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« baron san1 et discret monsengher en Guillem de Cadenet, cavallier et viguier de Marselha, et al noble et onrat conseilh de Marseilla, de nos « en Peire Jordan et en Peire de Jerusalem consols et de totz los mer« cadiers de Marselha, los cals son ara en Bogia, salutz et compliment « de fermeza d'amor.»

A la suite de cette pièce on a inséré la version, en langue vulgaire, d'une lettre en arabe que le rais Mahomet, fil de Jucef, fil de Lacat, écrivit aux consuls de Marseille, en même temps sans doute que les commerçants marseillais. Le registre où se trouve cette lettre est trèsendommagé par les vers, et l'écriture de la feuille où elle est copiée est fortement oblitérée. Je n'ai pu rétablir tout le texte de la pièce et comprendre son ensemble, mais on voit cependant que le rais parle d'une discussion agitée devant lui entre des commerçants de Marseille et lo gabelloc del vin2.

Le rais Mahomet termine sa lettre en disant aux consuls de Marseille qu'il ne manquera pas de les aviser de tout ce qu'il leur pourrait être utile de savoir. Cette promesse, et la demande des consuls de Bougie, à leurs compatriotes, d'une lettre de remercîments pour le rais, doivent faire espérer que l'on trouvera, dans les autres registres de la ville, la suite de cette correspondance ou des lettres semblables pour les temps postérieurs. Le dépouillement complet de ces registres mettrait au jour des documents d'un très-grand intérêt pour l'histoire de notre marine et de notre commerce au moyen âge sur la Méditerranée.

Les consuls de Bougie disent à leurs compatriotes que les exigences du roi à leur égard sont contraires aux franchises qui leur ont été accordées à l'accord, la paz, existant entre eux et le roi. Ruffi fait observer, sous l'année 1220, qu'un titre prouve que les Marseillais avaient à cette époque un camp, un fondaque ou quartier particulier, dans la ville de Bougie. C'est peut-être la paix qui est alléguée par les consuls. Je n'ai pu, dans mes recherches, retrouver cette charte de convention qu'il serait intéressant de connaître.

I Sav.

Il est ici question de vin exporté de Marseille et non de Bougie, comme le prouvent les statuts de Marseille.

Quoique les Marseillais eussent des consuls permanents à Bougie, le conseil de ville nommait souvent des consuls particuliers pour se rendre dans cette ville, et demeurer en fonctions pendant la traversée d'aller et de retour. J'ai pris copie d'un titre de l'année 1268 qui donne quelques détails sur une élection de consuls de ce genre: Hugues Borgonion, marchand de Marseille, nommé consul pour présent voyage qu'il va faire à Bougie sur la busse le Saint-Jacques, a toute juridiction sur les passagers, le viguier promettant de cônfirmer tous les jugements qu'il aura rendus selon les statuts et coutumes de Marseille. L'élection est faite par le viguier, au nom du roi de Sicile, comte de Provence, et de la commune de Marseille.

le

A côté des registres des délibérations du conseil se placent, par leur importance, le Livre rouge et le Livre noir, qui renferment les statuts et priviléges de Marseille..., et la copie des chartes relatives à la ville, du XIIe au XVIe siècle.

Les autres volumes ou registres importants de la commune sont les registres des jugements des tribunaux de Saint-Louis et de Saint-Lazare, de 1286 à 1491. -Les collections en feuilles des lettres originales adressées à la commune, de 1390 à la révolution. -- Les délibérations homologuées du conseil, conservées en portefeuilles, depuis 1539. — Les registres de la correspondance de la mairie, depuis 1640. Enfin, le greffe de l'écritoire, ou collection des procès-verbaux d'expertise d'immeubles, depuis l'année 1692 jusqu'à la révolution.

Le Livre noir est un volume in-f° de 300 folios environ, renfermant des actes du XIIe au XVIIe siècle intéressant la commune, qui ont été copiés à peu près aux temps mêmes où ils furent rédigés. Ce cartulaire, sans être aussi important que le Livre rouge, renferme cependant beaucoup de titres intéressants. Je l'ai parcouru en entier, et j'y ai pris la notice de trente-deux pièces qui m'ont paru devoir être signalées. Ce sont des priviléges particuliers, des affranchissements de péage ou d'autres droits territoriaux accordés aux Marseillais par les comtes de Provence (le privilége de 1218, émané de Raymond Béranger, accorde à Marseille le droit de battre monnaie), des titres concernant les droits réciproques de la ville et de quelques seigneurs de Provence, des déclarations des comtes de Provence portant que leurs officiers ne doi

vent point manquer d'observer les priviléges de la ville, des statuts ou autres actes concernant quelques corporations, etc.

Le Livre rouge est le livre des franchises, le principal registre des statuts et priviléges de la ville de Marseille. Il est plus connu sous la dénomination de chapitres de paix, Capitula pacis, nom des conventions stipulées réciproquement entre la ville de Marseille et les comtes de Provence. Ces traités n'occupent cependant que la dernière partie du volume; au commencement se trouvent les livres des statuts ou règlements arrêtés par la commune de Marseille vers le milieu du XIIIe siècle (Voy. fos 10, 60, 104). Ces statuts, comme tous les recueils d'ordonnances municipales du même temps, étaient le code général de la commune. Ils réglaient aussi bien les droits politiques que les droits civils, les questions judiciaires, commerciales et de police. C'était aussi un code rural et un code maritime, car on y trouve des arrêtés concernant les cultivateurs, les propriétés de la campagne, les animaux des champs, les obligations des navigateurs en mer et à leur retour à Marseille, les devoirs des consuls marseillais établis dans les comptoirs ou fondaques, en différentes villes des bords de la Méditerranée (Bougie et Ceuta notamment).

Les statuts ont été publiés dans le dernier siècle par François d'Aix, jurisconsulte. La fin du Livre rouge, qui me paraît inédit, renferme les chartes des priviléges des rois de Sicile, comtes de Provence; d'autres titres qui confirment, accroissent ou modifient ces concessions, quelques bulles des papes et des extraits de registres de la commune de Gênes intéressant la ville de Marseille. Voici le relevé exact des pièces qui s'y trouvent :

F 310. Deux priviléges de Charles II de Sicile, de l'année.... 1291. Fo 311. Privilége du même....

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Du f° 314 au fo 322. Huit priviléges de la reine Jeanne..

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Fo 323. Privilége de Jeanne..

1366

Fo 324 v° et 326, Deux priviléges de Louis et de Jeanne.. 1360 F° 327 v°. Privilége de Louis et de Jeanne..

...

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1355

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F° 349 v. Conventions entre Charles d'Anjou et les Génois.. 1262 Fo 352. Accords entre les comtes de Provence et la commune

de Gênes.

Fo 358. Bulle de Clément VII pour priviléges d'indulgences accordées à la Major ou cathédrale de Marseille. Mai....

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Fo 359 vo. Autre bulle pour Saint-Louis de Marseille. Mai.... 1382 Fo 360 v° 3°. Bulle pour l'abbaye de Saint-Victor. Mai.... ... 1382 Du fo 363 à la fin du volume « s'ensuit le poids, valleur, estimation « et juste équipollation que doist valloyr, poiser et équivaller le pain << tant blanc que moyen et brun. »

Les documents sur pièces volantes des archives de la ville de Marseille sont répartis dans un certain nombre de cartons que l'on a distingués en divisions, séries et catégories. Je n'ai pu reconnaître le plan de classification qu'on s'est proposé de suivre. Le titre le plus ancien, à la connaissance de M. l'archiviste, est une donation peu importante, de l'année 875. La majeure partie des chartes sont des xi, xive et xv siècles; beaucoup conservent encore leurs sceaux, et leur nombre total peut s'élever à 8 ou 9 mille.

J'ai parcouru entièrement les titres des cartons de la 2o et 3° catégorie, qu'un petit inventaire m'indiquait comme renfermant un assez grand nombre de chartes intéressantes, et j'y ai remarqué soixante-treize pièces dont j'ai écrit le sommaire sur autant de cartes. Le plus ancien de ces titres est de 1154 et le plus récent de 1644. Ce sont en général des chartes de franchises de la ville (par celle de 1154, le comte de Pro

vence maintient les Marseillais dans leurs droits et priviléges); des pactes entre la ville et les comtes de Provence, des traités entre la ville supérieure ou ville de l'évêque et la ville inférieure ou ville vice-comitale, des accords entre chacun des seigneurs particuliers de la ville et les habitants de leur juridiction, des pièces relatives à l'aliénation des droits ou juridictions que les évêques et les vicomtes de Marseille, les seigneurs de Baux, les abbés de Saint-Victor, et les autres seigneurs exerçaient sur certaines parties de la cité, les chartes de réunion des deux villes supérieure et inférieure, des titres concernant les officiers. municipaux et civils, les marchands, les pêcheurs, les crieurs publics, etc., etc.

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II.

M. JAUFFRET, bibliothécaire de la ville de Marseille, a composé une Notice historique sur l'ancien couvent des Bernardines, occupé aujourd'hui par la bibliothèque, le musée et le collége royal de cette ville. Cette Notice est déposée dans les archives des comités historiques, au ministère de l'instruction publique.

III. NOTICE DE QUELQUES DOCUMENTS HISTORIQUES

TIRÉS DES ARCHIVES DE LA VILLE D'ARLES;

PAR M. LAUGIER DE CHARTROUSE.

1125.16 des calendes d'octobre. Traité de paix entre Alphonse comte de Toulouse et de Saint-Gilles, et Raymond comte de Barcelone, son épouse Doulce, ses fils et filles, à raison des contestations relatives au château de Beaucaire et d'Argence.... tout le comté de Provence, etc. Copie en latin, sur papier ordinaire. Elle porte la date du 14 février 1455, et est faite d'après l'original en parchemin, faisant partie des archives d'Aix.

T. I.

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