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Second Extrait (1).
49-18 Ans le premier Extrait que nous

avons donné de cet important
Ouvrage, nous avons laiflé l'in-
génieux Auteur prêt à entrer

dans les discussions les plus cu. rieuses sur la Fécondation & la Génération des Animaux. Les variétés qu'on y observe à plusieurs égards font étonnantes. Mr. BONNET en offre aux Lecteurs un recueil des plus piquans, & où l'on voit à l'æil d'une maniere frappante, la diversité des moyens que la Sagesse Divine fait employer pour aller à une même fin.

Dans les Coquillages, par ex. un habile Physicien (2) a observé quatre manières de multiplier leurs espèces. Il y en a comme entre les Pourpres de mâles & de femelles. D'autres comme les Congues, dont l'Huitre est une espèce, se suffisent à eux mêmes; on n'y apperçoit ni aucune des parties de la generation (3), ni aucun accouplement. Une troisième Classe comprend les Co. quillages qui ont les deux sexes à la fois, mais qui ne peuvent se féconder eux mê.

mes; (1) Vøy. le premier Tom. XX. Part. 11. Art. II.

(2) Mr. Adanson Hist. Nat. du Sénégal.

(3) Mr. Baster en juge autrement, comme on l'a vu dans un des Tomes précédens de cette Bibliothèque.

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mes; le Limaçon commun en est un exemple. Mais ce qui est bien plus fingulier, c'est que dans une quatrième clasle, on voit des coquillages hermaphrodites, dont le sexe est partagé de façon que deux individus ne suffisent pas pour se féconder réciproquement, mais qu'il en faut un troisième qui y travaille

Et par rapport à la manière dont cet. te fécondation s'opère dans les différentes espèces des animaux de tout genre, quelle incroyable diversité ? Quelles découvertes par exemple, que celles de Mr. TREMBLE Y sur les Pucerons, tantôt se multipliant par un véritable accouplement & tantôt fans accouplement, vivipares dans la belle saison, & ovipares à la fin de l'automne! Quelles étranges fingularités! Qui les auroit prévues! actuellement qu'on ne peut en douter, qu'elles sont mystérieuses !

Ce sont là,"comme le dit notre efti. mable Auteur ,, autant d'énigmes dont

nous n'aurons le mot, que lorsque nous

aurons acquis d'autres yeux & une in„telligence supérieure à celle de notre é» tat present. En attendant (ajoute-t-il

avec autant d'esprit que de vérite), observons avec soin tout ce qui est à notre portée . . . s'il ne nous est pas per

mis encore de lire d'un bout à Pauy tre le Livre de la Nature, tâchons

au moins de tirer le meilleur parti poffible , du petit nombre de pages qu'elle A 2

sou.

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soumet à notre examen. Le seul moyen ,, d'y parvenir est de se souvenir que nous

n'avons point l’Index de ce Livre, & que », nous sommes réduits pour ne pas nous » égarer, à considérer chaque objet en lui

même & dans ses rapports aux objets les plus voisios. La lumière qui se réfléchit de proche en proche augmente la clarté de la lumière directe”.

C'est dans ces sentimens que M. B. en. treprend d'expliquer ici la manière dont il conçoit que la génération & la fécondation s'opèrent. On va le voir essayer avec sa fagacité & la modestie ordinaires, de pénétrer ce secret, en tâchant d'assigner les causes phyliques qui opèrent les premiers développemens des corps organisés. Nous disons les premiers développemens, parce qu'en effet, fi rien ne se produit comme les faits le démontrent , tout se développe , & alors il n'y a pas plus de vraies générations que de vraies métamorphoses.

Un Oeuf infécond. n'est pas privé de germe, on l'a déjà remarqué ; mais le germe invisible qu'il renferme ne se dévelop. pera jamais, parce qu'il a manqué d'une condition nécessaire au développement, c'est-à-dire qu'il n'a pas été fécondé. Mais fi le germe, logé dès le commencement dans l'æuf ou dans la vésicule, reçoit de la liqueur que fournit le mâle le principe d'une nouvelle vie, alors il se développera &

fran

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franchira les bornes étroites qui le renfermoient. En se développant il augmentera de volume & de masse. Une force im. pulsive ou expanfive agira en lui , & des particules étrangères viendront s'incorporer à ses particules élémentaires. Or cet. te incorporation suppose la nutrition, & celle-ci la circulation, mais la nutrition ne forme rien. Elle n'ajoute point a l'Embrion un cœur qu'il n'avoit pas; seulement elle donne au caur préformé, une activité sans laquelle il ne fauroit parvenir à furmonter la résistance des solides.

Mais comment lui donne t'elle cette ac. tivité? On le comprendra fi l'on se rappelle que c'est l'Irritabilité qui est la cause physique & intérieure des mouvemens du cæur. De là il s'ensuit que la liqueur fé-x. minale est une forte de ftimulant , qui en irritant le coeur de l'embrion, lui imprime un degré de force qu'il ne pouvoit recevoir que de cette seule liqueur. Ensuite le mouvement imprimé au mobile s'y conserve par cette même irritabilité, tou. jours subfiftante, toujours inhérente au muscle.

Voilà donc la petite machine montée, dit M. B, mais fon jeu n'ex pas celui d'une montre. Toutes les parties qui la composent doivent peu à peu revêtir de nouvelles formes & de nouvelles situations refpectives; elles doivent croître & se développer. Cela méme suppose l'action v'un

fluix lewyne peut pas tu general,

perfettifant.car d'oi vrindubitalez quepé Ly Enfaníct berperilaiu out quelquefoizle, mimu traite, caractery nala, Gururlarla taulame foulumgrandlere,

du

A 3

fluide. Le cæur le pouse dans les artè. res , qui le transmettent dans toutes les parties de l'Embrion, d'où il est ramené au caur par les veines. Mais ce fluide doit être proportionné à la finesle prodigieuse des vaisseaux du Germe. Ce n'est d'a. bord qu'une liqueur transparente presque fans couleur. Elle devient bientôt jaunâtre , puis rougeâtre, & enfin rouge, parce que le fluide qui circule dans l'Ein. brion, acquiert par degré des molécules de plus en plus groflières, qui changent de plus en plus sa couleur primitive, en même temps que l'impulsion continue!le du coeur aggrandit peu à peu le calibre des vair. seaux.

Mais ce qui est sur tout ici digne de remarque , c'est que la liqueur spermatique du mâle, a sur les solides de l'Embrion une si grande influence, qu'elle leur imprime des traits qui ne s'effacent ja. mais. La ressemblance plus ou moins marquée des enfans au père & à la me re, & plus encore celle du mulet à l'âne &'à la jument ne permet pas qu'on en doute. Et cette ressemblance n'affecte pas seulement l'extérieur de l'Embrion, elle affećte encore son intérieur. De. là la ressemblance de la voix du mulet à celle de l'àne. C'est un tambour d'une confruction singuliere, placé dans le larynx qui fait la partie principale de cet in

Aru

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