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Ce volume continue le sujet du précédent : il va montrer la papauté sous un autre aspect.

Le pape, en vertu de sa mission divine, est, en effet, le législateur suprême de l'Église. Comme souverain spirituel, il édicte des lois qui obligent tous ses sujets.

L'ensemble de ces lois, leur codification, forme ce qu'on nomme le Droit, avec une épithète appropriée à son origine ou à son but.

Le but général est de servir de règle de conduite au for extérieur, car le for intérieur est régi spécialement par la théologie. Aussi l'appelle-t-on communément Droit canonique.

Bon nombre d'auteurs préfèrent dire Droit papal, pour bien préciser l'autorité de qui il émane. Les Analecta juris pontifici, qui pendant de longues années s'imprimèrent à Rome, ont popularisé cette désignation je leur dois, en grande partie, ma vocation de canoniste, ébauchée, dès 1853, par l'assistance aux cours de droit civil et de droit canonique, à l'Université de la Sapience.

L'amitié et la reconnaissance me font un devoir de placer en tête de ces pages le nom de Ms Bouange, décédé évêque de Langres. J'eus la bonne fortune de le rencontrer à Rome en 1870, pendant la tenue du concile : il était alors protonotaire apostolique ad instar et vicaire général de Mer de Marguerie, évêque d'Autun, qu'il avait accompagné en qualité de théologien. Personne n'a plus goûté et apprécié mes travaux : il a su les récompenser avec un tact et une délicatesse qui m'ont touché profondément. Ses lettres et son diplôme, que je reproduis ici, témoignent à la fois de son estime et de sa sympathie.

Aurillac, le 28 juin 1877.

MONSEIGNEUR ET EXCELLENT AMI,

Que je vous suis reconnaissant du souvenir que vous avez eu la bonté de me conserver et de toutes vos affectueuses attentions pour moi! J'ai déjà lu une partie des ouvrages, si précieux, si intéressants, que vous m'avez offerts avec tant de bienveillance et je prendrai avec moi à Paris, où j'irai vers la fin de la semaine prochaine, votre petit manuel du Costume épiscopal.

T. IV

Resserrons le plus possible tous les liens qui peuvent nous unir à Rome; là se trouvent en toute chose via, veritas et vita, et, comme le disait le saint évêque de Lyon, dont nous célébrons aujourd'hui la fête : Ad hanc, propter potiorem principalitatem, necesse est omnem convenire Ecclesiam. Les détails même qui pourraient paraître les plus petits deviennent un acte de foi et d'amour, en cette grande cause de l'Unité. Vous avez donné votre cœur et vos labeurs à cette cause, très cher Monseigneur; vous êtes

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bien assuré de trouver un jour auprès de Dieu grande récompense. Soyez assuré que ce pauvre prêtre, qui fut si heureux de ses relations avec vous en 1870, qui est si heureux de les renouer aujourd'hui, est, lui aussi, tout Romain.

Priez bien pour moi, excellent ami. Vous savez quel besoin je vais avoir du secours de Dieu; il ne me reste maintenant qu'à m'abandonner à sa volonté et à sa grâce. J'ai cherché, mais en vain, à échapper au fardeau. Croyez-moi à toujours tout à vous de cœur.

BOUANGE, p. a., curé de St-Géraud.
Aurillac, le 22 juillet 1877.

MONSEIGNEUR ET EXCELLENT AMI,

Je reviens de Paris, où je m'étais rendu pour la profession de foi que je devais faire entre les mains de S. E. Mer le Nonce et pour diverses affaires. Je ne veux mettre aucun retard à vous remercier des deux ouvrages que vous avez eu la bonté de m'envoyer. Votre Guide aux églises de Rome et au Vatican me sera bien utile, l'année prochaine, où Dieu me donnera, je l'espère, la consolation, que je n'osais espérer, de revoir la cité sainte et de recevoir de nouveau là bénédiction du vicaire de J.-C., qui m'est devenue plus nécessaire que jamais. Ah! si je pouvais vous y retrouver, quel bonheur de m'entretenir de nouveau avec vous de tant de choses que vous savez si bien !

Veuillez agréer, Monseigneur et excellent ami, la nouvelle assurance de tous mes meilleurs sentiments.

BOUANGE, proton. ap., curé de St-Géraud.

Aurillac, le 30 août 1877.

MONSEIGNEUR ET TRÈS CHER AMI,

Vous ne cessez de penser à moi et je ne puis vous dire avec quel bonheur je lis ces pages, si pleines d'érudition, si intéressantes en toute manière, que vous avez écrites et écrites avec tant de charme. Nous sommes inondés aujourd'hui de tant de livres sans valeur, qu'on est vraiment heureux de voir des ecclésiastiques consacrer leurs talents et leur savoir à des œuvres vraiment sérieuses, à des recherches importantes, qui viennent faire suite aux grands travaux d'autrefois.

Je me recommande de nouveau à vos prières, Monseigneur et vénéré ami, et demeure à toujours votre tout dévoué.

BOUANGE, p. a., curé de St-Géraud.

Aurillac, le 23 novembre 1877.

Qu'il me tardait, mon bien cher Seigneur, de trouver un moment pour vous dire de nouveau combien je vous suis reconnaissant de vos attentions si dévouées et qui se renouvellent sans cesse! Voilà bien des semaines que j'ai cherché, mais en vain, ce moment.

Et ce pauvre évêque, sacré dimanche dernier, vient encore aujourd'hui vous demander d'ajouter une joie à toutes celles que lui a apportées votre tendre bienveillance; c'est de lui laisser inscrire votre nom parmi les noms des chanoines d'honneur de son chapitre et de venir, dès que vous le pourrez, occuper pendant quelques jours la stalle qu'il vous réserve à la cathédrale et l'appartement qu'il vous offrira à l'évêché.

Veuillez agréer, très cher Monseigneur, la nouvelle assurance de mon attachement le plus cordial.

GUILLAUME-MARIE-FRÉDÉRIC, évêque de Langres.

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ACTES PONTIFICAUX .

Les Actes pontificaux sont ceux que fait le Souverain Pontife, soit comme chef de l'Église, soit en qualité de Souverain temporel, et par lesquels il manifeste sa volonté. La collection des actes, sous le nom d'Acta, a commencé sous le pontificat de Pie IX; elle se continue sous celui de Léon XIII : c'est en quelque sorte l'histoire de l'Église par les documents officiels.

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Ces actes, considérés objectivement, suivant leur nature, se répartissent en trois catégories distinctes actes privés, actes publics, actes solennels. Chacun a son nom particulier. Tout dans l'Église romaine, mère et maîtresse des églises du monde entier, se fait avec ordre, méthode et tradition; rien n'est abandonné à la fantaisie et les noms eux-mêmes correspondent à autant de pensées et de formes diverses. Il faut avoir vécu à Rome et s'intéresser aux choses ecclésiastiques pour comprendre cette organisation spéciale et en connaitre la terminologie propre. Puisse cette étude de linguistique modifier la routine, qui s'impose en haut lieu et qui n'est plus acceptable de nos jours, où l'enseignement prend des allures essentiellement scientifiques!

L'expédition varie selon la forme ou l'importance des actes. Ils sont rédigés tantôt en latin, tantôt en italien, à l'aide de formules fixes, qu'on nomme style de la chancellerie.

Écrits d'ordinaire sur papier, ils le sont sur parchemin, quand c'est en forme solennelle. L'impression, comme pour les allocutions, édits et encycliques, en multiplie les exemplaires.

L'en-tête porte les armoiries et le nom du pape. L'authenticité est attestée par l'apposition de la signature et du sceau.

La signature n'est pas toujours celle du pape : souvent, elle est remplacée par celle d'un cardinal ou d'un prélat, faisant les fonc

1. Extrait de la Semaine religieuse du diocèse de Poitiers, 1890.

tions de préfet ou de secrétaire d'une congrégation et d'un tribunal.

Le sceau presque constamment armorié, avec ou sans exergue, est de trois sortes: plomb pour les bulles, timbre à l'encre rouge pour les brefs, cachet de cire pour les lettres, sceau plaqué sur pain à cacheter rouge pour les décrets et rescrits.

Les actes pontificaux, par cela même qu'ils sont obligatoires et ont un côté essentiellement pratique, doivent parvenir sûrement à la connaissance des intéressés. Pour cela deux modes sont employés, la promulgation et la publication, choses distinctes, quoi qu'en dise l'Académie, qui définit la « promulgation, publication des lois, faite avec les formes requises » et la «‹ publication, action par laquelle on rend une chose publique et notoire ».

La promulgation se fait avec ou sans solennité. Dans le premier cas, elle consiste dans la lecture de l'acte. Pie IX a lu, lui-même, à son trône, la définition du dogme de l'Immaculée Conception. Un notaire lit, en présence du cardinal, à sa prise de possession, la bulle qui lui assigne une église comme titre cardinalice. Le jubilé de l'année sainte est annoncé, à son de trompe, par les curseurs apostoliques aux portes des basiliques.

La publication officielle des actes solennels se fait par l'affichage à Rome en quatre endroits: aux portes des basiliques de Latran et de Saint-Pierre, au Champ de Flore et à la Chancellerie Apostolique 1.

Les autres actes sont affichés, non seulement aux mêmes lieux, mais aussi aux palais des cardinaux et à Monte Citorio, aux portes des églises, couvents et monuments publics.

Le Saint-Siège avait autrefois un organe officiel, le Giornale di Roma, qu'il a remplacé, depuis l'invasion, par un journal officieux. Les Acta Sanctæ Sedis, qui s'impriment à la Propagande, tiennent suffisamment au courant des actes principaux, émanés directement du Saint-Siège ou des congrégations romaines.

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Les actes privés sont au nombre de trois le billet, la lettre et l'oracle de vive voix.

1. OEuvres, t. III, p. 103, no 31.

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