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de saint Paul: Recevez celui qui est infirme dans la foi, sans dispute ni contention (1). C'est une insigne témérité de condamner cette conduite, qui au contraire me donne lieu de dire à M. de Cambrai, avec l'apôtre, dans une affaire de pure police ecclésiastique: Qui êtes-vous pour juger votre frère (2)?

13. A la signature, je ne fis que rédiger par écrit ce qu'elle m'exposoit de ses sentimens. Ainsi je lui laissai dire comme à une personne ignorante, mais docile, telle que je la croyois alors, « qu'elle n'avoit eu aucune intention de rien en» seigner contre la foi de l'Eglise ». Est-ce là un crime qui méritât d'être relevé par un archevêque, qui de dessein prémédité ne voudroit pas tourner tout contre un confrère innocent?' Eh bien, madame Guyon n'avoit pas un dessein formé d'écrire contre l'Eglise : c'étoit foiblesse : c'étoit ignorance: si l'on veut, je lui aidois quelquefois à s'expliquer dans les termes les plus conformes à ce qui me paroissoit être de son intention. M. de Cambrai appelle cela, dicter un acte; et il en conclut que j'autorise le sentiment que cette femme avoit d'elle-même. Mais un prélat exercé dans les procédures de cette sorte, devoit savoir le contraire, puisqu'après avoir écrit ce qu'elle vouloit, je ne fis que lui donner acte de sa déclaration, comme j'y étois obligé, et lui enjoindre en peu de mots ce qu'elle devoit croire et pratiquer. C'est ce qui paroîtroit par l'expédition

(1) Rom. XIV. I. — (2) Ibid. 4, 10.

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de l'acte, si M. de Cambrai l'avoit produite : pour moi je n'ai pas besoin de grossir un livre en transcrivant de longs actes, qu'on rapportera peut-être plus commodément ailleurs : quoi qu'il en soit, M. de Cambrai qui s'en veut servir contre moi, doit l'avoir, ou reconnoître qu'il m'accuse à tort.

14. En passant, on voit que cet archevêque éclairoit de près madame Guyon, pendant qu'elle étoit entre mes mains, et qu'elle lui rendoit bon compte de mes procédures; mais on va voir néanmoins qu'elle le trompoit, et qu'il vouloit se laisser tromper.

§. V. Autre témoignage tiré de moi-même,

M. DE CAMBRÁŤ.

15. « M. de Meaux lui dicta encore ces paroles » dans sa souscription à l'Ordonnance où il cen» suroit les livres de cette personne Je n'ai eu » aucune des erreurs expliquées dans ladite lettre

pastorale, ayant toujours intention d'écrire » dans un sens très-catholique, etc. Je suis dans » la dernière douleur que mon ignorance, et le » peu de connoissance des termes, m'en ait fait » mettre de condamnables (1) ».

RÉPONSE.

16. Tout cet endroit rapporté par M. de Cambrai, comme composant la déclaration de ma(1) Rep. à la Relat. ch. 1, p. 15.

dame Guyon, est inventé d'un bout à l'autre. Ce prélat en devoit produire l'expédition, s'il l'a en main, ou supprimer tout ceci s'il ne l'a pas, et ne pas faire dire à cette femme ce qu'elle ne dit point; ni insérer dans mon procès-verbal ce qui n'y fut jamais. M. de Cambrai demeure d'accord de la souscription de madame Guyon à l'Ordonnance où je censurois les livres de cette personne. Cette censure est publique et si, avant que d'en parler, M. de Cambrai avoit daigné la relire, il y auroit trouvé le Moyen court, la Règle des associés, et l'Interprétation du Cantique des Cantiques, expressément condamnés avec la Guide spirituelle de Molinos, en ces termes : lesquels livres, déjà notés par diverses censures, » nous condamnons d'abondant comme conte» nant une mauvaise doctrine, et toutes ou les » principales propositions ci-dessus par nous con» damnées dans les Articles susdits (1) », qui sont les xxxiv d'Issy. De cette sorte, M. de Cambrai étant convenu que madame Guyon avoit souscrit à la condamnation de ses livres, portée par cette censure, ne peut nier, sans une insigne infidé lité, qu'elle ne les ait condamnés comme contenant « une mauvaise doctrine, et toutes ou les

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principales propositions condamnées dans les » Articles d'Issy », qui aussi étoient insérés dans la censure, comme en faisant le fondement principal. J'ai rapporté en substance avec cette censure, l'acte où madame Guyon y souscrivit (2).

(1) Ordonnance du 16 avril 1695, tom. xxvи1, p. 12 et suiv, (2) Relat. 111. sect. n. 18.

Je l'aurois rapporté entier, s'il eût été nécessaire, et si l'on n'eût pas évité de grossir un livre, en y insérant de longs actes qui n'étoient pas contestés. Si à présent M. de Cambrai y ajoute ce qu'il lui plaît, ou il l'a vu dans l'acte même, et dans quelque expédition authentique; ou il ne l'a pas vu, et il le raconte à sa fantaisie sur la foi de madame Guyon ou de quelque autre. S'il l'avoit vu, il en auroit fait mention; il auroit produit la pièce dont il se sert: s'il n'a rien vu, comme il est certain, puisqu'il ne peut pas avoir vu ce qui n'est pas, il doit avouer que son amie ou quelque autre sur sa parole lui a menti, et qu'il adhère trop facilement à un mensonge évident, en alléguant un acte faux.

17. Par ce moyen, plus de la moitié de la Réponse tombe, puisqu'elle est fondée dans sa plus grande partie sur un acte inventé. Toutes les fois qu'on trouvera dans la Réponse de M. de Cambrai cet acte, où madame Guyon dit d'ellemême de si belles choses, c'est-à-dire cent et cent fois, car les redites ne sont pas épargnées) qu'on se souvienne qu'il est faux d'un bout à l'autre. Si l'on en doute, je le produirai avec tous les autres, mais en attendant et pour abréger, il suffit qu'on n'ait osé ni produire ni pas même mentionner, ni l'acte ni l'expédition, comme on a fait celle de l'attestation qu'on a tant vantée.

§. VI. Sur mon attestation, et sur celle de M. de Paris.

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18. « C'est sur ces déclarations de ses inten>>tions faites devant Dieu, et dictées par ce pré» lat, qu'il lui donna l'attestation suivante: Nous, évéque de Meaux, etc. (1)

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19. » M. l'archevêque de Paris a suivi la même » conduite, etc. (2) »

RÉPONSE.

20. Je défendrai donc tout ensemble par une seule et même raison la conduite de ce prélat et la mienne. Pour la mienne, elle consiste en deux choses: dont l'une est ce que je condamne dans madame Guyon; et l'autre est ce que j'y excuse: ce que j'y condamne est encore subdivisé en deux points, dont l'un regarde ses erreurs, et l'autre regarde sa conduite.

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21. Pour les erreurs, l'attestation porte: «< que je l'ai reçue aux sacremens au moyen des actes » qu'elle avoit signés devant moi ». Or ce qu'elle y avoit signé, c'étoit, comme l'avoue M. de Cambrai (3), la formelle condamnation de ses livres comme contenant « une mauvaise doctrine, et » toutes ou les principales propositions réprou» vées dans les articles d'Issy ».

22. S'il y avoit quelque erreur singulièrement

(1) Rép. à la Relat. ch. 1, p. 16.

- (2) Ibid. p. 17. — (3) Rép..

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