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L'ART

DE

VÉRIFIER LES DATES.

QUATRIÈME PARTIE.

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

DE

L'AMÉRIQUE,

PAR M. D. B. WARDEN,

Ancien Consul-Général des États-Unis d'Amérique, à Paris,
Membre de l'Académie Royale des Sciences, etc., etc.

TOME CINQUIÈME.

PARIS,

A.-J. DÉNAIN, LIBRAIRE,

RUE VIVIENNE, 46.

1832.

1

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BRÉSIL.

Le Brésil est situé entre le 4o dégré 20′ de latitude nord et le 33° dégré 55′ (1) de latitude sud, et entre les 37° 5' et 74° de longitude ouest de Paris. Il a plus de 950 lieues de longueur du nord au sud, et environ 925 de l'est à l'ouest. Il est baigné au nord-est et au sud-est, par, l'Océan Atlantique; au sud-ouest et à l'ouest, il confine avec la république Argentine et le Pérou; au nord-ouest, avec la Colombie; et au nord, il est séparé de la Guiane par le fleuve Oyapoc et des chaînes de montagnes. Cette vaste région renferme une surface de 256,986 lieues carrées (de 20)

(1) Depuis la création de l'État de Montévidéo, le point extrême au sud est placé sous ce parallèle: c'est la position de l'ancien marco de limite. On peut consulter la belle carte de l'Amérique méridionale, par M. Brué, géographe. Cette carte, dressée sur quatre grandes feuilles, présente les limites respectives de chaque État, et les sous-divisions en provinces ou districts.

XIII.

I

au dégré), ou environ les deux cinquièmes de la surface de l'Amérique méridionale.

M. de Humboldt a calculé la superficie du Brésil d'après des cartes manuscrites qui lui ont été communiquées par le gouvernement de Rio-Janéiro, en tirant, du nord au sud, une ligne par la rivière de Tucantins et en suivant le cours de l'Araguay, 40 lieues à l'ouest de Villaboa, vers le point où le Rio-Parana coupe le tropique du Capricorne, et divise le Brésil en deux parties. La plus occidentale, qui comprend les capitaineries du grand Para, du Rio-Négro et de Mato-Grosso, a 138,156 lieues carrées (de 20 au dégré), tandis que la partie orientale, comprenant les capitaineries des côtes, Minas-Geraes et Goyaz, a 118,830 lieues carrées. Ces évaluations sont conformes, dit M. de Humboldt, à celles d'un géographe très-distingué, M. Adrien Balbi (1), qui compte 2,250,000 milles carrés d'Italie (250,000 lieues carrées marines) pour tout l'empire brésilien, en excluant, comme je l'ai fait, la province Cisplatine et celle des Missions, à l'est de l'Uruguay (2).

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Contestation entre les Cours de Portugal et d'Espagne, concernant les limites de leurs possessions respectives. Vers le milieu du quinzième siècle, la couronne de Portugal, sous le règne de l'infant dom Henrique, commença à faire des découvertes sur la côte occidentale de l'Afrique depuis les caps de Boxador et de Non, vers la côte de Guinée, et plus loin vers le sud, ainsi qu'il est reconnu et étapar la bulle du pape Nicolas V, en date du 8 juin 1454, qui octroya à domn Henrique la conquête de toutes les mers, terres et îles du côté de l'orient et du midi. Calixte III confirma cette bulle, le 15 mars 1456, en accordant au même Infant la promotion à tous les bénéfices ecclésiasti ques desdites terres découvertes. Sixte IV confirma plus amplement les priviléges accordés par ses prédécesseurs, par sa bulle du 21 juin 1481, en réservant les îles Canaries pour les rois catholiques, d'après le traité fait entre les deux

couronnes.

L'Amérique ayant été découverte par Cristoval Colon pour la couronne de Castille, le pape Alexandre V1 expédia

(1) Essai statistique sur le Portugal, tome II, p. 229.

(2) Relation historique de M. de Humboldt, tome III, ch. 26, et note B.....

deux bulles, le 2 et 3 mai 1493, pour limiter les nouvelles pos sessions espagnoles dans l'Océan, vers l'ouest, et les séparer de celles des Portugais, vers l'est, par un méridien passant d'un pôle à l'autre, à 100 lieues ouest de l'une des îles du cap Vert (1), déclarant que cet arrangement ne préjudicierait en rien aux concessions pontificales faites à la couronne de Portugal, d'après lesquelles ses conquêtes étaient reconnues dans l'espace de ces 100 lieues (2). Il fut convenu que ce méridien, appelé linea de concession, passerait par la plus occidentale desdites îles, nommées S.-Antonio, mais il ne fut pas stipulé quelle espèce de lieues serait adoptée, de celles dites légales de Castille, de 26 et demie au dégré, ou des lieues marines, de 20 au dégré, ou des lieues portugaises, de 17 et demie au dégré. En calculant par ces dernières, sa différence eût été de 580 lieues au lieu de 370.

Le roi doni Joao II de Portugal ayant adressé des plaintes à la couronne de Castille sur cette décision, un arrangement fut signé par ces deux puissances, par lequel elles consentaient à ce que la ligne de démarcation fût reculée 270 lieues plus loin vers l'occident, et que le droit de découverte et de conquête du côté de l'orient appartiendrait toujours au roi de Portugal; et du côté de l'ouest, aux rois de Castille (3).

Ce traité mémorable fut solennellement ratifié à Tordésillas, le 7 juin 1493, et approuvé par le roi d'Espagne, le 2 juillet suivant; et par le roi de Portugal, le 27 février 1494. Ils se soumettaient tous deux, en cas de contravention, aux plus sévères censures de la part du saintpère. La copie de ce traité, signé par dom Juan II, fut apportée à la ville de Sétubal, en Castille, le 5 septembre de la même année.

Par suite de cet arrangement, chacune des deux puissances consentit à envoyer quatre embarcations, avec des

(1) Herrera, décad. I, lib. II, cap. 4.

Quæ linea distat à qualibet insularum quæ vulgariter nuncupantur de los Azores et cabo Verde versùs occidentem, etc.

(2) François I ayant eu connaissance de cet arrangement dit : Je voudrais bien qu'on me montrât l'article du testament d'Adam qui partage le Nouveau-Monde entre mes frères, l'empereur Charles V et le roi de Portugal, en m'excluant de la succession. (3) Herrera, décad. I, lib. II, cap. 10.— Muñoz, lib. IV,

cap. 29.

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