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RODLE

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EN

SCANDINAVIE, EN LAPONIE,

AU SPITZBERG ET AUX FERÖE.

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GÉOLOGIE, MINÉRALOGIE, MÉTALLURGIE

ET CHIMIE.

OBSERVATIONS SUR LE PHÉNOMÈNE DILUVIEN DANS LE NORD DE L'EUROPE.

(Rapport fait à l'Institut de France par MM. ALEX. BRONGNIART et ÉLIE DE BEAUMONT, Rapporteur.)

« L'Académie nous a chargés, M. Alexandre Brongniart et moi, de lui rendre compte d'un Mémoire que M. Durocher lui a soumis dans la séance du 10 août 1840, sur le phénomène diluvien dans le nord de l'Europe.

« Les observations et les renseignements locaux qui font la base de ce travail ont été recueillis par M. Durocher en 1839 et dans les premiers mois de 1840, lorsqu'il voyageait comme membre de la Commission scientifique envoyée dans le nord de l'Europe.

« L'Académie se rappelle sans doute que, dans sa dernière campagne, cette Commission a visité d'abord

I. 5 DIV. Géologie. D.

1

les îles Feröe, puis le Spitzberg. Ensuite elle vint aborder sur les côtes septentrionales de la Laponie, où plusieurs de ses membres ont séjourné durant l'hiver. M. Durocher, qui avait suivi jusque-là le reste de la Commission, n'a pas prolongé son séjour aux environs d'Alten et de Hammerfest aussi longtemps que plusieurs autres de ses collègues. Il est parti avec M. Gaimard, au commencement de l'automne, pour se rendre à Saint-Pétersbourg, en traversant le plateau de la Laponie et ensuite toute la Finlande, où il a fait de nombreuses observations.

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L'exploration géologique de la Finlande lui a été facilitée, ainsi qu'il nous l'apprend dans son Mémoire, par l'avantage qu'il a eu d'avoir pour compagnon de voyage, durant presque tout le temps qu'il a passé dans ce pays, M. Albrecht, ingénieur des mines de Freyberg, qui s'y trouve chargé de la direction de diverses mines.

« M. Durocher a fait ensuite avec M. Gaimard, dans l'intérieur de la Russie et de la Pologne, puis dans le nord de l'Allemagne et en Danemark, un long circuit qui ne s'est terminé qu'au mois de juin 1840.

<<< Aucune des parties de ce voyage, de plus d'un an, n'a été inutile à M. Durocher, pour le Mémoire qui fait l'objet de notre rapport, et peu d'observateurs ont eu l'occasion d'étudier sur une aussi grande étendue qu'il a pu le faire, les phénomènes d'érosion et de transport dont le nord de l'Europe conserve l'empreinte. Il a traversé presque toutes les contrées qui en ont été le théâtre, il y a examiné avec soin toutes les circonstances qui lui ont paru avoir quelque relation avec ces

phénomènes, et il a ajouté à ses observations celles qu'ont bien voulu lui communiquer les géologues résidant dans les contrées qu'il a parcourues. Il a complété son travail en extrayant des descriptions locales un grand nombre de faits de détail, dont la vue, même rapide, des localités met toujours à même de mieux apprécier l'importance.

« L'ensemble de phénomènes d'érosion et de transport que M. Durocher décrit dans son Mémoire, a souvent été désigné sous le nom de diluvium du Nord, ou de diluvium scandinave. L'auteur conserve cette expression de diluvium, et il serait en effet difficile de bannir subitement de la science une locution consacrée par un aussi long usage; cependant, comme le mot de diluvium implique l'idée d'un mouvement des eaux, et comme, d'un autre côté, la théorie des phénomènes dont il s'agit est un objet de controverse, peut-être serait-il plus convenable d'employer des expressions qui ne fissent allusion qu'à des faits hors de contestation. Telle serait, par exemple, celle de terrain erratique, appliquée, à l'exemple de M. de Charpentier 1, au vaste dépôt dont font partie les blocs de roches. transportés loin de leur place originaire, qu'on nomme blocs erratiques. Peut-être même pourrait-on hasarder l'expression de phénomène erratique, pour désigner le phénomène ou l'ensemble de phénomènes qui a abouti au transport de ces blocs jusqu'à leur position actuelle.

'Essai sur les glaciers et sur le terrain erratique du bassin du Rhône.

« Ce phénomène, soit qu'on l'appelle diluvien ou erratique, ou qu'on lui donne quelque autre nom mieux approprié, est, sans contredit, un des plus remarquables dont la géologie nous ait révélé l'ancienne existence; c'est aussi un de ceux qui occupent le plus fortement aujourd'hui l'attention des géologues, excitée depuis longtemps par les mémorables observations de Saussure, de Pallas, de sir James Hall, de M. de Buch, et réveillée en dernier lieu par les efforts infatigables de MM. de Charpentier, Agassiz, Sefström et de plusieurs autres savants pleins de zèle et d'activité.

«< On distingue dans le vaste ensemble du phénomène erratique plusieurs circonstances plus ou moins complétement distinctes, telles que l'érosion, l'usure et le polissage des rochers, la production de volumineux déblais, leur dissémination sur une surface im

mense.

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L'érosion, qui a démantelé et usé les rochers, a laissé sur leur surface des sillons et des stries qui ont commencé depuis longtemps à attirer l'attention des

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Beaucoup d'observations importantes sont consignées dans les ouvrages publiés récemment par ces trois célèbres naturalistes, savoir :

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Notice sur la cause probable du transport des blocs erratiques de la Suisse; par M. J. de Charpentier, Ann. des Mines, 3o série, t. VIII (1835), p. 219. Essai sur les glaciers et le terrain erratique du bassin du Rhône; par M. de Charpentier; Lausanne, 1841. Études sur les glaciers; par M. Agassiz; Neuchâtel, 1840. Sur les sillons tracés à la surface des rochers de la Scandinavie; par M. Sefström. Annalen der Physik und Chemie von Poggendorff, t. XLIII, p. 533 (1838).

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