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dans le premier index d'Alde, dont nous Le premier Français qui se soit hasardé venons de parler, les divisions y sont aussi à présenter un de ces systèmes compliqués, plus multipliées. Ainsi, dans un catalogue est Christofle de Savigny, de qui nous avons de Robert Estienne, daté de 1546 (4), nous décrit, à la page 211 de notre 4e volume, les remarquons les classes suivantes : Hebræa, Tableaux accomplis de tous les arts libéGræca, Sacra, Prophana, Grammatica, raux, imprimés en 1587 et réimprimés en Poetica, Historica, auxquelles un peu plus 1619. La première planche de cet ouvrage tard, dans un autre catalogue, le même curieux et devenu rare présente l'Encycloimprimeur ajouta Rhetorica, Oratoria ,, pédie, ou la suite et liaison de tous les arts Dialectica, Philosophica, Arithmetica, et sciences. C'est un système figuré de touGeometrica, Medica, ce qui compléta, à tes nos connaissances, antérieur de près de peu de chose près, Ja nomenclature des vingt ans, remarquons-le bien, à l'Arbre sciences qu'on étudiait et qu'on enseignait encyclopédique de Bacon, dont il a pu être alors. A ces catalogues officinaux succé- le modèle. A ce tableau général succèdent dèrent bientôt ceux des bibliothèques seize tableaux spéciaux pour un pareil nomparticulières, et quelques autres ouvrages bre de sciences, savoir : 1. Grammaire; de bibliographie, d'une plus grande éten- 2. Rhétorique; 3. Dialectique; 4. Arithmédue et d'un intérêt plus général. Le pre- tique; 5. Géométrie; 6. Optique; 7. Mumier en ce genre, qui mérite d'être cité, sique; 8. Cosmographie; 9. Astrologie; 10. est la Bibliotheca universalis de Conrad Géographie; 11. Physique; 12. Médecine; Gesner (voyez ce nom dans notre second 13. Ethique; 14. Jurisprudence; 15. Hisvolume), imprimée à Zurich, de 1545 à toire; 16. Théologie. La Poésie et la Chro1549, in-fol.; ouvrage fort remarquable, nologic ont été ajoutées en 1619. A la suite dont la 2° partie, intitulée : Pandectarum, de chaque partition (c'est ainsi que sont sive partitionum universalium libri XXI, nommées les classes principales) viennent est classée par matières, dans l'ordresuivant: des divisions et subdivisions en très grand 1. Grammatica; 2. Dialectica; 3. Rheto- nombre. On en compte environ 78 pour la rica; 4. Poetica; 5. Arithmetica; 6. Geo- Grammaire, 92 pour la Poésie, 37 pour metria; 7. Musica ; 8. Astronomia; 9. l'Optique, plus de 100 pour l'Astrologie, Astrologia; 10. De Divinatione et Magia; 66 pour l'Ethique, etc. Les autres systèmes 11.. Geographia ; 12. De Historiis ; 13. De qui se produisirent vers la fin du 16° siècle diversis Artibus; 14. De naturali Philoso- et au commencement du 17°, n'eurent auphia; 15. De prima Philosophia, et Theolo- cun succès : ni Jes Cent Buffets de La Croix gia Gentilium; 16. De morali Philosophia; du Maine (5), ni la triple division de Jean 17. De æconomica Philosophia; 18. Poli- Mabrun, selon ces mots du Psalmiste : tica; 19. De Jure civili ei pontifico; 20. Disciplinam, bonitatem et scientiam doce Theologia (ce titre devait être celui du 20e me, n'obtinrent l'approbation du docte livre; mais la Médecine qui en aurait formé Naudé, qui, dans son Avis pour dresser le 20€, n'ayant pas paru,on la remplaça par la une bibliothèque (6), s'exprime ainsi à l'oc

° Théologie). Cette nomenclature, assez bor- casion de ces inventions bizarres : « C'est née comme on le voit, suffisait du temps de pourquoy ne faisant autre estime d'un ordre l'auteur pour l'arrangement d'une biblio- qui ne peut être suivi que d'un autheur qui thèque bien composée. Gesner, en homme ne veut estre entendu, je croy que le meilde bon sens, en a écarté ces réunions arbi- leur est toujours celuy qui est le plus facile, traires de différentes sciences en une seule le moins intrigué, le plus naturel, usité, et classe, qui ont séduit tant de savants, et qui suit les facultez Théologie, Médecine, qui, selon nous, ont été le principal écueil etc. (7) » Paroles pleines de bon sens, et contre lequel sont venus échouer presque tous les auteurs de systèmes bibliogra phiques.

(5) Dessin ou projets présentez (par lui) au roy llenry III, eu 1583, impr. à la fin de sa Biblioth.

française, in-4. (4) En voici le litre : Libri in officina Roberti (6) Edit. de 1646, pet. in-8., page 131. Stephani , typographi regii, partim nati, partim (7) Cette seconde place donnée à la Médecinc restituti el excusi. M. D. XLVI, 1, id, maii. nous rappelle que Naudé était médecin.

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qui sont tout aussi justes, tout aussi appli- inférieur, selon nous (11); il mérite toutefois cables aujourd'hui, qu'elles l'étaient il y a d'être étudié, ne fût-ce que pour le comdeux siècles. L'ordre que recommande là parer à celui qu'on attribue presque généle bibliothécaire du cardinal Mazarin, est, ralement au libraire Gabriel Martin, et à quelques modifications près, celui que pour se convaincre du peu de rapport que lui-même a suivi dans le classement de la ces deux systèmes ont entre eux (12). Le Biblioth. cordesiana (Paris, 1643, in-4.). Second, celui que nous croyons devoir Ce même système, il faut le reconnaître, se appeler, et que nous nommerons désormais rapproche beaucoup de celui que Claude Système des libraires de Paris, est réelleClément, jésuite, né en Franche-Comté, a ment dû au savant Prosper Marchand , exposé dans un livre imprimé à Lyon, en connu surtout par son Histoire de l’im1635, in-4. (8), et qui donne pour princi- primerie et son Dictionnaire historique, et pales divisions : Théologie, Droit, Philoso- non pas à Martin. Prosper Marchand le phie, Mathématiques, Physiologie, Méde- mit en pratique, pour la première fois, en cine, Histoire sacrée, Histoire profane, 1706, dans la Bibliotheca bigotiana, vol. Polygraphes, Orateurs et Rhéteurs, Poètes, in-12, dont le titre porte les noms des liGrammairiens, etc. Ces classes, dont on n'a braires Boudot, Osmont et Gabr. Martin. guère fait dans la suite que transporter les L'année suivante, le même système, légèresections d'une place à l'autre, en en multi- ment modifié dans l'ordre et le nombre des pliant les subdivisions, se retrouvent dans divisions secondaires, servit encore à la dispresque tous les systèmes dont il nous reste position de la Bibliotheca Johannis Giraud, à parler; et d'abord dans celui qu'a suivi catalogue rédigé par Marchand , pour le le savant Ismaël Boulliaud, lorsque, vers le libraire Robustel, à Paris, ainsi qu'il le dit milieu du 17e siècle, il fut chargé de classer, formellement dans la préface de son Catapar ordre de matières, le Catalogue de la logue de Faultrier, publié en 1709, et bibliothèque de la famille des De Thou, que comme Martin lui-même l'a reconnu en les frères Du Puys avaient déjà rangé par plusieurs occasions (13). Cependant Marordre alphabétique. Ce catalogue, publié chand, peu satisfait du nouvel ordre qu'il seulement en 1679, sous le titre de Biblio- venait d'introduire, en classant les livres en theca thuana, par Joseph Quenel, était sans cinq grandes sections, savoir : Théologie, contredit le meilleur qui eût para jusqu'a- Jurisprudence, Philosophie ( autrement, lors. L'ordre qu'il présente (9) est, à bien sciences et arts), Belles-Lettres et Histoire, peu de chose près, celui qui a été suivi à peu près comme nous le faisons nousdepuis à la Bibliothèque royale de Paris. même dans la table ci - jointe; Marchand,

Quoique le système de la Bibliothèque disons-nous, imagina bientôt un autre sysdes Jésuites du collège de Clermont, par le tème, dans lequel il refondit les cinq classes Père Jean Garnier, ait été mis au jour en

du premier en trois grandes sections, sous 1678 (10), c'est-à-dire, un peu avant celui les dénominations suivantes : 1. Philosophie. de la Bibliotheca thuana, il est réellement ou Science humaine, comprenant la Grammoins ancien que ce dernier, et lui est fort

(11) Il est divisé en cinq grandes classes: 1. Thco

logia; 2. Philosophia (cette classe comprend les (8) Musei sive bibliothecæ tam privatæ quam Lilleræ humaniores, mais non pas l'Histoire natupublicæ extructio, instructio, etc.

relle); 3. Historia, dont un chapitre, le 26°, ren(9) La Théologie et la Jurisprudence y sont

ferme l'Histoire naturelle, et un autre, le 27°, ce suivies de l'Histoire, terminée par les traités géné- que le P. Garnier nomme Historia artificialis, ou raux de Politique. La Philosophie, accompagnée

se trouvent placées les fictions en vers et en prose, des Mathématiques, qui comprennent la Musique,

et même les tragédies et les comédies qui ont un l'Astronomie, etc., forme, avec les Arts, la Méde

but moral; 4. Eunomia, sive Jurisprudentia; cine et l'Histoire naturelle, une seconde partie, à

5. Heterodoxia. laquelle succèdent les Belles-Lettres (Lilleræ (12) Plusieurs bibliographes ont avancé que le humaniores.)

système du P. Garnier avait servi de base à celui (10) SYSTEMA bibliothecæ collegii parisiensis So

de Martin. cietatis Jesu. Parisiis, excudebal Sebast. Mabre- (13) Catalogue de Barré, 11° 6469, et Catal. de Tramoisy, 1678, in-4.

Bellanger, n° 3451.

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maire, la Logique, la Poétique, et ce que méthode qu'il venait d'adopter : « In libris l'on a depuis désigné sous le titre général disponendis illum seculi sumus ordinem, de Sciences et Arts. (La Jurisprudence s'y qui systemate nostro bibliographico mox trouve placée entre l'Economie et la Poli- exponetur, quod si non doctum aut erutique.) 2. Théologie, ou Science divine. dite elaboratum, saltem clarum et pers3. Histoire, ou Science des événements. picuum conati sumus efficere, ex iis qui Ces trois classes sont précédées de la Biblio- nos in hoc labore antecesserunt, quædam, graphie, qui leur sert d'introduction. On y ut censemus, meliora seligentes, quædam retrouve une grande partie des subdivisions immutantes et addentes. » Dans ce passage des deux précédents catalogues, subdivi- remarquable, Martin parle bien à la vérité sions où figurent plus d'un emprunt

fait aux des emprunts qu'il a faits à ses prédéces

a systèmes de Clément, de Boulliaud et de seurs, mais il se tait sur les obligations parGarnier. Mais, pour bien apprécier le se- ticulières qu'il avait à Marchand, alors cond système de Marchand, le seul auquel réfugié en Hollande, auquel il devait non jusqu'ici se rattache positivement son nom seulement son système presque tout entier, dans la mémoire des bibliographes, il faut mais encore la plupart des améliorations de lire la préface latine fort curieuse qu'il a détails qu'on peut remarquer dans ses catamise au commencement du Catalogue de logues. Toutefois sachons-lui gré d'avoir Joachim Faultrier, déjà cité. Là, après mis fin à l'espèce d'anarchie qui existait avoir développé son plan avec précision, il alors dans le classement de ces sortes d'oua donné d'excellents préceptes sur la ma- vrages; et surtout félicitons-le d'avoir fait nière de lever avec exactitude les titres preuve d'un jugement plus sûr que Mardes livres, et de les disposer méthodique- chand lui-même, en préférant un système ment dans un ordre convenable, en réu- peu scientifique, à la vérité, mais assez nissant de suite les différents formats, au logique, et, ce qui est mieux encore, fort lieu de les séparer comme cela s'était pra- clair, à une donnée plus philosophique tiqué presque toujours jusqu'alors (14). peut-être, mais d'une application beaucoup Ces préceptes, dont l'expérience de plus moins facile (15). Le système que Martin, d'un siècle a suffisamment démontré la à quelques exceptions près, a suivi conssagesse, furent tout d'abord parfaitement tamment dans les nombreux catalogues appréciés par Gabriel Martin, homme ins- qu'il a eu à rédiger, depuis 1711 jusqu'à sa truit, d'un esprit judicieux et méthodique; mort, arrivée en 1761, fut également adopté et lorsqu'en 1711 Marchand se détermina à par Boudot, son émule; par Marie-Jacques quitter la France, pour cause de religion, Barrois, autre savant libraire, à qui l'on doit G. Martin se trouva être l'homme le plus plusieurs bons catalogues; par l'auteur de propre à remplacer celui-ci dans la rédac- la Bibliographie instructive; enfin par tion des catalogues de livres à vendre, MM. Debure père et fils, parents de ce objet qui l'avait déjà occupé lui-même dès dernier, lesquels, pendant plus de soixante l'année 1705. Cependant ce libraire, ayant ans, ont exercé honorablement et avec un à choisir entre les deux systèmes successi- succès constant, les fonctions de libraires vement pratiqués par son prédécesseur, experts-vendeurs. C'est de cette manière se décida pour le premier, qu'il jugea que le système des libraires de Paris, d'un usage plus commode que le second; éprouvé par une longue pratique, reçut et, après y avoir introduit quelques heureuses modifications, il l'appropria à l'arrangement du Catalogue de l'excellente

(15) Voici le jugement que, dans un spirituel bibliothèque de Bulteau, qu'il publia en seuilleton consacré à notre Manuel, M. Nodier a 1711, sous le titre de Bibliotheca bultel- porté de la classification bibliographique dont il

s'agit : « Elle est simple, elle est claire, elle est liana (en 2 vol. in-12); et dans la préface facile; elle embrasse, sans trop d'efforts, toutes duquel il s'exprime ainsi, au sujet de la les innombrables et capricieuses subdivisions qu'il

a plu à la fantaisic humaine d'introduire dans la forme littéraire du livre; et, ce qui me parait de

plus grande importance encore, elle est consacréc (14) Cependant, dans la Bibliotheca thuana, les par d'excellents catalogues, devenus classiques formats se trouvaient déjà réunis.

dans leur genre.

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en France une sorte de consécration, et d'autres, plus modérés ou plus timides, se fut adopté dans une partie de l'Europe. bornaient à demander qu'on se hátat d'effaEn vain quelques personnes (16) essayèrent- cer de ce système toutes les traces de notre elles de le combattre, ou du moins d'y ancien esclavage (17). Alors surgirent,pressubstituer leurs innovations, toutes ces que simultanément, un certain nombre de tentatives malheureuses ne servirent qu'à nouveaux systèmes dans lesquels on s'acen démontrer la supériorité.

cordait assez bien, à la vérité, soit pour Il ne faut pas trop s'étonner que de déplacer la Théologie, soit pour la faire simples libraires, mais des libraires réelle- entièrement disparaitre en la confisquant ment instruits, aient réussi mieux que des au profit de la Métaphysique, mais où, pour gens de lettres, que des savants de profes- tout le reste, on était complètement en sion à donner du crédit à un système biblio- désaccord. Les uns (18) voulaient qu'on suigraphique; car d'un côté, en le concevant vit la marche des idées, et prenaient pour dans son ensemble et dans ses délails, ces base de leurs systèmes Bacon et les encyclolibraires étaient affranchis des prédilections pédistes, c'est-à-dire, les trois mots : raison, exclusives que les savants sont naturelle- imagination,mémoire; les autres (19) adopment portés à avoir pour ce qui fait l'objet taient la marche des études que, comme de principal de leurs études; et d'un autre raison, ils concevaient chacun à leur macôté, les occasions fréquentes qu'ils avaient nière. Celui-là (20)mettait en avant ses trois eues de classer des bibliothèques de tous classes favorites : connaissances instrumenles genres, avaient dû leur faire trouver la tales, connaissances essentielles, connaisméthode la mieux appropriée à l'arrange- sances de convenances.Celui-ci (21) ajoutait sent d'un catalogue de quelque étendue. aux trois divisions fondamentales des encyC'était d'ailleurs une chose heureuse pour clopédistes celles des besoins physiques et les personnes qui faisaient usage de ces ca- des besoins moraux; tandis qu'un autre (22) talogues et qui en avaient une fois étudié proposait treize classes, en commençant par le classement, de savoir d'avance à quelle l'agriculture, le plus ancien des arts. Ceplace elles pourraient trouver les ouvrages pendant, parmi les povateurs se faisaient qu'elles désiraient se procurer, et d'être remarquer

l'abbé Ameilhon, le janséniste ainsi dispensées de lire d'un bout à l'autre Camus, et M. Daunou, ancien oratorien; des volumes quelquefois fort gros. tous trois gens de mérite, sans doute, mais

Le système des libraires de Paris était trop partisans des idées dominantes alors à peu près le seul qu'on suivit en France pour ne pas leur faire d'amples conceslorsque la révolution de 1789 éclata. Lessions (23). orages qui bouleversèrent alors l'ordre so- En enlevant à la Théologie le rang dont cial tout entier, n'épargnèrent pas les choses elle était en possession depuis tant d'années . purement littéraires. Tout fut remis en dans nos bibliothèques, on pensait que rien question, tout, sans excepter l'ordre à n'était si facile que de l'y remplacer; poursuivre dans la rédaction des catalogues de tant sur ce point, comme sur beaucoup livres. A cette époque on ne dut être que d'autres, il fut impossible de s'entendre. médiocrement surpris de voir plus d'un apôtre de la Philosophie du 18° siècle attaquer vivement, au nom de la raison, un

(17) Lettre de B. à Daunou, du 20 nivôse an ix, système bibliographique qui donnait le pre- dans le Bulletin du Bibliophile, 6e série, p. 75. mier rang aux choses divines et le second (18) Le professeur Butentschon, à Colmar; M. aux lois. Une réforme radicale fut donc jugée

Peignot, alors à Vesoul. indispensable par les plus zélés, tandis que institut, classe

de littérature et beaux-arts. (19) Camus, dans le jer vol. des Mémoires de

(20) Le citoyen Arsenne Thiebaut, Exposition

du tableau philosophique des connaissances hu(16) D'abord, en 1760, l'abbé Leclerc de Mont- maines, Paris, an x, in-8. linot, dans son Essai sur un projet de catalogue

(21) Le P. Laire. de bibliothèque, que l'abbé de Saint-Léger réfuta victorieusement; ensuite, en 1776, le libraire Née

(22) Le citoyen Parent, Essai sur la bibliograde La Rochelle, fort jeune alors, dans le Catalogue

phie, 1801, in-8. des litres de Perrot.

(23) Voyez à la fin de cette introduction.

La Philosophie, les Belles-Lettres et l'His- grande bibliothèque (24); là sont exposés toire, voire même l'humble Bibliographie, des tableaux synoptiques des sciences et furent tour à tour, et inutilement propo- des arts, divisés en deux règnes, savoir : sées. Ainsi, non seulement aucun système Sciences cosmologiques et Sciences noolone prévalut, mais même aucun ne put réu- giques; chaque règne y a ses sous-règnes, nir en sa faveur un certain nombre de suf- chaque sous-règne ses embranchements, et frages. En sorte qu'après d'inutiles efforts, chaque embranchement ses sous-embranil fallut en revenir au système des libraires, chements; ce qui donne à chaque règne que chacun regardait d'ailleurs comme le quatre-vingt-quatre divisions particulières, meilleur après le sien. Cependant les an- en partie dotées de noms grecs tout-à-fait ciennes traditions de Martin, auxquelles, respectables. Ce système, beaucoup trop malgré les attaques multipliées des nova- symétrique pour être naturel et rigoureuteurs, presque tous les catalogistes français sement vrai, est tout différent de celui de sont restés fidèles, trouvent aujourd'hui de Bacon; mais il est permis de douter qu'il nouveaux ennemis à combattre. Cette fois ait autant de durée que ce dernier. c'est au nom du progrès, au nom de ce Sans doute, nous nous inclinons respecqu'on appelle la marche de l'esprit humain tueusement devant les savantes et ingequ'on les condamne. Le vieux système, dit- nieuses conceptions de M. Ampère, de on, est tout-à-fait en désaccord avec les même que nous rendons hommage aux velidées nouvelles, avec le développement des léités philosophiques et aux subtilités mésciences; on le déclare tout-à-fait inad- taphysiques d'un autre système récemment missible. Mais heureusement cet arrêt n'est mis au jour par un homme d'esprit qui pas sans appel, car enfin, nous le deman- nous a donné plusieurs excellents Catadons, qu'y a-t-il donc de changé dans la logues, et qui, nous n'en doutons pas, nature des choses? La Philosophie n'est- pourrait, à bon droit, prétendre à des elle pas toujours la philosophie, quel que succès plus élevés; mais il ne nous est nulsoit le point de vue sous lequel on l'envi- lement démontré que ces messieurs aient sage; l'Histoire ne reste-t-elle pas toujours mieux vu que leurs prédécesseurs, quoique l'histoire, soit que, comme le veulent les le premier ait possédé beaucoup mieux encyclopédistes, elle appartienne à la Mé- qu'eux le langage philosophique, et que le moire, soit que, dans le système de M. Am- second offre dans plusieurs des sous-divipère, on la classe dans la Noologie, soit sions de son système d'heureux rapprocheenfin qu'elle dépende de la Science sociale, ments et quelques idées justes qu'on ferait comme le prétend M. Merlin. A la vérité, peut-être bien de lui emprunter (25). Nous les sciences proprement dites ont beaucoup agrandi leur domaine depuis quelques années; elles se sont enrichies de nouvelles applications bien importantes; des procé- (24) La seconde partie de l'Exposition de M. dés déjà connus, jusqu'ici restés à l'état Ampère , quoiqu'elle fut imprimée depuis longd'essai, ont été perfectionnés et mis en pra- temps, n'a paru qu'en octobre dernier. tique; mais rien de cela ne constitue une (25) Les auteurs des différents systèmes biblioscience entièrement nouvelle, une science graphiques qui ont paru depuis cinquante ans,

ne se sont pas assez pénétrés de la différence senqu'on ne puisse, au moyen de quelques sible qui doit exister entre le classement des idées subdivisions, parvenir à introduire dans et celui des livres; et après avoir adopté arbitraile système des libraires, aussi bien que

rement un nombre de classes principales trop in

suflisant pour que tous les livres puissent y être dans tout autre qu'il plairait de lui subs

convenablement placés, ils se sont vus condamnés tituer.

aux rapprochements les plus incohérents, aux Parmi les promoteurs du progrès, dont amalgames les plus bizarres. Un moyen certain

d'éviter ces inconvénients ce serait de renoncer à les noms peuvent avoir le plus d'influence,

ces enchainements encyclopédiques, si séduisants nous trouvons au premier rang M. André- au premier aperçu, mais dont la pratique fait reMarie Ampère, savant illustre, qui, en connaître tout le vide; car enfin dans le classe1834, nous a donné une Exposition natu

ment des livres, c'est bien moins l'enchainement relle de toutes les connaissances humaines, faut considérer, que le rapport réel qu'elles con

naturel, ou soi-disant naturel, des sciences qu'il applicable, selon lui, à l'arrangement d'une servent entre elles dans l'usage que l'on en fait,

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