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xemple de remords. Il insulta un père de famille mourant sur l'échaffaut. Cette cruauté est bien inouie; mais puisque Dieu pardonne, les hommes doivent aussi pardonner à qui répare ses injustices”.

ARTICLE DOUZIEME.

JACOBI PHILIPPI D'ORVILLE Sicula,

quibus Siciliæ veteris rudera , additis Antiquitatum tabulis illustrantur. Edidit & Commentarium ad Numismata Sicula XX. Tabulis æneis incisa , & ad tres Inscriptiones majores Geloam, Tauromenitanam, & Regbinam, nec non minorum Inscriptionum Syllogen , Orationem in Auctoris obi- . tum & Præfationem adjecit Petrus BURMANNUS SECUNDUS. Amstelaeda. mi ccclxiv. Apud Gerardum Tielenburg. fol. Pars I. & II. pagg. 675.

C'est-à-dire , VOYAGE DE SICILE (1), avec la Der

crip (1) C'est le titre que M. D'OR VILLE se propofoit de mettre à la tête de son Ouvrage. Nous n'en trouvons point qui approche davantage du terme énergique que Mr. BURMAN y a subftitué.

cription & des Figures en tailles douces, de divers monumens antiques qui s'y trouvent encore. Par feu Mr. JAQUES PHILIPPE D'ORVILLE ; Ouvrage publié par les foins de M. PIERRE BURMAN, qui y a ajouté l'explication de quantité de Médailles Siciliennes gravées en XX Planches, de trois longues Inscriptions autrefois placées à Gela, à Tauromenium & à Rhegium, avec un Recueil de quelques autres Inscriptions moins étendues, l'Orailon funèbre de l'Auteur & une Préface.

A Amsterdam MDCCLXIV. Chez Gerard Tielenburg, en II. Tomes in fol. faisant ensemble un Volume de 675 pages; fars compter la Préface, les Epitres Dédicatoires, quelques pièces de Poésie, des Tables, des Indices, & un beau Portrait de M. D'ORVILLE gravé

par Hoebrake. EN N donnant il y a quinze mois le

Prospectus de cet Ouvrage de M. D'ORVILLE (2), nous l'annonçames com

(2) Bib. des Sc. Tom. XVI. Part. I. Art. X.

mo

me la production d'un des premiers Lito térateurs de notre siècle, qui après avoir parcouru la Sicile en homme docte, s'étoit proposé de faire connoître l'état ancien de cette Isle, mieux qu'on ne le connoit malgré toutes les lumières qu'on croit avoir pour s'en instruire, & tous les secours qu'oni trouve pour cela dans la belle & docte dela cription de Cluvier. Telle est en effet l'idée qu'on doit se faire de ce Voyage. C'est un trésor d'érudition , un Itinéraire écrit pour les Savans dans leur langue, par un Savant , qui consominé dans l'étude des anciens Auteurs Grecs & Latins, a eu la curiosité d'aller examiner de ses propres yeux, la vérité des Relations qu'ils nous ont laissées d'un pays plein de merveilles, & d'y comparer ce que les plus judicieux d'entre les modernes en ont fucceflivement écrit. On ne sauroit arrêter ses regards sur une page de ce Livre sans y trouver, ou des Etymologies examinées, ou des positions de lieux rectifiées, passages des Anciens confrontés, corrigés rétablis, ou des méprises des modernes indiquées & relevées, ici des médailles expliquées, là des monumens de l'antiqui. tés décrits, par-tout une critique ou fine, ou profonde , & toujours accompa. gnée de goût & de discernement.

Mais cela même nous met dans l'impossibilité d'entreprendre une analyse exactes de cet ouvrage. La plupart de nos Tome XXI. Part. I.

Leo.

ou des

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Lecteurs ne retireroient aucun fruit de ce qu'on y trouve de plus travaillé. Nous n'aurions ni l'avantage de les instruire, ni le plaisir de les amuser;& nous croyons pouvoir aspirer à l'un & à l'autre, en nous en tenant à un notice générale , mais suivie des endroits les plus propres à les intéresser dans le Voyage de Mr. D'ORVILLE. C'est la tâche que nous nous imposons actuellement. Mr. le Professeur BURMAN nous occupera le Trimestre prochain. Il n'y auroit par moyen de rendre compte de tant de richesses, 'en une seule fois.

(3) Ce fut vers la fin d'Avril de l'année 1727, qu'après avoir admiré à loisir les magnificences & ies antiquités de Rome, M. D'ORVILLE brûlant du desir de voir la Sicile, dit adieu à cette Capitale, en partit pour Naples, dans la résolution de traverser la Calabre, de gagner Régio & de s'y embarquer pour l'Isle fameule qui emflammoit ses desirs. Des amis éclai. rés lui représentèrent qu'il n'y avoit pas de sûreté dans cette route. Il ordonna donc au patron d'une félouque d'aller l'attendre à Vietri, où il se rendit à cheval en pas. sant le long du Vésuve , à Nocera , à Cava, & où il s'embarqua le ge. Mai. Le cinquième jour de son départ de Naples, il së trouva déjà à l'entrée de la mer de Torcane, entre les fameux ccueils de Scylla

& (3) Cap. I.

1

& de Charibde , découvrant de loin les va. peurs enflammées de Strongyle, l'une des Isles Eoliennes , & a la vue du Promontoire de Pélore, c'est-à-dire du Cap de Faro. Bientôt ensuite il toucha à Melline, dont le Port & les Edifices extérieurs le ravirent en admiration.

Mais avant que de pénétrer plus loin, M. D'ORVILLE voulut profiter de l'occa-, tion pour voir Régio. Il se rembarqua dans ce dessein & le trajet ne fut pas long. Le détroit n'est guère en cet endroit que de quinze mille pas. En moins de deux heu. res notre Voyageur se retrouva heureuse. ment en Italie. Il soupçonne néanmoins que c'est-là proprement qu'il faut placer les gouffres du Charybde , parce qu'en effet les écueils, les vents & les marées, rendent trop souvent ce passage funefte aux Navigateurs. Régio n'est pas grand chose; après y avoir vu quelques antiquités & quelques manuscripts, M. D'ORVILLE ne s'y arrêta pas long temps. Il vouloit prévenir l'approche des grandes chaleurs. Il fe hâta de retourner à Meljine, & suivant les conseils de quelques marchands Anglois, ainsi que du Consul de cette nation, il se mit en, chemin pour faire le tour de l'Isle, en commençant du côté du Nord ; mais au lieu de suivre la grande route ( ancienne. ment Via Valeria ), alors infestée par des troupes de voleurs, il prit le parti, tantôt de s'embarquer sur de petits bâtimens le

long

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