibles, c'est la mort » horrible et tristement célèbre de ces hommes qui en puni» tion d'un crime aussi pestilentiel, furent engloutis vivants » dans la terre et précipités au fond des enfers. C'est ce que >> nous montre encore cette persécution de Guibert ou la té» mérité de Burdin, car notre époque a pu voir de quelle plaie » quasi incurable et de quel châtiment cruel ont été frappés >> ces hommes qui ont voulu semer la division entre l'empire » et le sacerdoce.» (Epist. 219). Il faut donc ranger aussi parmi les caractères de la véritable Eglise la mort malheureuse et la fin épouvantable de ceux qui combattent l'Eglise et s'effor cent par un dessein diabolique de séparer les membres de leur tête..

LXVIII.

S. Bernard écrivant au comte de S. Gilles (Epist. 240) au sujet des dogmes impies de Henri et de ses sectateurs dépeint de la manière la plus frappante les maximes impies des novateurs et leurs tristes conséquences. « Les Eglises, dit-il, sont sans peuples, les peuples sans prêtres, les prêtres ne sont plus respectés et les chrétiens enfin n'ont plus de Christ. Les › Eglises sont réputées des synagogues et l'on nie que le sanc» tuaire de Dieu soit saint; les sacrements ne sont plus regardés comme choses saintes; les jours de fêtes sont privés » de leurs pieuses solennités et les hommes meurent dans » leurs péchés. De toutes parts les âmes sont appelées à com» paraître devant le tribunal redoutable; mais hélas ! elles n'ont » été ni réconciliées par la pénitence, ni fortifiées par la sainte » communion. A la voix d'un seul hérétique toutes les voix » des prophètes et des apôtres se sont tues, ces voix qui ont parlé si magnifiquement de l'Eglise qui doit réunir dans son » sein tous les peuples de la terre dans une même foi en J.-C. » et dans un même esprit de vérité: les oracles divins se se» raient donc trompés; ils seraient donc dans l'erreur tous ceux » qui de leurs propres yeux du corps et de l'esprit voient que » tout ce qui a été prédit se trouve réalisé. » On voit par là qu'en dehors de l'Eglise romaine, qui conserve toujours ses dogmes divins dans toute leur intégrité, d'où résulte dans son sein l'ordre et l'harmonie la plus parfaite, il ne peut y avoir que désordre et cahos sempiternels.

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LXIX.

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<< La loi et les prophètes jusqu'à saint Jean, dit la vérité. › Néanmoins il n'était point ennemi, mais disciple lui aussi de » la vérité celui qui disait encore après S. Jean: en partie nous > connaissons les choses et en partie nous prophétisons. Les » prophéties ont donc cessé parce que nous connaissons main⚫ tenant; mais elles n'ont cependant pas entièrement cessé, » parce que nous ne connaissons encore qu'en partie; quand » sera venu, est-il dit, ce qui est parfait, alors cessera égale>>ment ce qui est en partie. » C'est ainsi que s'exprime S. Bernard dans son Sermon. 2, ad fratres. La lumière prophétique est donc aussi une des marques distinctives de l'Eglise à laquelle le Seigneur a promis, comme on le voit dans Joel, 2, au dire même de S. Pierre dans les actes des apôtres le don de prophétie. Ce don merveilleux, saint Bernard en a été luimême doué, ainsi que l'expose le docte Bellarmin, tom. 2 des controverses, liv. 4, chap. 15, où il s'exprime de la manière suivante: « S. Bernard prédisit à quatre hommes qu'ils se convertiraient trois d'entre eux n'y pensaient pas le moins du monde et le quatrième en était aussi éloigné que possible, et cependant les choses arrivèrent absolument comme il les leur avait prédites. Un fait également admirable est rapporté au sujet d'un homme de famille noble: en effet, l'un de ses fils étant venu reccommander à S. Bernard de prier pour la conversion de son père, le saint répondit: « Soyez sans crainte, car il deviendra moine exemplaire et je l'enterrerai dans ce monastère de Clairvaux. » Cette prophétie en renfermait plusieurs. Car elle marque 1. la vocation future de cet homme; 2. sa persévérance jusqu'à la mort dans l'ordre monastique; 3. sa mort pieuse et sainte; 4. l'arrivée de cette mort avant celle de S. Bernard; 5. et cela dans l'abbaye de Clairvaux; 6. enfin, sa sépulture opérée par les mains même de S. Bernard. Voilà donc six prophéties bien différentes l'une de l'autre qui s'accomplirent toutes cependant en vertu d'une providence particulière de Dieu. »

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LXX.

L'on ne saurait attaquer et vaincre d'une manière plus victorieuse l'opiniâtreté perverse des hérétiques qu'en citant les miracles opérés par les saints: car ces miracles forment le

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caractère propre de la véritable Eglise. C'est pourquoi nous croyons devoir, en terminant ce travail, produire ici le témoignage rendu par deux illustres cardinaux aux miracles de notre saint Docteur qui ne fut pas moins célèbre par ses actes que pas ses divins écrits. L'un de ces cardinaux est Bellarmin qui dans son livre, cité plus haut, chap. 14, s'exprime ainsi: « Le bienheureux Bernard moine et père de moines, le plus dévoué des défenseurs des Pontifes Romains, brilla par des miracles plus nombreux que ceux de tous les autres saints dont la vie a été écrite: car en un même jour dans le diocèse de Consstance il rendit la vue à onze aveugles, et guérit dix manchots et dix-huit boiteux, ainsi que le rapporte Gotfroid qui vécut avec le saint. (Lib. 4, chap. 4). En outre, les cinq livres de sa vie sont tous pleins de miracles qu'il serait infiniment trop long d'énumérer. L'autre cardinal est le célèbre Baronius, auteur des annales ecclésiastiques, qui sous l'année 1153, dit de saint Bernard que ce fut « un homme vraiment apostolique, et mieux encore véritable apôtre suscité de Dieu, puissant en œuvres et en paroles, illustrant partout et en tout son apostolat par les actes merveilleux ci-après rapportés, de sorte qu'on peut dire qu'il ne reçut pas moins de Dieu que les plus grands apôtres. De son vivant il érigea cent soixante monastères; mais cela est encore peu de chose si on le compare à tout ce qu'il opèra au dehors du cloître, dans diverses parties de l'Eglise et surtout pour la défense de l'Eglise Romaine. C'est lui qui auprès des empereurs, des rois, et des princes opéra soit dans l'intérêt général, soit pour le bien de ces mêmes princes tant et de si grandes choses. Aussi doit-on le regarder comme l'ornement et la gloire de l'Eglise catholique toute entière; mais il fut surtout par ses prédications, l'honneur et la gloire incomparable de l'Eglise de France dont il fit en même temps la suprême félicité. C'est pourquoi sa mémoire, si féconde en bénédictions et en fruits de sanctification pour la réforme des mœurs et de la discipline, ainsi que pour la condamnation des hérétiques sera-t-elle à tout jamais conservée précieusement au sein de la sainte Eglise. »>

BEATISSIMO PATRI

2 SUCCESSORI PETRI ORBIS EPISCOPO.

Principi Episcoporum. Amico sponsi.
6 Sacerdoti Magno.

7 Haeredi Apostolorum. 8 Fidei Defensori.
9 Doctori Gentium.

10 Custodi Sponsae Christi.
11 Speculatori super omnia constituto.
12 Pastori ovium Christi. 13 Pietatis Exemplari. 1
14 Sali terrae. 15 Christianorum Duci.

16 In summo posito apice. 17 Assertori veritatis. 18 Universorum gregum custodi. 19 Cleri ordinatori. 20 Sponsae Paranympho.

21 In plenitudinem potestatis Vocato. 22 Orbis Lumini. 23 Regum Patri. 24 Orbis haereditati.

25 Rectori omnium totum tenenti.

(1) Ad Innocent II. Epist. 191 et 370. (2) Ad eumdem. Ep.189. (3) Ad Eugen. III. Ep. 240. (4) 1. 2 de consider c. 8. (5) Ad Innocen. II Ep. 189. (6) L. 2 de consid. c. 8. (7) Ibid. (8) L. 4 de consid. c. 7 (9) Ibid. (10) Ad Innocen. II Ep. 161. (11) L. 2 de consid. c. 6. (12) Ad Innocen. II. Ep. 161. (15) L. 4 de consid. c. 11. (14) Ibid. (15) L. 4 de consid. c. 7. (16) L. 2 de consid. c. 7. (17) L. 4 de consid. c. 7. (18) Ibid. c. 8. (19) Ibid. cap. 7. (20) Ibid. (21) Ibid. c. 8. (22) Ibid. c. 7. (23) Ibid. (24) İbid. c. 1. (25) Ibid. c. 4.

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