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DU

BIBLIOPHILE,

REVUE MENSUELLE

PUBLIÉE PAR J. TECHENER,

AVEC 17 CONCOURS

DE MM. L. BARBIER, CONSERVATEUR A LA BIBLIOTHÈQUE DU LOUVRE;
AP. BRIQUET; G. Brunet ; de ClinCHAMP, BIBLIOPHILE; V. Cousin, pe
L'ACADÉMIE FRANÇOISE; Desbarreaux-Bernard, bibliophile; A. DI-
NAUX; G. DUPLESSIS; A. ERNOUF, BIBLIOPHILE; FERDINAND-DENIS;
J. DE GAULLE; Ch. Giraud, de L'INSTITUT ; GRANGIER DE LA MARINIÈRE,
BIBLIOPHILE; B. HAUREAU, CONSERVATEUR A LA BIBLIOTHÈQUE NATIO-
NALE; J. LAMOUREUX; C. LEBER; LEROUX DE Lincy; P. de Malden
MONMERQUÉ; PAULIN PARIS, DE L'Institut; J. F. PAYEN; J PICHON;
PRÉSIDENT DE la Société des Bibliophiles fRANÇOIS; RATHERY, BIBLIO-
THÉCAIRE AU LOUVRE; ROUARD; Sainte-Beuve, DE L'ACADÉMIE FRAN-
çoise; Ch. WEISS; YEMENIZ,. DE LA SOCIÉTÉ DES BIBLIOPHILES FRAN-
çois; etc., etc.

CONTENANT DES NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES, PHILOLOGIQUES,
HISTORIQUES, littéraires, ET LE CATALOGUE RAISONNÉ
DES LIVRES de l'éditeur.

JANVIER.

DIXIÈME SÉRIE.

A PARIS,

J. TECHENER, LIBRAIRE,

PLACE DE LA COLONNADE DU Louvre, no 20.

BP 123.1

MÉLANGES DE LITTÉRATURE.

spective.

LETTRE de Mercier, abbé de Saint-Léger.

de Grosley.

de P. Laire

sur la Vte du duc de Lavallière, avec

la réponse

de M. Barbier, bibliothécaire de l'Em-

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pereur

de Ginguené, à M. Arnaud, de l'In-
stitut.

de Ch. Nodier (correspondance inédite).

VARIÉTÉS. SUR NICOLAS DE VILLEGAIGNON.

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Correspondance rétro-

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SUR LA PROPRIÉTÉ LITTÉRAIRE, PAR
FEU DE JOUY, de l'Académie..

Lettre au rédacteur, par Aug. Ber-

nard

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MÉLANGES

CORRESPONDANCE RETROSPECTIVE.

LETTRE DE L'ABBÉ DE SAINT-LEGER SUR LE MÉRITE DES ÉDITIONS DU XVe SIÈCLE, A M. M***.

La reconnoissance que je vous dois, Monsieur, pour l'annonce obligeante que vous avez bien voulu faire de mes Lettres sur différentes éditions du xve siècle ne sçauroit me faire garder le silence sur le préambule de votre extrait, et c'est à vousmêmes que j'adresse mes réflexions sur ce préambule, avec une franchise qui ne peut que vous être agréable. « Les curieux, dites-vous, semblent unanimement convenir de préférer les éditions dues à l'imprimerie dans son berceau, aux éditions récentes, quoique les plus soignées, et ceci n'est pas tout-à-fait une affaire de pure convention. Il est juste et naturel d'accueillir, de rechercher les productions d'un art naissant en raison de son importance pour les lettres.... Moins ces productions ont été multipliées, plus elles doivent être chères à ceux qui les possèdent; en les voyant, ils peuvent se rappeller avec plaisir un des plus beaux momens de l'esprit humain. » Seroit-ce donc, uniquement par amour pour les premières productions d'un art naissant, seroit-ce précisément à cause de la rareté de ces productions, que les gens sages, les curieux dignes de ce nom, recherchent les éditions du xv siècle? Non, M., non le goût des vrais amateurs est plus éclairé, plus solide, plus raisonné que vous ne le supposez ici. Si quelques amateurs n'estiment les premières éditions qu'à cause de leur

rareté et de leur ancienneté, les vrais littérateurs en ont un motif plus relevé : c'est le mérite intrinsèque de ces mêmes éditions, mérite qui leur donne plus de prix qu'aux éditions les plus récentes et les plus soignées quant à la partie typographique. Si vous aviez quelque doute là-dessus, je vous prierois de jetter les yeux sur mon Supplément à l'Histoire de l'imprimerie de Prosper Marchand, pag. 147 et suiv. de la deuxième édition de 1775. J'y prouve, par une multitude d'exemples auxquels il seroit facile d'en ajouter bien d'autres, que les premières éditions des auteurs sacrés et profanes, grecs et latins, sont souvent préférables aux plus récentes, à cause de la correction du texte; et mes preuves sont étayées du jugement des sçavants les plus distingués.

Une seule considération vous fera sentir le prix intrinsèque de ces premières éditions, et le degré d'estime qu'on ne peut leur refuser elles ont été données sur les manuscrits, avant que des éditeurs audacieux, sous prétexte de corriger les auteurs, eussent pris la licence d'altérer leurs textes, et de substituer ainsi leurs pensées à celles des écrivains de la Grèce et de l'Italie. Ce sont ces critiques téméraires qui ont défiguré les auteurs anciens au point qu'ils auroient eux-mêmes de la peine à se reconnoître dans les livres qui portent leurs noms; ce sont, dis-je, ces critiques qui donnent du prix et un prix très réel aux éditions antiques faites scrupuleusement sur les manuscrits, et qui mettent sous nos yeux les écrits des anciens, tels qu'ils sont sortis de leurs mains. Généralement parlant, ces premières éditions ont été tirées à petit nombre; on les a ensuite fait servir à la reliure des manuscrits, comme on avoit d'abord employé les manuscrits à relier les anciennes éditions. De là les uns et les autres sont devenus rares; mais, encore une fois, la rareté seule n'est pas ce qui nous fait rechercher avec tant d'activité ces éditions antiques; c'est leur mérite littéraire, leur valeur réelle quant à la correction des textes. Je sçais que ces premières éditions n'ont pas toutes ce mérite, et que l'on doit soigneusement distinguer celles qui

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