Page images
PDF
EPUB
[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

pas ce que promettait un titre aussi pompeux. mort en 1975. Il appartenait à la puissante tribu Livré sans réserve aux plaisirs, il ne s'occupa arabe des Béni-Zyadnéh, qui errait sur les bords nullement des affaires de son empire, et vit avec du Jourdain et du lac de Tibériade. Après la une parfaite indifférence les intrigues des cour- mort d'Omar, son père, dans les premières antisans de son palais, les incursions des Nor- nées du dix-huitième siècle, il partagea le commands de la Sicile sur les côtes de l'Afrique et mandement de sa tribu avec un oncle et deux les progrès des croisés en Syrie. L'an 548 de frères. La petite ville de Sapheth fut son dol'hégire, les Francs s'emparèrent d'Ascalon, et maine, et peu après il y ajouta Tiberiade. Assiégé des corsaires sortis des ports de Sicile débar- dans cette ville en 1742 par le pacha de Damas, quèrent sur la plage d'Égypte, mirent à feu et il eût saccombé si la mort ne l'eat délivré de son à sang la ville de Tennys, située au milieu du ennemi. Tranquille du côté des Ottomans, il se lac Menzaleh, et se retirèrent chargés de captif3 brouilla avec ses oncles et ses frères, les vainquit, et d'un butin immense. Pendant que les dissen- et les fit mettre à mort. Disposant de toutes les sions intérieures et les guerres étrangères hå- forces de sa tribu, il s'empara en 1749 d’Acre, qui taient la chute de la dynastie fathimite, Dhafer n'était alors qu'un misérable village, fortifia se livrait à la débauche. Parmi les victimes de cette place et en fit sa résidence. Il encouragea ses coupables plaisirs, on citait Nasr, fils du grand- l'agriculture, réprima les courses et les pillages vizir Abbas. Le père, irrité, poignarda le khalife des tribus arabes voisines , et parvint à rétablir et ses deux frères au milieu d'une fete. Il mit

la sdreté dans les campagnes. Les cultivateurs mula couronne sur la tête d'un enfant de cinq ans, sulmans et chrétiens vinrent de toute les parties de Issa, fils du prince assassiné.

la Syrie se réfugier auprès de Dhaher, sous la D'Herbelot, Biblioth, orientale. - Marcel, Égypte de- domination duquel ils trouvaient la sécurité et la puis la conquête des Arabes, dans l'Univers pittoresque.

tolérance religieuse. Parini les nouveaux venus DHAHER-LE-AZAZ-DYN-ILLAH, quatrième

on remarquait même une colonie de Grecs de l'ile khalife fathimite, fils de Hakem, né le 11 rama

de Chypre. D'autre part, Dhaher se fortifia par des dhan de l'an 395 de l'hégire (20 juin 1005 de

alliances avec les grandes tribus du désert, et l'ère chrétienne), mort l'an 427 de l'hégire (1037

s'attacha les Motewalis, sectaires musulmans des de l'ère chrétienne). Il s'appelait Aly-Abou-l

environs de Tyr, et les réconciliant avec les paHassan ; les assassins de son père le proclame

chas de Saïde et de Damas, il s'assura ainsi rent khalife en l'an 411 de l'hégire ( 1021 de l'ère

l'amitié d'une peuplade qui pouvait mettre dix chrétienne), sous le nom de Dhaher-le-Azaz-dyn

mille cavaliers sur pied. Ses enfants, auxquels il Illah (illustre par la gloire de la religion de

avait confié des gouvernements, n'imitant pas Dieu). Il occupa le trone d'Égypte sans faire

sa prudence, vexèrent leurs sujets et se dispuaucun acte digne d'être mentionné par l'histoire.On

tèrent à main armée. Le vieux chéik leur fit sait seulement qu'il fit punir de mort les meur- inutilement des reproches. La guerre éclata triers de Hakem, bien que ceux-ci eussent cru

même entre Dhaher et ses enfants, qui, croyant s'assurer l'impunité en le plaçant sur le trône.

leur vieux père près du terme de sa carrière, Il eut pour successeur son fils Maad-Abou-Te.

voulaient d'avance s'emparer de sa succession. myn, proclamé khalife sous le titre de Mostan

De son côté, la Porte s'inquiéta des accroisser-billah.

sements de Dhaher, qui ne craignit pas de D'Herbelot, Bibliothèque orientale. · Marcel, Égypte

demander vers 1768 les titres de chéik d'Acre, depuis la conquête des Arabes, dans l'Univers pitto

prince des princes, commandant de Nazareth, DHAHER-BILLAH, trente-cinquième khalife de Tibériade, de Sapheth, et chéik de toute la abasside, fils de Nasser, né en 1173, mort en

Galilée. Le divan y consentit; mais en même 1226. Il succéda à son père l'an 622 de l'hégire, temps il stimula secrètement les dissensions de (1225 de l'ère chrétienne). Aboulfaradje rap

la famille de Dhaher, et lui opposa des agents porte qu'on tira Dhaher-b-Illah de prison pour capables de l'arrêter, tels qu'Othman, pacha de le faire remonter sur le trône; et comme il était Damas et ses deux fils, nommés pachas de Trialors ågé de plus de cinquante ans, il dit à ceux poli et de Saïde. Othman fut battu par l'intré. qui vinrent le saluer khalife, que ce n'était pas pide Ali, fils de Dhaher, et cette victoire augl'usage d'ouvrir boutique après le soleil couché. menta la puissance du vieux chéik, qui s'associa C'était l'époque où les Mongols, sous les ordres aux projets d'indépendance du fameux mameluk de Djenghis Khan, conquéraient l'Asie. Content Ali-Bey. Celui-ci fit passer à Gaza en 1770 un de voir que l'invasion ne l'atteignait pas encore,

corps de mameluks, qui occupa Ramla et Lydda; Dhaher-billah n'essaya pas d'aller la com

et au mois de février 1771 son lieutenant Mo. battre. Il gouverna avec justice et fit bâtir un

hammed-Bey arriva en Palestine avec une arpont sur le Tigre à Bagdad. Il mourut après un mée considérable. Les troupes réunies d'Ali et règne de neuf mois et seize jours, et laissa le

de Dhaher battirent complétement le pacha de trone à son fils, Mostanser-billah.

Damas; et elles se seraient emparées de cette Alboulfaradje, Chronicon. — D'Herbelot, Bibliothèque place, si Mohammed-Bey, qui méditait le renverorientale.

sement de son général, n'eût repris subitement DHAHER, chéik de Palestine, né vers 1685, le chemin du Caire. Néanmoins Dhaher rem

resque.

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

encore

[ocr errors]

porta une nouvelle victoire sur le pacha de Da- en Syrie. Volney a donné un précis de l'histoire mas. La Porte lui offrit une paix très-avanta- de ce chéik; nous en avons reproduit les faits geuse; mais Ibrahim Sabbagh, chrétien, ministre principaux; nous en citerons aussi les dernières de Dhaber, espérant toujours qu'Ali-Bey vien- lignes, qui offrent un remarquable portrait de drait conquérir la Syrie, rejeta les propositions Dhaher. « Telle fut, dit Volney, la fin tragique de la Porte. Bientôt la nouvelle de l'expul- d'un homme digne à bien des égards d'un meilsion d’Ali par Mohammed - Bey vint désa- leur sort. Depuis longtemps la Syrie n'a point vu buser Ibrahim. Ali arriva en fugitif à Gaza. de commandant montrer un aussi grand caracDhaher donna l'hospitalité à Ali, et les deux tère. Dans les affaires militaires personne n'avait chefs remportèrent plusieurs victoires écla- plus de courage, d'activité, de sang-froid, de tantes sur les Turcs. Ali, trompé par les émis- ressources ; dans les affaires politiques, sa fran. saires de Mohammed-Bey, qui lui faisaient es

chise n'était pas même altérée par son ambition; pérer son rétablissement en Égypte, quitta il n'aimait que les moyens hardis et découverts; la Syrie en 1773; mais il périt bientôt vic- il préférait les dangers des combats aux ruses time d'une trahison. Dhaher obtint

des intrigues. L'opinion de sa justice avait établi quelques succès contre le fameux Abmed, sur

dans ses États une sécurité inconnue en Turquie; nommé Djezzar (Boucher), pacha de Beirouth;

elle n'était point troublée par la diversité des reil n'en fut pas moins contraint de traiter avec

ligions, il avait pour cet article la tolérance ou, les Turcs. Il fut convenu que Dhaher et ses en

si l'on veut, l'indifférence des Arabes-Bedouins; il fants mettraient bas les armes, qu'ils conserve

avait aussi conservé leur simplicité, leurs préjugés, raient le gouvernement de leur pays et que le

leurs goûts : sa table ne différait pas de celle d'un chéik payerait le tribut comme par le passé. Ces

riche fermier ; le luxe de ses vêtements ne s'épropositions arrêtées sans l'avis

des fils de Dha- tendait pas au delà de quelques pelisses, et jaher déterminèrent leur révolte. Sur ces entre. mais il ne porta de bijoux; toute sa dépense faites, Mohammed-Bey entra en Palestine ( 1775). consistait en juments de race, et il en a payé quelDhaber, abandonné de tous ses alliés, s'enfuit ques-unes jusqu'à 20,000 livres. Il aimait beaudans les montagnes avec son ministre Ibrahim, coup les femmes; mais en même temps il était et les mameloks s'emparèrent d’Acre. La mort

si jaloux de la décence des mœurs, qu'il avait subite de Mohammed remit Dhaher en posses

décerné peine de mort contre toute personne sion de cette ville. Il y fut bientôt assiégé par les surprise en flagrant délit de galanterie et contre Turcs. Le chef des Barbaresques qui étaient à la quiconque insulterait une femme; enfin, il avait solde de Dhaher fut d'avis qu'on achetat l'inaction saisi un milieu difficile à tenir entre la procigadu capitan-pacha , assurant qu'il était certain de lité et l'avarice : il était tout à la fois généreux le renvoyer, et même de s'en faire un ami, en et économe. » lui comptant deux mille bourses; mais le mi- Volney, Voyage en Égypte et en Syrie. · Munk, Pa

lestine, dans l'Univers pittoresque. nistre, par avarice, rejeta cet avis, et voulut

DHAHÉRY. Voy. KhalyL DHAIKÉRY. qu'on repoussât la force par la force. Dhaher

DAANANDJAYA, auteur d'un vocabulaire donna raison à son ministre, et accusa de tra. *

sanscrit intitulé : Nama-Måld. On a lui attribue hison le chef des Barbaresques. Celui-ci sortit à l'instant du conseil, et défendit à ses troupes de

aussi un ouvrage sur la littérature théâtrale , intitirer sur les Turcs. Dhaher voulut alors chercher

tulé Dasa-Roupaca. Il vivait dans le onzième siècle.

A. LANGLOIS. son salut dans la suite. Quoiqu'il fat alors âgé de

Recherches asiatiques, VII. - Wilson, Théâtre inquatre-vingt-dix ans, il monta à cheval, et cher

dien ; Dictionnaire sanscrit, are édition. cha à gagner la campagne; mais atteint dans les

* DHANVACA, poëte indien , pour un don de reins d'un coup de fusil que lui avait tiré un

cent mille roupies céda au prince Sri-Harcha la Barbaresque, il tomba de cheval. Les Barba

propriété du drame intitulé Ratnávali, qui a été resques accoururent aussitôt, et lui coupèrent la

traduit par M. Wilson, et publié en sanscrit à tête; elle fut portée au capitan-pacha, qui la fit

Calcutta,
1832.

A. L. saler, pour l'envoyer à Constantinople. Après la

Wilson, Theatre indien. mort de Dhaher, Djez.zar fut nommé pacha

* DHANWANTARI, écrivain indien, que l'on d'Acre et de Saïde, et reçut la mission d'exter

compte parmi les neuf perles de la cour de Viminer les enfants de Dhaher et d'achever la

cramaditya ou de Vihadja. On lui attribue le ruine des rebelles. Il se rendit maitre de trois fils du chéik, Othman, Séid et Ahmed. Ali ré

Nirghanta, un ouvrage sur la médecine, un autre sur la magie.

A. L. sista près d'une année, et ne succomba que par

Ward, A View of the History,' Literature and Myla trahison des Barbaresques, qui, sous prétexte thology of the Indoos, 1. de réclamer son appui, s'introduisirent auprès de DHARANI-DÂsa, brahmane de Canoge, aului, et l'assassinèrent. Le capitan-pacha fit égor- teur d'un vocabulaire qui porte son nom, Dhager Séid, Ahmed et leurs enfants. Othman fut

rani-Cocha, et d'un ouvrage poétique intitulé épargné en faveur de son talent pour la poésie, casi-Virouda-Vali.

A. L. et envoyé à Constantinople. Telle fut la fin de la Wilson, Dictionnaire sanscrit, qre édition. domination que Dhaher avait essayé de fonder * DAARMA, prédicateur bouddhiste, qui, en

[ocr errors]

*

[ocr errors]

TYPOGRAPUIE DE FIRMN DIOT FRÈRES, RUE JACOB,

PARIS.

36.

>

BIOGRAPHIE GÉNÉRALE

DEPUIS

LES TEMPS LES PLUS RECULÉS

JUSQU'A NOS JOURS,

AVEC LES RENSEIGNEMENTS BIBLIOGRAPHIQUES

KT L'INDICATION DES SOURCES A CONSULTER;

PUBLIÉE PAR

MM. FIRMIN DIDOT FRÈRES,

SOUS LA DIRECTION

DE M. LE D' HOEFER.

Tome Quatorzième.

PARIS,

FIRMIN DJDOT FRÈRES, ÉDITEURS,
IMPRIMEURS-LIBRAIRES DE L'INSTITUT DE FRANCE,

RUE JACOB,

56.

M DCCC LV.

Les éditeurs se réscrvent le droit de traduction et de reproduction à l'étranger.

[ocr errors][ocr errors]
« PreviousContinue »