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collium , camporum , insularum, littorum E marium situm uno quasi intuitu centemplanti mora nulla fuisset longa nisi comites ex itinere fatigati 6° ipsum lafum de descensu monuisent. Une ou deux fois encore il y promena de licieusement des regards pleins d'admiration, comme pour en remplir son ame & n'en oublier jamais les inexprimables beautés : Semel iterumque igitur ejusmodi Spectaculi voluptatem incomparabilem nec unquam refumendam cepi, ac ulofque & animum in perpetuum explevi. Mais enfin il partit & bientôt descendu à l'endroit où étoit le quartier de marbre dont nous avons parlé, il y reprit sa monture en se félicitant de l'heu. reux succès dont sa curiosité avoit été pa. yée. C'est

regret que nous ne pouvons pas le suivre dans la route , qui de l'autre côté de la montagne le conduisit jusqu'à Aci aujourd'hui Hagi, & lui fournit tant de nouveaux sujets d'ob/ervations de tout genre.

Nous ne doutons pas que du moins les Lexicographes n'aillent puiser dans cette source, de quoi suppléer aux maigres arti. cles qu'on trouve jusqu'ici sur l'Erna ou Mont Gibel, dans les Dictionnaires les mieux travaillés. Ils renvoient à Carrera, mais ils apprendront de M. D'ORVILLE à ne le pas faire sans restriction En examinant les spéculations & les calculs de cet Auteur, notre 1avant Voyageur démontre que le terrible Volcan étoit connu par ses éruptions, déjà près de cent ans ayant le Siège de Troye,

&

& que si Homère n'en fait aucune mention, c'est apparemment parce que de son temps il y avoit déjà bien des années

y qu'il étoit demeuré tranquille.

(17) A Jagi notre curieux Voyageur s'embarqua pour Tauromenium ou Tuor. mina , après avoir vu les trois anciens E. cueils des Cyclopes. On est souvent obligé dans cette route, de faire tirer les bar. ques le long de la côte comme dans nos canaux, mais au lieu d'y employer des chevaux, ce sont des vaches qui ont cette peine. Toute la côte est bordée de pierres brûleés qui attestent la force & les fureurs du Volcan dont nous venons de parler. L'Auteur qui ne comptoit ci-dessus dans toute la Sicile que trois bonnes auberges, en trou. va une excellente à Tuormina. Il s'amusa aux pieds du mont Taurus à voir les pauvres pêcheurs qui y habitent, attirer de nuit dans leurs filets à la lueur des feux qu'ils allument dans leurs bâteaux, les Sardines qui font leur nourriture & leur commerce. Tuormina n'est rien moins que considérable, cependant så fituation, l'ayant mis à couvert plus que bien d'autre villes des incursions des barba., res, on y trouve quelques beaux monumens que les desseins & les descriptions de notre Voyageur fontconnoître. Tel est entr'autres le magnifique Théatre que le temps y a

preka (17) Cáp XV.

presque entièrement épargné, théatre dont Brevall a donné de si faussés idées, mais que M. D'ORVILLE décrit avec tant de détail, d'exactitude, & de vrai savoir, que fion prend la peine d'étudier ce morceau en le comparant comme l’Auteur y invite avec ce que Montfaucon, Marti , & Maffei ont écrit sur les Theatres des Anciens, on ne sauroit manquer d'en remporter une connoissance très approfondie des monumens de ce genre. Outre ce Theatre, on voit à Tuormina les restes admirables d'un édifice que la plupart des Amateurs de l'Antiquité ont pris pour une Naumacbie, mais que notre habi. le Voyageur croit avoir été un Hippodrome. Les habitans d'une Ville élevée au bord de la mer sur une montagne, pouvoient aisément fe passer d'un Spectacle destiné à représenter un combat naval, au lieu que dans cet. te position une vaste enceinte consacrée à des courses de chevaux, ne pouvoit qu'offrir aux Tauroméniens un divertissement plus rare & plus singulier à leurs yeux. Des raisons tirées de la structure de l'édifice, dont au reste le temps n'a épargné que le côté occidental, confirment cette réflexion générale. Il se pourroit néanmoins à ce qu'il nous semble, que des aqueducs ménagés en cet endroit pour donner de l'eau à la ville, eufsent occasionné dans le même lieu la construction d'une Naumachie. Au reste iln'y a presque pas de maison ni de place à Tuor. mina , où l'on ne découvre quelques restes

plus plus ou moins remarquables des Ouvrages de ses anciens habitans; M. D'ORVILLE va jusqu'à assurer, qu'en aucune ville il n'en a vu en aussi grand nombre, qui fussent entiers & aussi bien conservés que dans celle la.

Il fit le chemin de Tuormina à Melline par terre, mauvaise route jusqu'à ce qu'on aît par. sé la petite ville d'Ali, où se trouvent des mines d'or apparemment peu abondantes, le village d'Italia renommé par ses vins, & le Cap Grolo. Delà à Melline on va de villages en villages, tous biens bàtis & opulens. Notre Voyageur y arriva le 260. Juillet au lever de l'aurore très fatigué, il s'en venge sur les mulets abominables qui cauferent ses peines, en leur appliquant une épigramme Grecque d'Automedon qui n'avoit jamais été publiée. Pendant une quinzaine de jours que M. D'ORVILLE fut obligé d'attendre à Melline pour repasser en Italie, il eut le plaisir de voir la pêche du Xiphias, qui se fait au har. pon dans cette saison sur les côtes de Sicile, & qu'il ne décrit pas sans y associer à l'élégance de son pinceau, des traits de cette éru. dition immense qu'il favoit répandre à propos sur les matières les plus leches.

Enfin le ge. d'Août il s'embarqua sur un Vaisseau qui mettoit à la voile pour Gallipoli, où il arriva heureusement le 16e. & d'où ayant pris la porte dès le lende. main, il alla terminer à Naples au bout de quatre jours, un Voyage dont la description Q3

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couvrira son nom de gloire, tant qu'il se con servera dans le monde savant quelque goût pour la solide érudition, & une juste admi. ration pour les grands hommes qui y ont excelle.

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NOUVELLES LITTERAIRES.

GRANDE BRETAGNE.

Ondres. Le Libraire fabnston vient de

dont les deux premiers ont vu le jour il y a long-temps (1), & qui a pour titre: Revelation examined with candour, &c. C'est-à-dire, Examen désinteresse de la Révélation , 04 re. cbercbes impartiales sur le Jens & l'usage des diverses Révélations , qui ont été données au genre burnain depuis la Création du monde, Jelon qu'on les trouve dans la Bible , soit exa pressément, soit par des conséquences légitimes. Par un Partisan d'une bonnête liberté de pen. ser en matière de Religion. On fait depuis long-temps que c'est au Docteur DELANY, qu'on est redevable de ce savant Ouvrage. Le Volume que ce Docteur, pour le moins

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(1) Le I. & JI. Volumes parurent dans les an. nées 1732 & 1733.

trouve des Extraits dans les Tomes II. & Ill, de la Bibliothèque Bria annique.

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