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d'après l'histoire du combat des apôtres écrite au 9e siècle par un certain Abdias, prétendu évêque de Babylone '.

Parmi les documens curieux qui enrichissent le 2e volume du dictionnaire des pélerinages, de MM. de Sivry et Champagnac, on remarque de nombreuses additions aux articles Notre Dame de Betharram, de Boulogne sur mer, de Lorette, des descriptions singulièrement détaillées sur les richesses liturgiques et monumentales de plusieurs belles églises telles que celles d'Alby, Angoulême, Autun, Bayeux, Beauvais, Besançon, Brioude, Brou si riche en sculptures, celles de Caen, Cahors, Cambray, Caudebec, Châlons-sur-Marne, Citeaux, Clairveaux, Cluny, Coutances, DourJan où se voit une figure singulière de la Trinité, celle de Saint-Emilion, de Florence (Voir colonne 1204), Fontrevault, Semur (en Bourgogne) Soissons, Tyr en Phénicie etc. etc.; les sculptures, les vitraux, les peintures et autres objets d'art chrétiens de ces monumens sont passés en revue avec une minutieuse attention.

Colonne 4284, on donne le calendrier majeur de Notre-Dame ou calendrier des fêtes de la Sainte-Vierge, où l'on trouve relatées à chaque jour de chaque mois toutes les légendes qui reproduisent quelques faits miraculeux du culte de la Sainte-Vierge. L'auteur les indique sans entrer dans l'examen critique de chaque légende et en prévient ses lecteurs. Tel qu'il est, ce travail est des plus curieux et renferme des particularités légendaires du plus grand intérêt pour les artistes chrétiens.

Colonne 1338, viennent les litaniès en l'honneur de sainte Philomène, dont le corps fut retrouvé en 1802.

Colonne 1340, on réproduit une prière Boudhique, qui représente assez le chapelet de l'église chrétienne. Ce document a été communiqué par un missionnaire lazariste. On en doit la traduction française au savant Klaproth qui l'a publié dans le journal asiatique (de mars 1831). Une dissertation sur la chute du paganisme en occident, et sur la substitution du christianisme à la mythologie grecque, occupe depuis la colonne 1341 jusqu'à celle 1351.

Quelques documens sur les vétemens ecclésiastiques de l'église grecque, se lisent colonne 1354 à 1352.

Le VII, colonne 1353, est consacré, à rendre compte de la lutte actuelle du principe musulman en Algérie contre l'envahissement de la civilisation moderne sous l'influence du christianisme; puis viennent des do

1 Voir les détails donnés par Baillet dans son discours sur l'Histoire des saints, § Iv; in-80, Paris 1701. Et l'extrait qui a été donné de cet auteur dans les Annales, t. xiv, p. 23. (3ɛ Série)

cuments sur la poésie arabe par M. S. Muns. Voir colonne 4378, S VIII.

Des aperçus historiques sur la religion musulmane font l'objet du § IX. Colonne 1384 à 1398.

Un dictionnaire des mots employés dans la religion musulmane par M. l'abbé Bertrand, termine les savans appendices de ce 2o volume, à la fin duquel se trouve une ample table de tous les articles contenus dans les 2 volumes du dictionnaire des pélerinages pieux, qui est sans exagération un des ouvrages les plus importans, qui se soit publié depuis long tems et qui ne peut manquer de faire honneur aux deux savans, à qui on le doit et au zèle infatigable de l'éditeur, qui a eu l'idée de cette belle publication conçue, entreprise et terminée sous l'influence de ce christianisme que des esprits prévenus, rétrécis et présomptueux veulent faire passer comme ennemi de la science et du véritable progrès.

En terminant ce compte rendu, nous hasarderons une observation, c'est que les détails donnés dans ce dictionnaire à l'occasion de divers musées, tels que ceux de Florence (col. 4201 et suiv.), de Rome (col 611) et quelques autres, nous semblent,malgré tout l'intérêt archéologique qu'ils comporteni, un hors d'œuvre un peu trop démesuré et surtout par trop païen dans un ouvrage, qui n'a pour but que de faire connaître des particularités pieuses, et propre à édifier les chrétiens. Tous ces détails de figures de dieux, de déesses, de nymphes, et tout ce qui se rattache à ces figures mythologiques, nous semble tant soit peu déplacé à propos de pélerinages de miracles, de légendes pieuses et de saints et de saintes, qui doivent avoir tous les honneurs du livre et ne pas le partager avec l'Olympe et la mytho logie des poètes du paganisme, qui ne manquent certainement pas d'historiens, d'apologistes, d'admirateurs passionnés et de livres qui en parlent: cuique suum, dit un auteur ancien.

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DE PHILOSOPHIE CHRÉTIENNE.

Numéro 24.-Septembre 1851.

Art chrétien.

ROME SOUTERRAINE,

OU

FRESQUES, MONUMENS, PEINTURES SUR VERRE,

INSCRIPTIONS, LAMPES, VASES

ET OBJETS DIVERS DES CIMETIÈRES DE rome.

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Importance pour la religion et l'art des monumens des catacombes. perfection des anciens dessins. Nécessité d'en avoir des représentations exactes. C'est ce que vient de faire M. Perret. Beautés des découvertes nouvelles, dont quelques unes sont comparables à celles des élèves de Phidias. Raisons qui obligent l'État à se charger de leur publi

cation.

Les journaux ont déjà parlé des importantes découvertes que vient de faire dans les catacombes un artiste chrétien, M. Perret. Nous les avons examinées nous même plusieurs fois, et elles ne sont point au dessous de leur réputation. Nous allons connaître enfin la physionomie des ornemens et des peintures des catacombes. Nous pourrons revenir un jour sur les preuves de notre foi que l'on pourra y trouver; nous nous bornerons aujourd'hui à consigner ici le beau rapport fait sur cette collection, par M. Vitet. Le voici tel qu'il se trouve dans le Moniteur du 22 juin dernier. A. B.

Rapport fait au nom de la Commission1 chargée de l'examen du projet de loi tendant à ouvrir au Ministre de l'intérieur, sur l'exercice de 1851, un crédit extraordinaire de 209,385 fr., pour être appliqué à la publication de RoME SOUTERRAINE, par M. Perret.

1 Cette Commission est composée de MM. de Mortemart, Rioust de LarIVe SÉRIE. —TOM. IV. N° 21. 1851 (43o vol. de la coll.) 11

MESSIEURS,

Chaque fois qu'en pays étranger, un grand travail, utile aux arts ou à la science, a été fait par des Français, la France n'a pas permis qu'on lui en disputât l'honneur, et s'est chargée, au besoin, d'en assurer elle-même la publication. C'est là une tradition suivie à toutes les époques, sous tous les gouvernemens, et l'esprit d'opposition lui. même, il faut lui rendre cette justice, l'a toujours acceptée de bonne grâce.

L'occasion se présente de vous y montrer fidèles. Un architecte de Lyon, M. Perret, pendant plus de cinq ans à Rome, s'est livré à des explorations vraiment fécondes, et l'ouvrage qui en est sorti répand sur les origines de l'art moderne de si vives lumières, que les artistes et le public demandent avec instance qu'il soit promptement mis au jour.

Ce n'est pas sur les monumens encore debout aux bords du Tibre, sur la Rome bâtie à ciel ouvert que M. Perret porté ses recherches; c'est dans ces vastes et profondes solitudes creusées, en dehors de la cité, sous cet autre grand désert qu'on appelle la campagne de Rome.

Déjà, vers la dernière moitié du 16° siècle, les catacombes romaines avaient été retrouvées, ou, pour mieux dire, explorées avec une ardeur inconnue jusque-là. On sait quels merveilleux trésors en furent alors extraits et pour la foi et pour l'archéologie. Le monde chrétien recueillit avec vénération ces pieux débris, devenus depuis l'ornement et la gloire des basiliques de la métropole catholique, le monde savant entreprit avec certitude une étude nouvelle du Christianisme à sa naissance, comme, deux siècles plus tard, il devait retrouver sous la cendre de Pompéï le Paganisme à son déclin. Cette première époque de ferveur scientifique produisit des ouvrages d'une forte et solide érudition, fondés sur des milliers d'inscriptions, de monumens ; de peintures représentant les usages, les mœurs, costumes, les symboles des premiers chrétiens. L'infatigable Bosio consacra trente années de sa vie à l'œuvre qui porte son nom, et cette gentaye, de Riancey, d'Olivier, de Montalembert, de Corcelle, Roussel, Soullié, Chapot, Estancelin, Lequien, de Maleville (Léon), Vitet, Dompierred'Hornoy.

les

œuvre, publiée seulement après sa mort, fut dignement continuée par des savans tels que Boldetti, Aringhi, Bottari, Buonarotti '.

Si donc il s'agissait aujourd'hui de nous faire pénétrer plus avant dans les catacombes, seulement pour fournir quelque aliment nouveau aux controverses dogmatiques ou religieuses, quelques jalons de plus à l'archéologie chrétienne, l'entreprise serait louable assurément et digne de nos sympathies, mais elle manquerait de nouveauté. Ce serait un appendice, un complément à des travaux déjà presque complets, ce ne serait pas une découverte.

Est-ce là ce qu'a fait M. Perret? Non; son œuvre n'est pas la con-tinuation pure et simple de l'œuvre de ses devanciers, Elle est conçue à un autre point de vue ; elle a son cachet original. Quoique descendu le dernier dans la mine, M. Perret a rencontré un filon encore vierge. Il s'est aperçu que le dogme et la science ne régnaient pas seuls dans ces immenses nécropoles, et que l'art, l'art pris dans sa plus haute acception, l'art inspiré, l'art créateur, y occupait une place que personne n'avait encore signalée.

En effet, les planches exécutées pour l'ouvrage de Bosio, planches dont Bottari s'est servi à son tour, sont gravées d'après des dessins d'une exactitude plus que suspecte. Elles sont toutes traitées dans cet esprit de convention et d'à peu près qui était la maladie des maîtres de cette époque, à plus forte raison des manœuvres. Ce sont, à vrai dire, des indications pour faciliter l'intelligence du texte, ce ne sont pas des traductions cherchant à exprimer et à faire sentir les formes des objets représentés.

1 Bien d'autres depuis deux siècles ont écrit sur les catacombes. Pour ne parler que de notre tems, nous pourrions citer Séroux d'Agincourt, M. Raoul Rochette, et un érudit Romain, assurément très-estimable, le P. Marchi, Ce dernier publie en ce moment une histoire des édifices chrétiens des premiers siècles, et se trouve naturellement conduit à remonter jusqu'aux catacombes. Nous avons sous les yeux ce qui a paru jusqu'ici de cette publication, et pour aller au-devant d'une objection qui pourrait être faite, nous devons dire qu'elle n'a pas la moindre analogie avec celle que prépare M. Perret. L'une est un livre d'érudition, l'autre une œuvre d'art. Dans l'une le texte est tout, et les planches, d'un format exigu, sont purement accessoires; dans l'autre, les planches sont loul, et le texte n'est qu'une description sommaire des objets représentés. (Note de M. Vitet.)

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