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6701 M5?

HISTOIRE GÉNÉRALE

DES PROVERBES,

DE L'IMPRIMERIE DE PLASSAN, RUE DE VAUGIRAND, N° 15,

DERRIÈRE L'opgon.

DES PROVERBES,

ADAGES,
SENTENCES, APOPHTHEGMES,

DÉRIVÉS

DES MOEURS, des USAGES, DE L'ESPRIT ET DE LA VORALE

DES PEUPLES ANCIENS ET MODERNES;

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D'UNE NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR LES POŜTES, LES MORALISTES ET LES PHILOSOPHES

LES PLUS CÉLÈBRES CITÉS DANS CET OUVRAGE, ET D'UNB TABLB DES MATIẾRES.

Sequi vestigia rerum.

PAR M. C. DE MÉRY,

CHEVALIER DE LA LÉGION-D'HONNBUR.

TOME PREMIER.

PARIS.

DELONGCHAMPS, LIBRAIRE-ÉDITEUR,

RUE HAUTEFEUILLE, N° 30.

1828.

imposante gravité, et dissimuler notre penchant, nous n'avons pas beaucoup dégénéré des anciens sur cet article. On ne peut donc les blâmer de s'être attachés de préférence à cette manière allégorique de faire goûter la vérité et la morale.

Rien n'est plus propre à réveiller la curiosité innée des hommes que le mystère ; il ne faut que leur laisser entrevoir qu'on leur cache une chose, pour exciter en eux une envie extrême de la connaître. Le voile mystérieux dont les anciens couvraient leurs instructions, donnait donc de l’empressement pour rechercher des vérités sur lesquelles on n'aurait seulement pas pensé à jeter les yeux, si elles se fussent offertes toutes nues. Cette méthode avait encore l'avantage de ménager la vanité trop susceptible des hommes qui n'aiment point le ton doctoral et de supériorité qu'on affecte à leur égard, parce qu'en leur montrant les objets trop à découvert, ils croient qu'on se défie de leurs lumières, ou qu'on veut se jouer de leur pénétration. L'allégorie, en outre, ouvre un champ vaste aux conjectures. L'esprit de l'homme se plaît souvent à errer dans le vague; mais, après bien des détours, et après avoir reconnu ses erreurs et ses illusions, il est obligé de rentrer dans le centre de la vérité. Tel est le long circuit que l'on a fait pour parvenir aux proverbes, qui sont des vérités quintessenciées, si je puis me servir de cette expression. On voit donc que les proverbes, puisque ce sont des vérités éprouvées tous les jours et à tous les instans de la vie, et exprimées en formules et en sentences, s'allient naturellement avec la morale, et qu'ils en sont les sommaires et les élémens. Ils tendent au même but que les principes de la morale; or, le but de la morale est d'éclairer l'homme et de le rendre meilleur. Les avantages que nous retirons de son étude sont la douceur des meurs, l'amour de la société, des règles de conduite, la modération dans les désirs, et la connaissance de la valeur réelle et précise des choses. La morale doit être la véritable étude des hommes, leur propre science, leur grande affaire, puisqu'ils sont intéressés à chercher leur souverain bien.

Il ne manque pas de livres de morale, je n'en disconviens pas; mais il y en a beaucoup dont l'austérité rebute et dont on ne peut profiter. Heureusement la semence que les anciens ont perdue en recueillant leurs moissons est souvent devenue aussi féconde, grâce à la nature et au temps, que celle que verse la main de l'homme dans le sein de la terre. Comme il est impossible à un même homme de tout observer à-la-fois, il est permis de recueillir ce qui a échappé à nos devanciers. De même que les peintres ont leur faire particulier pour représenter le même sujet, chaque observateur a aussi sa manière de voir et de rendre les objets de ses réflexions. C'est dans le rapprochement des mêmes pensées des peuples anciens

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