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incessante de l'industrie privilégiée contre l'industrie libre qui formé pour ainsi dire toute l'histoire de la céramique rouennaise. La seconde a une importance beaucoup plus considérable et n'est rien moins qu'un mémoire en forme rédigé, en 1746, par un chanoine régulier de Saint-Antoine, nommé Boillioud, pour révéler aux Lyonnais, ses compatriotes, les divers procédés des plus habiles faïenciers normands. A cette espèce de manuel se rattache un extrait du livre: Le spectacle de la nature, qui porte le numéro trois, et qui constate les succès surprenants des fabriques de Saint-Sever.

La quatrième pièce doit être considérée comme une simple note, rédigée sans prétention et un peu à la háte; mais elle a été écrite par madame de Villeray, âgée alors de 97 ans, et propriétaire elle-même d'une fabrique de faïences justement renommée pour la beauté de ses produits. La quatrième et la cinquième renferment seulement quelques lignes sur le sujet qui nous occupe; elles fournissent en revanche les détails les plus précis sur la naissance d'industries, modestes à leur début, et qui, un peu plus tard, devaient puissamment contribuer à la prospérité de la ville de Rouen.

Les limites qui nous sont assignées ne nous permettent pas d'indiquer, même sommairement, les renseignements curieux et quelquefois nouveaux fournis par ces documents sur l'origine certaine des fabriques de faïences à Rouen, sur l'importance de la fabrication des qualités communes, sur l'oruementation exquise et la vogue extraordinaire des faïences fines. A défaut d'une analyse qui nous entraînerait trop loin, nous nous contenterons d'emprunter à l'écrit de madame de Villeray quelques lignes qui mettent en parfaite évidence la filiation nivernaise de la fabrique de Poterat et la médiocrité artistique de ses premières productions.

L'époque de ce siècle est celle de l'origine de la première manufacture de Rouen par Nicolas de Poirel, sieur de Granval, huissier « du cabinet de la reine, que la cour gratifia d'un privilége borné à 50 ans, dont il fit cession à M. Poterat, sieur de Saint-Étienne. Il est nécessaire de dire que ce n'était point le savoir ni le génie distingué qui furent les mobiles du sieur de Saint-Étienne dans cette entreprise; mais bien l'espérance du produit que iui procurerait un a privilége de cette espère. Sans nul exemple de construction de four«neaux, ni connaissance de matières, encore moins celle de les em«ployer, il commença son entreprise sur la foi de quelques ouvriers a qu'il fit venir de N vers. Le droit que la nouveauté à sur les hommes « s'exerça fort à propos pour donner à ses ouvrages un mérite qui, loin de leur être accordé aujourd'hui, tournerait en mépris. Tant

« fut opéré cependant qu'il parvint jusqu'au médiocre de cet art lorsque son privilége fut éteint. »

Il est inutile de multiplier les citations. Les lignes que nous venons de transcrire suffisent amplement à indiquer tout l'intérêt qui s'attache à cette publication et à la recommander à l'attention des amateurs sérieux de la céramique française.

Au moment où nous terminions ces lignes, nous avons reçu une brochure rentrant dans le même ordre de recherches, intitulée : Lettre à M. Alfred Darcel, par Charles de Laugardière, substitut du procureur impérial de Nevers. C'est une démonstration courte, mais décisive, de l'origine nivernaise des magnifiques carreaux en faïence provenant du château de Thouars. Ces quelques pages attestent un esprit perspicace et judicieux. Elles sont de nature à faire vivement désirer la mise au jour des documents nombreux que M. de Laugardière a su découvrir et qui modifient assez sensiblement quelques-unes des théories exposées dans le savant ouvrage de M. Du Broc de Segange1. E. de BEAUREPAIRE.

LÉGENDAIRE DE LA NOBLESSE DE FRANCE

Par le comte O. DE BESSAS DE LA MEGIE. Paris, Librairie centrale, 1865, un vol. gr. in-8.

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Ce livre est un recueil de six mille devises, cris de guerre, ou dictons de familles ou de villes de France. M. de Bessas y a ajouté parfois la description des armoiries, quelques détails généalogiques plus rarement. Il l'a fait précéder d'une courte introduction dans laquelle il rend un juste hommage à l'illustration et aux services de notre noblesse, qu'il définit très-heureusemeut en disant : « La noblesse, c'est tout à la fois, surtout en France, une obligation d'honneur pour celui qui en porte les insignes, une garantie d'avenir pour la famille, un de stabilité pour gage l'État. » » M. de Bessas en relatant ces milliers de noms, n'a voulu les accompagner d'aucun titre, sauf quand le titre était ducal: ne voulant pas s'ériger en inquisiteur, ni se faire le complaisant involontaire de fausses prétentions, et a sagement préféré s'abstenir complétement.

M. de Bessas explique en quelques lignes l'origine de la devise, de son utilité, de sa portée : dans les temps anciens la devise était « une armoirie écrite,» destinée à rappeler aux familles les actions d'éclat

1 Se trouve à notre librairie. Prix.

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ou les souvenirs honorables de leurs principaux membres. L'usage s'en introduisit surtout, croit-on, en France, à l'occasion des guerres du xv siècle au-delà des Alpes: il devint général au xvit siècle, quoique un grand nombre de maisons nobles n'en aient cependant jamais adopté. On sait de quelle importance était sous le grand roi l'art de faire des devises, et quel rôle la devise occupait dans les fêtes.

Ce recueil est curieux et commode. Je regrette seulement que son auteur en citant des noms de généalogistes spéciaux et savants, ait mentionné à cette occasion certains noms pour le moment complètement dépouillés d'autorité.

Edouard de BARTHÉLEMY.

HISTOIRE DE L'ART.

Des Estampes et de leur étude depuis l'origine de la gravure jusqu'à nos jours, par C. LEBER. Extrait du tome Ier de la Société archéologique de l'Orléanais, publié avec l'autorisation de la société par E. SWAGERS; suivi de vingt-cinq gravures reproduites par la photographie, tirées du cabinet des estampes d'Orléans, et provenant de la collection LEBER que possède aujourd'hui le Musée de peinture. Orléans, 1865, in-4.

Il parut, il y a déjà assez longtemps, en 1851, dans les Mémoires de la Société archéologique de l'Orléanais, un travail sur la gravure que le nom de son auteur recommandait et que bien peu d'iconophiles avaient été à même de lire ou de consulter. M. C. Leber, après avoir formé une collection d'estampes, dans laquelle il avait cherché à réunir un spécimen du talent de chaque maître, avait publié un résumé succinct de l'histoire de la gravure et un tableau chronologique et synoptique des gravures de tous les pays. M. H. Herluison, auquel on est redevable de plusieurs publications importantes et d'un ouvrage intéressant sur les artistes orléanais, vient de réimprimer le travail de M. Leber en faisant suivre la notice de vingt-cinq photographies reproduisant un nombre égal d'estampes rares. Chacun pourra donc aujourd'hui prendre connaissance de cette notice égarée parmi des documents de toute nature intéressant l'Orléanais, et, en même temps qu'on s'instruira en consultant le tableau comparatif de toutes les écoles de gravure, on verra quel profit on peut tirer d'une collection faite avec méthode par un homme de goût.

G. D.

SOUSCRIPTION QUÉRARD.

Mon cher monsieur Aubry,

Je sais bien que l'homme de lettres qui a usé toute son existence à parfaire une œuvre sérieuse et essentiellement utile doit surtout chercher la récompense de ses peines dans la reconnaissance de ceux qu'il éclaire et instruit. Je sais bien que le plus riche monument, la plus belle statue élevés à sa mémoire sont moins durables que son livre; mais je sais aussi que si la satisfaction qui naît du bien faire suffit au contentement de l'écrivain, et lui fait trouver le travail léger, le souvenir du bien fait ne suffit pas toujours à ceux qui, mesurant l'étendue du service rendu, voudraient au moins témoigner de leur gratitudé par un signe sensible. Une pyramide, un arc de triomphe, une colonne s'élèvent pour les grands tueurs d'hommes; une statue paye quelquefois ce que nous appelons le génie, un simple buste, un modeste médaillon, voilà tout ce qui attend les hommes qui ne furent qu'utiles. C'est ce simple buste, et à son défaut, ce modeste médaillon, qu'il me paraît juste de demander pour Quérard à ceux qui furent ses amis, à ceux qui puisent tous les jours une partie de leur science dans ses livres, à ceux qui savent son nom, son œuvre, et croient que de pareils exemples de travail sans trève sont assez rares pour mériter qu'une inscription les rappelle et en perpétue le souvenir et l'enseignement.

Certainement il vandrit mieux achever sa tàche, mais qui oserait l'entreprendre? qui, surtout, le pourrait?

Bornons-nous donc à demander pour lui un coin de terre qui soit à lui pour toujours, une pierre qui arrête les passants indifférents pour leur dire qu'il y a encore de nos jours des dévouements au travail obstiné et indépendant et des esprits qui savent honorer ces dévouements.

En faisant cet appel à une souscription, je crois, mon cher monsieur Aubry, que je réponds à vos propres désirs. J'espère que vous voudrez bien prêter vos bureaux et au besoin distraire quelques heures de vore temps pour en assurer le succès. Si j'en crois ce que m'annonce l'un des bons amis de Quérard, cette proposition éveille partout de sympathiques échos. Ne laissons pas courir le temps, ce grand ensevelisseur. Recevez mes amicales salutations.

14 janvier 1866.

J. ASSEZAT.

Nous accueillons avec empressement la proposition que contient la lettre ei-dessus, et nous rappelons à nos lecteurs que Quérard ne laisse pour toute fortune à sa veuve que ses manuscrits. Nous recevrons avec gratitude les offrandes qui nous seront adressées et nous publierons les listes des souscripteurs dans nos prochains Bulletins.

A. AUDRY.

ANCIENS ET MODERNES, RARES ET CURIEUX,

4764. ACCORDS (Des). Le quatriesme des bigarrures du seigneur des
Accords. Paris, Jean Richer, 1603, in-12, rel. pleine en maroq, vert.
fil. tr. dor. (Duru.)'

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BEL EXEMPLAIRE, ancienne reliure en maroq, rouge, fil., tr. dor.
Ouvrage dans lequel on trouve une quantité d'observations et de pièces
eurieuses et utiles à la connaissance de l'histoire ecclésiastique du temps.

1770. ART DES ARMES (l'), ou la Manière la plus certaine de se servir
utilement de l'épée, soit pour attaquer, soit pour se défendre, simplifiée et
démontrée dans toute son étendue et sa perfection, suivant les meilleurs
principes de théorie et de pratique, par Danet. Paris, 1766, in
Urné d'un portrait et de 33 planches. (Rare.)

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mar.

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