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L'HISTOIRE VERI-
TABLE DE LA GVERRE
DES GRECS, ET TROYANS,

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wa Escrite premierement ea Grec, par Dares de Phrygic :
depuis traduite en Latin, par Cornillc Nepueu:

& faite Françoise,
PAR CHARLES DE BOVRGVEVILLE,

DE CAEN.

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ELIAS Roy au Peleponeze, exet un frere nommé Ēfon, duquel estoit IaSon fils estiméfors vertueus:tellemêt qu'il estoit aimé, non seulemêt de ceux de Roger

aume mais außi des estrangers.Et comme le RoyPelias confidera Iafon eftre tant agreable au pessple, ayant crainte à ceste occafion de souffrir iniure, voire G qu'il le prinas de fons Royaume , il appea Iafon. par perfuafion luy fait entëdre qu'il y avait une Peaui on Toison d'or en Colchos: pour laquelle gaigner ou cóquerir il le cognoiffoit affez vertueux, busy faisant promesse de tout ce qu'il luy demanderai,silla gaignait apportoit.Iam fore qui estoit ieune, hardi euraillant, ego qui deferort vieair cognoistre tous pais, ayant entendu telle promesse, * außi prerogant Phonneur que ce lwy feroit de gaigner those tãtrare&eftimée, promift au Royfon oncle d'aller

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Bibliothèque Nationale ; mais la vue de cet exemplaire ne fit qu'augmenter les difficultés, et un examen attentif nous prouva qu'il était impossible d'en fixer la date.

Nous en avons fait reproduire le titre; et, si on l'examine jusqu'à la marque inclusivement, on ne trouve aucune différence avec le titre de l'édition de 1572, pour l'excellente raison que c'est exactement le même titre, annonçant des « effigies des Grecs et Troyens les plus signalez », que l'exemplaire de la Bibliothèque Nationale ne renferme pas et n'a jamais renfermées.

Mais, si l'on descend plus bas que la marque, audessous du mot Caen, on se trouve en face d'un large trou : une plume chargée d'encre a tenté d'effacer le nom de l'imprimeur, et cela, avec une telle énergie que le papier s'est trouvé déchiré, pas assez cependant pour qu'il ne soit encore possible de lire au commencement et à la fin de la ligne :

Par Be...

du Roy.

L'abbé de La Rue a donc bien lu, quand il a cru lire Benedic Macé. Mais c'est en lisant la date que

le savant abbé n'a pas prêté une attention suffisante.

On lit bien 1557, mais le premier 5 a été fait à la plume et intercalé après le 1; et, si l'on se reporte à la date qui se trouve au bas du titre de 1572, on remarque que la distance qui sépare les 3 premiers chiffres, 1 57, est la même dans les deux titres, ce qui amène à la conclusion suivante : le titre de l'exemplaire de la Bibliothèque Nationale est le même que celui de l'édition de 1572, mais, pour une raison que nous allons tâcher de découvrir, la date a été composée sauf le chiffre des dizaines.

Au recto du titre (Bibliothèque Nationale), se trouve une nouvelle preuve que nous sommes en présence du titre de 1572; nous avons en effet le même portrait avec la même date:

Anno 1570.
Suæ ætatis 64.

Voilà, dans tous les cas, qui nous prouve que le titre que nous avons sous les yeux, ne peut pas être de 1557, et qu'il n'est certainement pas antérieur à 1570.

Poursuivons l'examen de l'exemplaire de la Bibliothèque Nationale,

Les feuillets non chiffrés sont exactement semblables à ceux de notre édition de 1572 : même texte, même justification, mêmes pages com

mençant et finissant par les mêmes mots. Pour ces feuillets non chiffrés, notre conviction est que ce ne sont pas ceux qui se trouvaient dans cette première édition — s'il y en avait; — qu'ils ont été empruntés à un exemplaire de l'édition de 1572.

Mais où la différence existe - et alors absolument complète, c'est lorsque nous arrivons à la traduction elle-même, qui ne compte que 64 pages numérotées. D'abord, au point de vue typographique, ce ne sont pas du tout les mêmes caractères; l'exemplaire de la Bibliothèque Nationale étant imprimé en italiques, ainsi qu'on en peut juger par la reproduction de la première page que nous donnons

page

21. Puis, si l'on passe à l'examen du texte, on voit que la traduction a été complètement remaniée, la première étant presque ce que les collégiens appellent le « mot å mot ».

De plus, vers la fin, il existe de notables différences : immédiatement après les listes des Princes tués dans les deux partis, on trouve, p. 52, les épitaphes qui, dans l'édition de 1572, se trouvent après les « Discordances ». Le titre de ces épitaphes est le suivant, différent de celui de 1572:

« Les épitaphes d'Hector et d'Achille réduits de Carmes latins en vers François, ligne pour ligne et vers pour vers, par ledit de Bourgueville.

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