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>> autant qu'il pouvoit les contestations person» nelles (1) ».

RÉPONSE.

13. Tout est ici plein d'illusion. M. de Cambrai demeure d'accord d'avoir supprimé ce fait dans une seconde édition, et d'avoir voulu retirer les exemplaires de cette édition où il étoit énoncé n'est-ce pas là un désaveu assez formel? Mais ce prélat ne manque jamais de beaux prétextes; c'est, dit-il, la discrétion qui lui a fait supprimer les contestations personnelles. Cela seroit beau s'il étoit vrai : mais s'il avoit à supprimer quelque chose par discrétion sur les contestations personnelles, il auroit dû commencer par ces étranges paroles: « Le procédé de ces prélats » a été tel, que je ne pourrois espérer d'être cru >> en le racontant (2) ». Loin de retrancher ces paroles de la première édition, il encherit pardessus dans la seconde, en y ajoutant ces mots : « il est bon même d'en épargner la connoissance » au public (3) ». C'est ainsi que sa discrétion lui fait supprimer les contestations sur les faits.

14. Pour ce qui regarde M. de Chartres, dont il appelle à témoin la bonne foi, et une lettre écrite de sa part (4); qu'il se souvienne que ce prélat, après avoir témoigné tant d'étonnement de voir M. de Cambrai « donner sa première explication en la présence de Dieu, avec des » protestations si sérieuses qu'il n'avoit point eu

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(1) Rép. p. 138. Relat. 11. sect. n. 21. (2) Rép. à la Déclar 1.oo el 2.o édit. p. 6. — (3) 2.° édit. p. 6. — (4) Rép. p. 138.

» d'autres sentimens en faisant son livre, et s'en » départir cependant dans son Instruction pas» torale (1) » : M. de Chartres, dis-je, se sert de cet exemple pour nous prémunir contre les autres allégations de cet archevêque, en parlant ainsi : Jugez à « l'avenir des faits et des raisons qu'il » avancera contre nous pour défendre son livre, » par ce fait qu'il avoit donné comme incontes» table (2) ». C'en est assez contre un fait supprimé par son auteur.

15. Au reste, les expédiens que M. de Cambrai étale par un si long discours (3), n'étoient point recevables, et nous les avons réfutés dans la Relation (4). Tout aboutit à conclure que nous devions envoyer secrètement nos objections à Rome. Mais où est ici l'équité? Il veut bien nous prendre publiquement à garans de ses erreurs, dans l'Avertissement de son livre des Maximes (5): et il ne veut pas qu'il nous soit permis de rendre notre désaveu public? Chargés de ses fautes par un livre imprimé, nous ne pourrons y opposer que des Mémoires secrets? Notre silence n'eût-il pas été un consentement honteux à l'erreur qu'on nous imputoit? C'est néanmoins ce que M. de Cambrai nous reproche cent et cent fois comme une injure manifeste que nous lui faisons. Quelle cause ne soutiendra pas celui qui sait appuyer une si visible injustice?

(1) Lett. past. de M. de Chartres, p. 69, 79, (3) Rép. p. 138, 140, 141, etc. — (5) Ci-dessus, art. 1x, n. 21.

p. 119, 120. —

sect. n. 21.

80.

-

(2) Ibid.

(4) Relat. v11.

§. III. Sur les soumissions de M. de Cambrai dans ses deux lettres imprimées.

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M. DE CAMBRAI..

16. « Il paroissoit par mes deux lettres, l'une » datée du 3 août, et l'autre de quelques jours après, que M. de Meaux a lues imprimées, qu'en demandant au Pape à être instruit en dé» tail de peur de me tromper, je promettois de » me soumettre sans ombre de restriction, tant » pour le fait que pour le droit, quelque censure qu'il lui plût de faire de mon livre (1) ».

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RÉPONSE.

17. Je promettois, dit-il ( dans ces lettres), de me soumettre sans ombre de restriction. Je lui répète ce que j'ai dit dans la Relation (2) : « Que » vouloient donc dire ces mots de la lettre du » 3 août : Je demanderai seulement au Pape » qu'il ait la bonté de marquer précisément les » erreurs qu'il condamne, et les sens sur lesquels » il porte sa condamnation, afin que ma sou» mission soit sans restriction ». C'est donc clairement menacer l'Eglise de restriction, si le Pape ne prononce pas comme il le demande. Ainsi il donne le change lorsqu'il dit : « Selon M. de » Meaux, ce n'est être ni docile, ni sincère » de demander d'être instruit (3) ». Il me fait parler comme il veut. J'ai dit et je dis encore, que ce n'est pas être docile à l'instruction quand (1) Rép. p. 139. — (2) Relat. x. sect. n. 3.- (3) Rép. p. 140.

on menace de restrictions, si on manque de nous instruire à notre mode. Que peut-on croire d'un auteur qui se glorifie d'exclure jusqu'à l'ombre de la restriction dans les paroles où on lit la restriction toute claire ? J'espère qu'il fera mieux qu'il ne dit: mais enfin, voilà ce qu'il dit en termes formels. Il ne répond rien à cette objection: il ne répond rien à l'extrémité où je lui démontre qu'il ose réduire le Pape, en lui proposant l'impossible (1); c'est-à-dire, de déterminer tous les sens des esprits féconds en chicane. Enfin, loin de rétracter deux lettres si téméraires, comme je l'en avois averti (2), il les défend et les confirme; et il croit avoir satisfait à tout son devoir quand il vante après sa soumission absolue, sans rétracter ce qu'il a dit contre le respect, tant il veut accoutumer le monde, et le Pape même s'il pouvoit, à se contenter de belles paroles.

§. IV. Sur les explications.

M. DE CAMBRAI.

18. « Voici un moyen dont M. de Meaux se » sert pour se justifier sur le refus qu'on a fait » de mes explications: il dit que je ne faisois que » varier. C'est ce que M. de Chartres a entrepris » de prouver mais je ferai voir que ce prélat a

pris ce que l'Ecole appelle, argumentum ad » hominem, pour l'explication précise de mon » livre (3) ».

(1) Relat. x, sect. n. 3. — (1) Ibid. n. 5. — (3) Rép. p. 142.

RÉPONSE.

19. Le tour est nouveau: on pousse une explication dans toute sa suite, sans indiquer seulement qu'on en ait une autre; et quand on ne peut plus l'accorder avec ses autres discours, ni avec le livre qu'on veut excuser; tout d'un coup c'est un argument ad hominem. On peut tout dire à ce prix; mais cependant on s'enfonce de plus en plus dans la variation, puisque l'on varie même pour se défendre d'avoir varié.

M. DE CAMBRAI.

....

sup

20. << Mais supposons que j'aie varié : » posons, ce que je montrerai ailleurs n'être pas » vrai, qu'il y avoit des erreurs dans mes expli»cations: que s'ensuit-il de là? Qu'après m'a» voir montré ces erreurs, il falloit au moins me >> redresser (1) ».

RÉPONSE.

21. Que faisoit M. de Chartres par tant de réponses? Il n'y a qu'à lire tout ce qu'a fait, tout ce qu'a écrit ce digne prélat, ce docte théologien (2), pour ramener son ami. Et moi, que prétendois-je autre chose dans l'écrit du 15 juillet, lorsque l'invitant à la conférence je parlois en cette sorte (3): « Nous sommes prêts à lui faire » voir :

(1) Rép. p. 143. — (2) Lett. past. de M. de Chartres, p. 69, 70, etc.—(3) Premier Ecrit de M. de Meaux, n. 5, tom. xxvIII, p. 395.

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