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cartulaires de saint Hugues une Notice que l'on trouvera bien peu conforme aux renseignements contenus dans ce Rapport, surtout dans sa partie bibliographique; la raison en est simple, c'est qu'à l'époque où je la rédigeai, j'étais privé des documents dont je me sers aujourd'hui.

OBSERVATIONS DE L'ÉDITEUR DE CE VOLUME.

La copie du SECOND CARTULAIRE, indiquée à la note 4 de la page 292 ci-dessus, et qui est le n° 5215 de l'ancien fonds latin de la Bibliothèque Royale, ne provient pas du président de Harlay, mais bien de la collection de M. de Gaignières, donnée au Roi en l'année 17 11'. Il reste à savoir ce qu'est devenue la copie faite pour le président de Harlay, et s'il l'aurait cédée à M. de Gaignières.

Quant au PREMIER CARTULAIRE ORIGINAL dont l'évêché de Grenoble ne possède qu'une copie, et qui a échappé jusqu'ici à toutes les recherches (suprà, page 292), ce n'est pas sans quelque satisfaction que je me vois en état d'annoncer ici que ce cartulaire est sous mes yeux, qu'il appartient à la Bibliothèque Royale, et qu'il y est inscrit sous le n° 487 du fonds de Harlay, provenant de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés.

Il paraît donc que Chorier vendit aussi ce manuscrit au pre

mier président Achille de Harlay. Il est certain du moins que ce précieux et antique cartulaire de saint Hugues faisait partie de la bibliothèque de ce magistrat, lorsque, après sa mort, elle fut remise à l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, et ce manuscrit n'en est pas sorti depuis: or, le président mourut en 1712.

En l'année 1710, le savant Secousse était à peine reçu avocat; il vécut jusqu'en 1754: nous ne voyons donc pas comment un manuscrit qui appartenait, dès avant l'année 1712, à la biblio

1 On dit donnée pour se conformer au style du temps: François-Roger de Gaignières donna au Roi son admirable collection de livres, manuscrits, estampes, dessins, tableaux, cartes géographiques, etc.; et le Roi donna à M. de Gaignièrès: 1° la jouissance de son cabinet, 2o une somme en argent comptant, 3° une rente viagère, et 4o une autre somme d'argent à ses héritiers.

thèque de Harlay, où il était signé du n° 1653, et qui n'en est pas sorti depuis, a pu appartenir aussi à l'académicien Secousse, qui était jeune et inconnu à cette époque de 1712. Si donc, dans un temps quelconque de sa vie d'académicien (1722 à 1754), le docte Secousse eut dans ses mains le premier cartulaire original de saint Hugues de Grenoble, ce ne put être qu'à titre de prêt, le manuscrit n'ayant pas cessé d'appartenir à l'abbaye Saint-Germain. La tradition dit que ce fut l'évêque Jean de Caulet qui fit faire de ce cartulaire la copie qui existe encore aux archives de l'évêché de Grenoble, et ce prélat ne fut appelé au siége de Grenoble qu'en 1726. Il y a donc dans cette tradition, en ce qui concerne l'académicien Secousse, quelque inexactitude, quelques points à éclaircir. Car, d'un côté, il est certain que le premier cartulaire de saint Hugues entré dans la bibliothèque du président de Harlay avant l'année 1712, s'y trouve encore aujourd'hui; et de l'autre, on ne sait rien, dans l'intervalle de 1712 à 1754, qui permette de supposer, avec quelque vraisemblance, qu'il ait pu devenir, même temporairement, la propriété de notre académicien.

1

Nous ne pouvons nous dispenser d'ajouter à ces observations le signalement bibliographique de notre manuscrit.

C'est un volume petit in-folio, composé de 89 feuilles de parchemin d'un choix médiocre, ayant à la page 21 longues lignes réglées à la mine de plomb et pointées à la marge extérieure. L'ensemble du texte est écrit en encre noire qui s'est affaiblie, et les titres ou sommaires des pièces sont au vermillon. Les capitales initiales, en général romaines, perlées ou fleuronnées, et quelques-unes onciales, notamment les petites capitales, sont aussi en encre rouge. Le manuscrit entier paraît être de la même écriture, qui est une minuscule capétienne du commencement du xi siècle, grosse et massive, distincte, à queues et montants courts, tranchés les unes en diagonale, les seconds en talus et s'élargissant à leur sommet. Les abréviations ne sont pas très

nombreuses, et en général il y a une intention d'élégance calligraphique dans l'exécution de ce manuscrit.

Il se divise en neuf cahiers dont sept sont de cinq feuilles ou dix feuillets, un de six et un seul de quatre feuillets ou quaternion. Ces cahiers ont été chiffrés en signes arabes de 1 à 9 sur la marge inférieure et intérieure de la première page, à une époque moderne, vraisemblablement lorsqu'il fut modestement relié en carton, recouvert d'une feuille de parchemin blanc. Il en est de même de la numération ordinaire des feuillets de 1 à LXXXIX, en chiffres romains minuscules; elle est aussi du xvII° siècle : mais on trouve au verso de chaque cahier, à la marge inférieure vers la droite, des réclames de la même main que le corps du manuscrit, et elles prouvent qu'il nous est parvenu dans toute son intégrité. Le premier et les deux derniers feuillets sont restés en blanc1: ceux-ci sont néanmoins réglés comme tous les autres.

I

C'est au verso du premier que commence l'histoire de Chorier dans ses rapports avec les cartulaires de saint Hugues. On lit en effet, au haut de cette page, ces mots en trois lignes: Ex. lib. Nic. Chorerj J. C. Vienn. 1660; sur la page suivante, qui est aussi en blanc, cette autre annonce: Ex. lib. Ni. Chorerii J. C. Viennensis 1660, et au bas, la signature Chorier. En tournant le feuillet, on lit encore en tête de la page, en une seule ligne: Ex. lib. Nic. Chorerj J. C. Vienn. 1660, et la signature Chorier est aussi sur la page en regard.

Les marges du manuscrit ont des notules topographiques de la main de Chorier, et d'autres d'une écriture plus petite.

Quant au contenu du manuscrit, il n'y a rien à ajouter à l'excellente description que M. Olivier Jules en donne dans sa Notice; la copie de Grenoble est parfaitement conforme à l'ancien manuscrit. Il n'y a plus qu'à se féliciter de son heureuse conservation.

T

J. J. C. F.

Quelques pages aussi ; on trouve à la 74° un extrait de la Chronique de Novalaise; mais

cet extrait est d'une main moderne.

T. I.

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DÉPARTEMENT DE LA LOIRE-INFRE.

I. RAPPORT SUR LES DOCUMENTS INÉDITS

CONCERNANT L'histoire de france, qui se trouvent dans les diverses archives DU DÉPARTEMENT DE LA LOIRE-INFÉRIEURE;

PAR M. CHAPPLAIN,

ARCHIVISTE DU DÉPARTEMENT ET CORRESPONDANT DU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES, A NANTES.

22 mars 1835.

Les dépôts et archives indiqués dans l'état envoyé par Monsieur le Ministre de l'Instruction publique pour le département de la LoireInférieure, se trouvent pour la plupart réunis dans les vastes salles des archives de l'ancienne chambre des comptes de Bretagne (aujourd'hui de la préfecture). C'est donc dans cet immense dépôt, qui contient presque toutes les anciennes archives de la province de Bretagne, qu'il convient de rechercher tout d'abord les documents historiques inédits qu'il serait intéressant de publier. Nous allons passer en revue chacune des parties de ces archives, en indiquant les divers dépôts, établissements ou institutions auxquels elles appartiennent.

ARCHIVES DE LA PRÉFECTURE.

Le château de Nantes. C'est dans les archives de l'ancien château de Nantes qu'étaient déposés les titres et chartes des ducs de Bretagne, recueillis depuis le commencement du XII siècle jusqu'à la fin du xvi: documents précieux, non-seulement pour l'histoire de Bretagne, mais encore pour celle de la France et de l'Angleterre, et dans lesquels les historiens bretons, notamment Dom Lobineau et Dom Mo

rice, ont puisé avec succès. Cet important dépôt a été transporté dans les archives du département, et toutes les pièces renfermées dans des cassettes ont conservé le même ordre de classement indiqué par les historiens.

En comparant les titres cités dans les volumes de preuves de Dom Morice et de Dom Lobineau, avec ceux qui se trouvent dans les cassettes, j'ai reconnu que ces deux écrivains en avaient cité 300 à peu près, et qu'il en restait encore environ 3,000, dont un grand nombre de liasses, contenant beaucoup de pièces réunies sous un même titre, ce qui porterait à près de 4,000 le nombre des pièces inédites.

Toutes, à la vérité, ne sont pas également intéressantes; il en est qui concernent spécialement quelques anciennes familles de Bretagne; d'autres qui ont rapport à des faits bien connus, ou qui ne sont que des copies dont les originaux doivent se trouver dans les archives de la capitale ou des autres provinces. Mais en rejetant toutes ces pièces inutiles pour l'histoire ou déjà citées, on reconnaît qu'il reste encore bon nombre de documents dont la publication serait intéressante. Pour en donner une idée, je joins à ce Rapport une analyse des pièces inédites qui m'ont paru les plus importantes; parmi celles que j'ai laissées de côté, il y en a qui pourraient être jointes à cette collection.

Ces pièces, presque toutes en parchemin, sont dans un assez bon état de conservation; l'écriture de celles qui sont sur papier est beaucoup moins soignée et serait l'objet d'une étude longue et difficile.

Les historiens bretons paraissent avoir pris sur les manuscrits originaux la copie des titres cités; cependant, on trouve dans la Bibliothèque historique de la France, par le P. Lelong (nouvelle édition revue et corrigée, et considérablement augmentée par Fevret de Fontette, 5o volume), l'indication de deux manuscrits inédits comme suit :

1° Registre des divers titres, actes et mémoires copiés sur les originaux des archives du duché de Bretagne, qui sont dans le château de Nantes, touchant l'histoire de Bretagne, par les soins du sieur du Moulinet, à ce commis par le roi en 1683 et 1684, avec la table de

Cette analyse existe dans les cartons du ministère de l'Instruction publique.

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