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dique l'origine, l'organisation, successivement modifiée dans la forme et dans le but, et l'état réel vers la fin de l'année 1840.

On a vu que le Ministre et le Comité se proposaient, par la publication méthodique, en une collection bien ordonnée, des documents isolés recueillis dans les dépôts publics des départements et à la Bibliothèque Royale, d'abord de reconnaître et d'exciter à la fois le zèle de MM. les Correspondants, en répandant sans retard dans le monde savant les fruits de leurs actives et pénibles recherches, en excitant aussi la gratitude publique pour leur concours constant et désintéressé à l'œuvre nationale conçue par le gouvernement; et ensuite, de mettre en circulation les trésors historiques ensevelis jusque-là dans les volumineuses collections de pièces manuscrites de la Bibliothèque Royale.

Par une décision du Comité, à laquelle M. le Ministre donna son approbation, il fut réglé que les volumes de la Collection spéciale des documents isolés, seraient publiés à mesure que le nombre des matériaux recueillis, examinés, adoptés, pourrait le permettre, et que chaque volume, divisé en deux parties, renfermerait, dans la première partie, en entier ou par extrait, les Rapports, Notices, Inventaires ou Catalogues envoyés par MM. les Correspondants du Ministère, et relatifs aux collections publiques ou particulières qu'ils auraient été à portée d'explorer dans les départements. La seconde partie de chaque volume fut destinée à la reproduction textuelle des pièces historiques provenant de ces explorations provinciales et des collections de la Bibliothèque Royale.

Chargé de l'exécution de ces sages et utiles décisions, je me suis voué à leur succès. Les rapports, notices et inventaires qui sont parvenus au Ministère de l'Instruction publique depuis la création des travaux historiques jusqu'à la fin de l'année 1839, ont été réunis dans la première partie de ce volume. Pour leur insertion en entier ou par extrait, je n'ai été guidé que par

d.

l'intérêt réel des renseignements que ces pièces renfermaient, et je ne pouvais considérer comme remplissant cette condition nécessaire, que ceux de ces renseignements qui étaient ou d'un intérêt général pour l'histoire nationale, ou de quelque poids pour les annales de nos départements; les faits de premier ordre susceptibles de prendre une place utile dans l'histoire universelle de France, et les faits principaux, saillants, d'un effet durable dans l'histoire de chaque localité, m'ayant paru seuls mériter d'être recueillis dans le texte des nombreux mémoires destinés à prendre place dans ce premier volume. Toutefois, je me suis fait un devoir de n'omettre aucun de ces mémoires : le zèle bien méritoire de tous les correspondants m'en faisait un impérieux et un agréable devoir.

L'ordre alphabétique des départements a réglé la place de leurs ouvrages. J'y ai joint deux Catalogues de documents anciens concernant l'histoire de France et qui se trouvent aujourd'hui en Espagne et en Russie; je ne pouvais pas considérer ces catalogues comme superflus, ni de tels renseignements comme déplacés dans un recueil qui a pour objet d'indiquer l'existence des pièces qui touchent à nos annales nationales. Ces deux catalogues sont publiés sous le titre de Supplément aux notices et inventaires (page 459).

Pour la seconde partie de ce volume, il m'a fallu aussi choisir parmi d'abondants matériaux, et je n'ai pu le bien faire qu'en m'imposant quelques règles déjà éprouvées : et d'abord, celle de préférer les plus anciens documents, comme étant les plus rares, les plus curieux, quoiqu'ils ne soient pas toujours les plus authentiques ni les plus importants; ensuite, de donner quelque chose et quelque place à chaque siècle, jusques et y compris le xvio; enfin, de produire ces pièces dans leur ordre chronologique : ces mêmes règles me semblent bonnes pour tous les volumes.

Les Tables qui terminent celui-ci doivent rendre les recherches

faciles; l'index chronologique de tous les documents qui se trouvent textuellement reproduits dans la première et dans la seconde partie du volume, m'a paru lui donner, en ce point, l'unité si désirable dans un ouvrage aussi sérieux que celui-ci. La seconde Table est plus générale, et donne la nomenclature complète des matières de ce premier volume.

Toutes les pièces sont imprimées sous le nom de leurs auteurs pour la première partie, et de leurs éditeurs pour la seconde : c'était pour moi une religieuse obligation de me conformer aussi à cette autre règle. J'ai ajouté quelques notes à ces consciencieux labeurs: j'espère qu'elles ne nuiront point à leur mérite; j'ai signé toutes ces notes.

J'ai aussi fourni mon contingent à la seconde partie de ce volume je ne pouvais laisser échapper l'occasion qui m'était offerte, de dire quelque chose de nouveau de Charlemagne, du fidèle serviteur, du fidèle historien de saint Louis, enfin de Henri IV: ces trois grands rois sont bons à montrer partout; leurs noms et leur souvenir ne peuvent qu'honorer toutes les pages de nos annales, car leur renommée sera de tous les siècles.

Trois planches sont jointes à des textes reproduits dans ce volume; elles sont aussi des documents utiles à l'histoire.

Le second volume de notre collection est sous la presse depuis quelque temps. Il est composé sur le plan du premier: rien ne sera négligé afin que les voeux de M. le Ministre de l'Instruction publique et du Comité, pour la plus prochaine publication de ce nouveau volume, soient promptement accomplis.

J. J. CHAMPOLLION-FIGEAC.

1er octobre 1840.

NOTE

RELATIVE A UN PASSAGE DE LA PAGE XII, LIGNE 6: Collection des chartes des communes.

On lit ce qui suit dans le registre des procès-verbaux des séances du comité des travaux historiques près le ministère de l'Instruction publique :

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TROISIÈME SÉANCE, 11 octobre 1834.

M. Champollion a lu un rapport sur la collection à former des chartes des villes et des comIl a proposé de publier deux volumes de pièces de cette nature classées dans l'ordre chronologique.

munes.

M. le Ministre a fait sur ce rapport deux observations :

tout ce

« 1o Le plan de M. le Ministre est de donner à la collection projetée plus d'extension que ne l'indiquait le rapport; d'y comprendre, avec les chartes des villes et des communes, qui compose, pour ainsi dire, les constitutions primitives du tiers état de France, les actes et règlements des corporations de métiers, des confréries, jurandes et maîtrises, des faubourgs, etc;

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« 2° M. le Ministre se propose de confier à M. Augustin Thierry la direction générale de ce travail.

Mon plan était en effet moins étendu que celui de M. le Ministre (M. Guizot); et dans mon rapport, après avoir indiqué,

1o Le petit nombre des chartes de commune publiées dans le recueil des Ordonnances, comparativement avec le grand nombre de celles dont le texte existe encore, ce recueil ne devant renfermer que les chartes revêtues de la sanction royale;

2o La diversité, l'opposition même qu'on remarque parmi les savants, par exemple entre l'opinion de M. Secousse et celle de M. de Bréquigny, entre les jugements de ces deux académiciens et ceux qu'a prononcés plus récemment, plus librement encore, D. Brial au sujet

de l'origine, de l'ancienneté, de l'autorité de ces constitutions communales;

3o La quantité assez considérable de documents de ce genre, tous inédits, et écrits en latin, en langue romane du Midi, ou en français, que j'avais sous les yeux;

Je proposais deux sortes de classification : la première dans l'ordre chronologique, car pour les chartes de commune, plus encore que pour tout autre instrument historique, la date en est le véritable esprit ; elle révèle un progrès, une invention ou une imitation.

La seconde classification rangeait toutes ces chartes par familles : car on ne peut nier l'effet du voisinage des lieux, ni l'influence des exemples; les dates auraient signalé les chartesmères, et autour d'elles se seraient rangées leurs filles avec leurs perfections ou leurs défauts relatifs.

Mais un plus vaste édifice s'élève: le siècle a consacré, par les mœurs et par les lois, l'autorité des communes, et leurs efforts persévérants, pendant six longs siècles, ont posé les fondements de notre grande charte nationale. Il ne manquait aux communes de France qu'un digne et illustre historien. M. le Ministre de l'Instruction publique y a pourvu en désignant M. Augustin Thierry. Le public empressé va jouir des fruits de ses doctes recherches.

J.-J. C.-F.

ORDRE DES PLANCHES.

La Ire, Fac-simile d'un capitulaire de Charlemagne, doit être placée en regard de la page 474.

La II, Tombeau de Jean, sire de Joinville, en regard de la page 642.

La III, Vue du Château de Joinville, en regard de la page 644.

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