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D'UNE NOMBREUSE COLLECTION

DE LIVRES

EN TOUT GENRE,

RARE.SET

ET CURIE U X,

4

PROPRES A SATISFAIRE LES AMATEURS

ET A FOURNIR UNE PARTIE DE CE QUI MANQUE

AUX GRANDES

BIBLIOTHEQUE S

Lesquels fe vendront dans BERLIN par JEAN NEAULME
au commencement de l'Année 1764. & dont le jour
fera annoncé beaucoup d'avance par les Gazettes.

TOME

PREMIER

Contenant par Alphabet tous les Livres du format in
Octavo & in Douze, depuis la Lettre A juf
ques à L inclufivement.

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À AMSTERDAM & A BERLIN,

Chez J. NE A ULM E Libraires

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DU

LIBRAIRE.

avoir

la Librairie, il ne paroîtra pas étrange que je cherche à la quitter, afin de jouir de quelques jours de repos fi la mort n'y mêt pas obstacle.

Il y a longtems que j'aurois du me repofer. Je l'aurois fait fi je n'avois pas été plus malheureux que bien d'autres dans ma profeffion. Ce n'eft pas que je n'aye entrepris de magnifiques Ouvrages, & même avec beaucoup de fuccès; mais mes affociations, mes établissemens fleuriffans, ma grande confiance & les crédits à longs termes donnés à des gens crus très-folides; tout cela m'a été fi contraire, que je me fuis vu trompé, débufqué, & fruftré de tout, à plus d'une reprise; & ce n'eft qu'après tous ces événemens, que j'ai fenti combien il m'auroit été difficile de furmonter à mon âge de pareils obstacles, en continuant un train de Commerce fi peu folide pour moi, & qui le devient aujourd'hui pour toute la Librairie Françoife de la Hollande, par la mauvaise-foi qui y regne. L'on s'y contrefait impitoyablement les uns les autres au préjudice feul & au détriment des Honnêtes-gens. Pauvre Commerce fi honorable en foi-même, mais fi vilipandé & fi avili, fans protection que deviendrez-vous?

Je me fuis donc dit, que je devois chercher à former un autre Plan, pour me tirer mieux & avec plus de fuccès d'affaires, en ne dépendant plus que d'un Public judicieux, & de Moi-même. Ce Projet ne pouvoit cependant avoir lieu tout d'un coup. Il falloit fe débaraffer petit à petit, gagner du tems pour

en exécuter un autre & fubfifter en même tems. Je me fuis donc imaginé, que fi je raffemblois nombre de bons Livres, que je favois être utiles & néceffaires dans les grandes Bibliotheques, dans les Cabinets des Princes & des Amateurs. Livres d'ailleurs difficiles à trouver, Livres rares & curieux dans leur genre, je ferois plaifir à nombre de perfonnes. Je me fuis dit, l'Europe eft grande; il y a des Curieux & des Connoiffeurs par-tout & même en grand nombre; mais qui ne font pas tous à portée d'avoir les Livres qu'ils fouhaiteroient bien acquerir & qu'ils achetteroient, s'ils en trouvoient l'occasion. Je me fuis perfuadé que, fi je pouvois trouver des pccafions de bon marché en profiter & achetter ainfi de rencontre toutes fortes de bons Livres à des prix médiocres, de maniere que je puffe pour la plupart les propofer & les revendre à la moitié du prix qu'ils fe vendent pour l'ordinaire, le Public m'en fauroit gré, & que je m'en trouverois bien auffi.

J'ai jugé, que, quand même il y en auroit dans çe nombre plufieurs, qui introuvables d'ailleurs, fe. roient mis à toute leur jufte valeur, l'on ne feroit pas faché de les y trouver.

C'eft fur ce plan, que j'ai travaillé depuis une douzaine d'années; mais fur-tout pendant les fept dernieres de la guerre. Elles m'ont paru bien longues, d'autant plus qu'elles ont rétardé l'exécution de ce Projet & m'ont fait languir & perdre du temps & l'intérêt de ce Capital important; ce qui n'eft pas peu de chose.

J'ai cependant profité de cet intervalle, pour augmenter encore ma Collection, & je puis dire que je l'ai fait avec fuccès, bien au delà de mes forces, mais auffi par le fecours de mes Amis.

Je me fuis nonfeulement attaché à acquérir tout ce que j'ai pu de Livres anciens; mais même de

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