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dressées pour chaque patient, qu'on y attacha aussitôt. « Deux bour>> reaux, armés de coutelas,se placent aux deux côtés de chacune des » victimes, alors un roulement de tambour se fait entendre:..; il >> cesse...; les deux bourreaux saisissent les mamelles du patient, les >> coupent d'un seul coup, et jettent à terre ces lambeaux d'un demi » pied de long.... Le catéchiste, les yeux fixés sur le missionnaire, >> ne lui voit faire aucun mouvement. Les bourreaux le saisissent par » derrière, deux énormes morceaux de chair sont encore coupés.... » Le patient s'agite, sa vue se porte vers le ciel. On descend aux » jambes, deux lambeaux des gras de jambe tombent sous le fer.... » Alors la nature épuisée succombe, la tête s'incline, l'âme du con» fesseur s'envole au Ciel'.... » Quand il fut mort, on n'en continua moins l'exécution. de la sentence; un des bourreaux lui trancha la tête, et on lui partagea le corps en quatre morceaux. La tête fut jetée dans un vase rempli de chaux, renfermée dans une caisse et portée dans les provinces, où on l'exposa pendant quelque tems. Ensuite elle fut broyée et jetée à la mer ainsi que le corps l'avait été aussitôt après l'exécution. »

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Nous allons donner ici la liste des missions desservies par les prêtres des Missions étrangères, avec le nombre des vicaires apostoliques, des missionnaires anciens, ainsi que des missionnaires actuels, et des colléges qu'ils ont fondés et qu'ils dirigent. »

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MOINE. Saint Eusèbe de Verceil paraît être le premier moine élevé à l'épiscopat dans l'église d'Occident, puisque saint Ambroise dit de lui qu'il est le premier qui joignit à la vie épiscopale la vie monastique.

Les moines ont été, dès le commencement, élevés à la cléricature; et l'ordre monastique était, dès le 6° siècle, si essentiellement associé au clergé, que dans Grégoire de Tours les noms de clercs et de moines sont indistinctement pris l'un pour l'autre. Il y a quelque chose de mieux : c'est que, depuis le milieu du 8e siècle, le nom de monastère se communiqua à des églises séculières, et que nombre d'églises cathédrales sont appelées cœnobium et monasterium, soit parce que les moines s'introduisirent dans les cathédrales, soit parce que saint Chrodegand, évêque de Metz, et le Concile d'Aix-la-Chapelle, de l'an 816, firent des règles qui rendirent les chanoines réguliers, c'est-à-dire vivant en commun, sans néanmoins faire de vœux, comme font ceux que nous comprenons actuellement sous le nom de chanoines réguliers. L'usage des vœux solennels ne s'est introduit à l'égard de ces derniers, que dans le 11° siècle. Avant l'époque ci-dessus, c'est-à-dire avant le milieu du 8° siècle, le nom d'abbaye ou de monastère désigne constamment une communauté de moines; et il est très rare que le nom de monastère ait été donné à d'autres églises qu'à celles qui appartenaient véritablement à des moines. Dans les chartes d'Espagne des 10 et 11° siècles, on trouve l'expression singulière de Toga Monachorum, pour désigner une communauté de Moines 1.

De ce que la qualité de moines ne se trouve pas spécifiée dans les signatures des actes d'une maison, on n'en peut pas conclure que ce ne fut pas une communauté; car, jusqu'au 12° siècle, les bénédictins, par exemple, ne prirent presque jamais d'autre qualité que celle de l'ordre ecclésiastique auquel ils étaient promus ".

Les abbés et les moines commencèrent dès l'an 734 à souscrire comme témoins les actes de donation qu'on faisait à leur monastère : les donations se sont pourtant toujours faites au monastère 3, et non à 1 Perez, Dissert. ecel. p. 58.

2 Annal. Bened. t. 11, p. 148, t. xv, p. 326.-Juenin, Nouv. hist. de Touruus. part. 1, p. 91

3 Annal. Bened., t. 1, p. 273.

l'abbé en particulier. C'est une erreur des derniers tems qui a attribué quelques biens et les droits honorifiques des abbayes à l'abbé seul.

Les sociétés de prières et de bonnes œuvres étaient établies de monastère à monastère au 8° siècle '.

Quoique, dans le 10° siècle, les monastères et les moines se fussent considérablement multipliés, cependant, jusque dans le 11 siècle, les bénédictins et les ordres naissants de Cîteaux et des chanoines réguliers de saint Augustin vivaient avec tant d'édification, qu'elle leur concilia le respect et l'estime publique. Une confiance entière en leur probité avait porté la France et l'Espagne à les admettre comme témoins dans leurs propres causes, et à ajouter foi en justice aux notices privées qu'ils dressaient eux-mêmes des donations faites en leur faveur.

Dès le 9e siècle, l'empereur Louis le Débonnaire, frappé de la pureté de leurs mœurs, leur avait accordé un privilége, qui défendait à qui que ce fût d'obliger les abbés ou les moines à jurer; mais ce privilége ne fut plus admis aux 11o et 12° siècles 3. On trouve cependant jusque dans le 13° siècle, vers 1231, qu'ils étaient encore admis comme témoins dans leurs propres causes.

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Un acte de 1256 constate qu'un moine, avec la seule permission de son abbé et de son chapitre, pouvait quitter le monastère où il avait fait vœu de stabilité, et même passer dans un autre ordre.

Jusque dans le 14° siècle on conserva l'ancien usage d'offrir irrévocablement des enfants dans les monastères. On donnait le voile de la religion à des filles de huit ans. Le père ou la mère faisaient, pour et au nom de leurs enfans, les vœux requis, et l'enfant se trouvait lié pour toujours, pour ainsi dire, sans le savoir.

On trouve, dans le 12° siècle, des religieuses laïques : c'était apparemment des filles retirées, dans le goût des béguinages de Flandre, ou dans la forme des chanoinesses de Mons et de Maubeuge. MONASTERES. Voyez MOINES.

1 Epist. 14 et 84, inter Bonifacianas.

2 Duchesne, t. ш, p. 685.

• Voyez Faussaire, dans ce Dictionnaire.

4 De Re Dipl., p. 604.

5 Martene, ampliss. collect. t. 1, p. 1330.

Gall. Chrisl. t. vi, p. 131.

IV® SÉRIE. TOME IV. n° 19. 1851.—(43a vol. de la coll.) 4

MONITOIRES. C'est le pape Alexandre III qui introduisit, dans le 12e siècle, l'usage des monitoires, devenus si communs dans les derniers tems. Ils firent naître, à la fin de ce siècle et dans le suivant, une multitude d'actes d'une forme nouvelle. Avant ce pape, on séparait bien de la communion des fidèles ceux qui étaient tombés dans de grands crimes; mais jusqu'à son pontificat, on ne trouve point d'exemple qu'on ait obligé ceux qui avaient connaissance de quelque crime à venir le révéler sous peine d'excommunication. La première formule des monitoires, tels que nous les avons aujourd'hui, se trouve dans les Extravagantes de Jean XXII.

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MONNAIE. Lorsque le métal commença à être introduit dans le commerce, le poids seul et le degré de pureté en déterminaient la valeur; mais la nécessité de peser à chaque marché que l'on faisait la quantité d'or, d'argent ou d'autres métaux qu'on donnait en paiement, entraînait plusieurs inconvéniens auxquels il était aisé de remédier. « Il suffisait, dit Goguet, que chaque peuple fît imprimer sur chaque morceau de métal une marque, une empreinte qui en in>> diquât et en constatât la finesse et le poids. Il fallait aussi convenir » de certains termes pour exprimer ces différentes portions de mé>> taux destinés à servir de signes représentatifs des marchandises. » Telle a été l'origine de la monnaie. Mais il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, d'en déterminer l'époque. Si l'on en croit certains auteurs, cette invention appartient à des tems fort anciens. Ils disent que les Assyriens ont été les premiers qui se soient avisés de battre monnaie, quelque tems avant la naissance d'Abraham. Selon Hérodote, ce sont les Lydiens, et il paraît que cette découverte était fort ancienne chez ces peuples. D'autres écrivains rapportent l'origine de la monnaie au tems où Saturne et Janus régnaient en Italie, etc. A l'égard des livres saints, on trouve dans la Genèse quelques passages qui semblent marquer que l'usage de fixer la valeur des pièces de métal autrement que par le poids était connu dans ces contrées très anciennement. Moïse dit qu'Abimelech donna mille pièces d'argent à Abraham. Joseph fut vendu par ses frères à des marchands madianites la somme de vingt pièces d'argent. Il est dit aussi que ce patriarche fit présent à Benjamin de trois cents pièces d'argent...... Il est donc prouvé que, dès le tems de Jacob, l'art d'imprimer sur les

métaux certaines marques qui servissent à en faire connaître et en constater la valeur était connu et pratiqué dans quelques pays. Il paraît que les premières monnaies que les Grecs mirent dans le commerce n'étaient que de cuivre et sans marque, et que c'est à Phédon qu'on attribue l'invention des poids, des mesures et des monnaies frappées dans la Grèce. Les marbres d'Arundel fixent l'époque du règne de ce prince à l'an 142 avant la fondation de Rome. Comme il n'y avait aucune raison qui obligeât de les marquer des deux côtés, il est à présumer que, dans l'origine de la gravure des monnaies, on n'employa qu'un seul type et qu'une seule empreinte pour prévenir la fraude et leur donner un caractère légal. Mais l'art du monnayage s'étant perfectionné, on orna le deuxième côté des monnaies d'une tête ou de quelque autre symbole. Les Grecs mettaient sur ces pièces des hiéroglyphes énigmatiques qui étaient particuliers à chaque état ou province. Ceux de Delphes y représentaient un dauphin, les Athéniens une chouette, les Béotiens un Bacchus avec une grappe de raisin et une grande coupe, les Lacédémoniens un bouclier; ainsi des autres.

Les Romains, sous le règne de Romulus, ne firent, selon Festus, frapper aucune sorte de monnaie, ils en avaient cependant d'or et d'argent, mais elle leur venait d'Illyrie, et passait pour marchandise. Le roi Servius Tullius fut le premier qui fit frapper une monnaie de cuivre, sur laquelle il mit un boeuf ou une brebis, d'où est venu le mot pecunia, parce que ces sortes d'animaux étaient de ceux qu'on appelait pecus. Dans la suite, on y imprima une tête de Janus ou une femme armée, avec l'inscription Roma. Si l'on en croit Pline, l'argent ne commença à être monnayé que l'an de Rome 485; jusque-là le cuivre avait été, pour ainsi dire, la seule monnaie des Romains: et l'or ne fut mis en monnaie, à Rome, que 62 ans après qu'on eut commencé à y frapper l'argent.

La plus ancienne monnaie d'or connue en France, est celle que fit frapper Théodebert, roi de Metz, fils de Thierry, petit-fils de Clovis. En 805, la livre se trouva composée de vingt sous. Ce fut le roi Charle magne qui fit travailler dans une livre pesant d'argent, vingt pièces qu'il nomma sols, et dans un de ces sols, douze pièces qu'on nomma deniers; en sorte que la livre d'alors, comme celle qui existait avant le nouveau système de la monnaie, était composée de 240 deniers ; et

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