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delot, ont été comme deux anneaux par où le Seigneur a fait d'abord couler la grâce de la vérité en Bretagne pour la réformation; exemple qui fut suivi par plusieurs autres grandes maisons de cette province.

En 1561, M. Louveau fut installé à la Roche-Bernard, où il fit sa première exhortation à son de cloche dans une chapelle nommée NotreDame, jusqu'en 1570, à diverses reprises, et fut le premier ministre de Bretagne qui eut la liberté de prêcher publiquement.

Le 10 jour de septembre, le premier synode de Bretagne se tint à Châteaubriant.

La ville de Ploërmel est la sixième de la province qui fut pourvue du saint ministère.

Trois mois après le premier synode tenu à Châteaubriant, un second se tint à Rennes au mois de décembre.

Tel est, en substance, le contenu du premier livre de l'Histoire de la réforme en Bretagne, et ce livre finit à l'an 1562.

DÉPARTEMENT DE L'INDRE.

M. de la Villegille, secrétaire du comité des chartes, chroniques et inscriptions, ayant visité les archives qui existent dans plusieurs localités du département de l'Indre, a adressé à M. le Ministre de l'Instruction publique le Rapport suivant, qui fait connaître l'origine et l'état actuel de ces dépôts historiques.

I. RAPPORT

ADRESSÉ

A M. LE MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE,

SUR L'ÉTAT DES ARCHIVES EXISTANT DANS LE DÉPARTEMENT DE L'indre.

1er décembre 1838.

Monsieur le Ministre, pendant la durée des vacances du comité des chartes, vous aviez bien voulu m'autoriser à visiter les archives du département de l'Indre. Je me suis empressé de répondre à la confiance que vous aviez daigné me témoigner, et je vais avoir l'honneur de vous rendre compte du résultat de mes recherches.

Il n'existe que deux dépôts de documents dans le département de l'Indre, et tous deux se trouvent à Châteauroux. Ce sont les archives de la préfecture, et celles du tribunal de première instance. La ville d'Issoudun possède aussi quelques titres, qui sont conservés à l'hôtel de ville. Je vous en entretiendrai à la fin de ce rapport.

Les archives départementales sont de création moderne; la partie antérieure à 1789, la seule qui ait fixé mon attention, doit son origine à la réunion des archives particulières des divers établissements religieux qui se trouvaient compris dans la circonscription actuelle du département, et qui furent supprimées lors de la révolution. Les archives tirées de cette source forment la fraction la plus considérable du dépôt de Châteauroux; cependant ce dépôt renferme aussi un certain nombre de titres provenant de quelques seigneuries séculières ou de maisons d'émigrés.

Malgré leur peu d'ancienneté, les archives du département ont déjà subi bien des vicissitudes. Reléguées primitivement dans les greniers de la préfecture, qui occupait alors le château des anciens princes de Déols, elles sont restées longtemps exposées à de nombreuses causes de destruction, sans que l'on prît aucun soin de leur dépouillement. Enfin on nomma un archiviste, qui s'attacha à mettre en ordre les papiers qui lui étaient confiés, et à en faire un catalogue. Mais ce travail est loin d'être complet, et ne peut être considéré que comme une ébauche de classement qui laisse presque tout à faire. Il n'a guère eu d'autre résultat que de répartir dans des liasses à peu près du même volume tous les actes concernant le même établissement, la même abbaye, etc. Aucun plan ne paraît avoir été suivi dans cette division; d'un autre côté, les indications portées au catalogue sur la nature des pièces que renferme chaque liasse sont beaucoup trop générales et beaucoup trop superficielles pour diriger utilement dans les recherches que l'on voudrait entreprendre. Quelques désignations se font aussi remarquer par leur bizarrerie: telles que l'expression pièce écrite en gaulois (ancien français), qui se trouve répétée en plusieurs endroits. Je n'ai pu découvrir quelle sorte de pièces l'auteur du catalogue avait

eue en vue.

Depuis que le préfet a quitté l'ancienne demeure des seigneurs de Châteauroux pour s'établir dans un hôtel construit à peu de distance, les archives sont placées dans un local plus convenable. On les a fait descendre du grenier où elles étaient entassées, et on les a déposées au premier étage. Elles y occupent une vaste salle de 12 mètres de long sur 8 de large, élevée de 7 mètres, et éclairée par six fenêtres de même

hauteur. Les murs de cette salle sont blanchis à la chaux, ainsi que les poutres du plafond; au centre se trouvent deux grandes armoires de 3 mètres d'élévation, entièrement isolées, et autour desquelles l'air circule librement. Chacune de ces armoires, longue de 850, et profonde d'un mètre, se divise en plusieurs cases garnies de rayons sur lesquels les liasses de titres sont disposées dans un ordre que j'indiquerai tout à l'heure.

Les archives n'ont pas gagné seulement sous le rapport du local. Leur nouveau gardien, M. le Maigre, déploie beaucoup de zèle et d'activité dans les fonctions qu'il a à remplir, et le conseil général vient tout récemment de lui donner une preuve de satisfaction en augmentant son traitement, et en le portant de 700 fr. à 1000 fr. M le Maigre met la plus grande obligeance à faire profiter les autres du fruit de ses recherches; et, pour mon compte personnel, je ne saurais trop le remercier de la complaisance avec laquelle il m'a fourni les renseignements que je lui ai demandés. Mais il est fàcheux que les besoins du service administratif forcent souvent d'avoir recours à lui pour remplir le rôle d'expéditionnaire. Ces fréquents dérangements ne lui laissent pas le temps nécessaire pour examiner à fond les papiers qui sont sous sa direction, et il en résulte qu'une certaine quantité de liasses de titres n'ont pas encore été visitées.

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Il était nécessaire, en plaçant les liasses de titres dans les armoires, de les ranger sur les rayons dans un ordre méthodique. Voici celui qui a été suivi par M. le Maigre.

Il a adopté premièrement la division par arrondissement. Tous les titres se trouvent donc partagés entre quatre grandes classes, savoir : 1° L'arrondissement de Châteauroux;

2° L'arrondissement du Blanc;
3° L'arrondissement d'Issoudun
4° L'arrondissement de la Châtre.

Chaque classe forme deux sections: la première comprend tous les établissements situés dans l'enceinte du chef-lieu; la seconde, tous ceux du reste de l'arrondissement. Ces deux sections se subdivisent ensuite l'une et l'autre en séries, dans lesquelles les archives sont placées suivant l'ordre alphabétique. Ces séries sont ainsi rangées :

"Les abbayes;

2o Les chapitres;

3o Les prieurés;

4o Les établissements publics de toute nature.

A la suite des archives religieuses viennent les archives civiles, qui se composent :

1° De titres relatifs à d'anciens fiefs;

2o De titres de biens séquestrés sur des émigrés ;

3o De minutes de notaires, relatives aux justices seigneuriales, aux droits féodaux, etc.

Je me conformerai à cet ordre de classement pour vous signaler, Monsieur le Ministre, les diverses sources d'où sont sorties les archives de la préfecture de l'Indre. Je regrette vivement de ne pouvoir vous donner à cet égard que des indications fort incomplètes; mais, ainsi que j'ai déjà eu l'honneur de vous le faire observer, le catalogue existant ne fournit aucun renseignement précis. Pour apprécier l'importance historique du dépôt formé à Châteauroux, il faut attendre qu'un dépouillement scrupuleux ait eu lieu, que l'on ait analysé séparément les pièces que contient chaque liasse. L'archiviste actuel a entrepris ce travail, qui exigera un temps considérable; jusqu'à ce qu'il l'ait terminé, ce n'est pas en ouvrant au hasard les liasses qui n'ont pas encore été visitées, que l'on peut espérer de faire des découvertes importantes. Cependant j'ai reconnu quelques pièces qui offrent un véritable intérêt, et que je mentionnerai dans la suite de ce rapport. Si j'ai obtenu ce résultat dans une rapide exploration, on est en droit de présumer que les archives de l'Indre renferment bon nombre de documents précieux pour l'histoire générale, ou au moins pour l'histoire particulière du bas Berri. Cette supposition se trouvera suffisamment justifiée, lorsqu'on considérera la position géographique de la contrée et le rôle important qu'elle a joué au moyen âge. En effet, la principauté Déoloise, devenue ensuite la baronnie de Châteauroux, était sur les confins de l'Aquitaine; et, au xir siècle, sa souveraineté fut la cause de sanglants démêlés entre Philippe-Auguste et Richard Coeur-de-Lion. Les archives de cette province recèlent probablement quelques actes émanés des souverains anglais de la fin du XII° siècle et du commence

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