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claris mulieribus , in-fol., imprimé à Ulm, en 1473, ou le Compendium veritatis d'Albert-le-Grand, qui lui paraît avoir été publié la même année.

Avant Marolles , Chevillier, dans son histoire de l'imprimerie; Meerman et Lair, dans son Specimen, n'avaient fait remonter l'usage des chiffres qu'en 1477, et l'avaient attribué à Ulric Gering. MM. La Serna et Fischer ont prouvé que dès 1471, un imprimeur de Cologne, nommé Arnold Ther Hoernen, s'en est servi dans l'ouvrage du chartreux Hadrian, intitulé : De remediis utriusque fortunæ, in-4°, qu'on ne doit pas confondre avec celui de Pétrarque, portant le même titre. Mais cet ouvrage n'a plus l’antériorité pour les chiffres depuis qu'on en a trouvé un autre du même imprimeur , publié à Cologne en 1470. Il est intitulé : Sermo prædicabilis in festo præsentationis beatissimæ Mariæ per impressionem multiplicatus, sub hoc currente anno M° CCCC LXX°. C'est un petit in- qui n'est composé que de 12 feuillets, de 27 lignes à la page. On peut donc le regarder comme le premier livre connu portant des chiffres aux pages; c'est aussi le premier ouvrage sorti des presses de Hoernen. Quelque temps après, Léonard Holl, de Ulm, perfectionna la forme de ces chiffres dans sa belle édition de la Géographie de Ptolomée , publiée en 1482. Enfin les chiffres arabes reçurent la dernière forme qu'ils ont aujourd'hui de Widman et Kacheloffen, de Leipsick , qui en gravèrent les types en 1489. Toutefois on quitta ensuite , pendant quelque temps, l'usage de ces chiffres dans l'imprimerie pour prendre des chiffres romains; mais la mode de ceux-ci ne fut pas de longue durée.

On nomme signatures en typographie les lettres de l'alphabet que l'on met au bas des pages recto , c'est-à-dire qui sont à droite, an-dessous de la dernière ligne , pour faire connaître l'ordre des cahiers et des pages qui les composent, et par conséquent faciliter le travail des relieurs. S'il y a plus de cahiers que de lettres , on multiplie l'alphabet par ininus

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cules, ensuite de la majuscule, autant de fois qu'il est nécessaire. Quelques imprimeurs emploient maintenant pour signatures, des chiffres au lieu de lettres; et quant aux chiffres qui indiquent l'ordre des feuillets dans chaque cahier, ils les placent près de la marge interne.

Middleton, dans sa dissertation sur l'origine de l'imprimerie en Angleterre, publiée en 1734, en attribue le premier usage à Jean de Cologne , imprimeur à Venise , qui s'en servit en 1474, dans ses éditions de Balde sur le Code, du commentaire de Calderin sur Martial, de Valère-Maxime, etc. Le P. Laire, MM. La Serna Santader, G. Fischer, ont prouvé que Jean Koëlhoff de Lubeck les avait déjà employées dans le Præceptorium divinæ legis de Jean Nider', imprimé à Cologne en 1472, in-fol. Enfin M. Peignot , dans son dictionnaire raisonné de bibliologie , en fait remonter l'usage jusqu'aux impressions d'Ulric Gering, en 1470.

La réclame est le mot qui se trouve au bas de la page verso, et qui est le même que celui qui commence la page suivante. La réclanie ne se place ordinairement qu'à la fin de chaque cahier, quand la feuille est partagée en plusieurs cahiers, mais toujours au bas de la dernière page de la feuille. La réclame facilite le travail du relieur et sert à rectifier les erreurs qui pourraient se trouver dans les signatures.

L'origine des réclames vient des anciens manuscrits, où il s'en trouve souvent pour faciliter l'assemblage des divers cahiers qui les forment. Le premier usage qu'on en ait fait en imprimerie, est dans le Tacite publié à Venise, par Vendelin de Spire, sans date, mais qui est de 1469 ou 1470. Toutefois l'abbé de Rive, en attaquant l'ancienneté de cette édition , veut que l'on se soit servi de réclames pour la première fois dans le Confessionale de Saint-Antonin , imprimé à Bologne en 1472, in-4, sans nom d'imprimeur. Les réclames y sont posées perpendiculairement à la marge du dehors.

Ce signe lypographique n'est devenu commun que depuis 1480; avant celle époque on ne connaît que cinq à six éditions

que

qui le possèdeni; le Servius sur Virgile, de 1475, la The séide de Bocace, Ferrare, 1475; le Priscianus de Venise, 1476; l’Eusébe , publié à Mantoue en 1479. Ce n'est que vers 1520 l'on en fit usage en France. .

Les feuilles d'impression des anciennes éditions se réunissaient d'après l'indication du registre , imprimé à la fin du volume. On appelait ainsi les premiers mots de chaque feuillet, dont on faisait une table. C'est le premier moyen dont les typographes se soient servi pour guider les relieurs dans l'assemblage des feuilles. Meerman avait donné pour le plus ancien livre avec registre le Virgile d'Ulric Han de 1473, mais on le trouve établi dans deux éditions publiées à Rome par Sweyheim et Pannartz, en 1469. C'est celle des Commentaires de César et du poëme de Lucain. On peut donc au moins en rapporter l'invention à l'année 1469.

Bien qu'on ne trouve pas toujours des registres à la fin des anciens livres, il est néanmoins probable que l'on s'en servait plus souvent qu'on ne l'imagine, lorsqu'on ne faisait pas usage des signatures; mais comme le feuillet qui les contenait se trouvait à la fin, il était exposé à être plus souvent déchiré; peut-être aussi le relieur avait-il ordre de le supprimer lorsque le volume était assemblé et qu'on n'en avait plus besoin.

CHAPITRE XIX.

Des souscriptions et de la date.

La souscription est la formule par laquelle finissent tous les ouvrages imprimés dans le 15° siècle ; elle était ordinairement conçue en ces termes: Explicit liber qui dicitur, etc.; ensuite se trouvait le nom de la ville, celui de l'imprimeur, la date de l'année et du mois où il avait été terminé, mais quelquefois on n'y voyait ni nom d'imprimeur, ni dale, ni nom de ville. Dans beaucoup de livres du 15“ siècle on trouve

dles souscriptions manuscrites, ce qui ne doit pas peu contribuer à jeter de la défiance sur certaines dates ; il a même été souvent reconnu que des souscriptions inpriinées n'étaient pas exemptes de fraudes.

La date s'écrivait de plusieurs manières, ou bien en toutes lettres, et souvent ou en chiffres romains , ou en chiffres arabes. L'usage d'exprimer la date d'un livre en chiffres romains remonte aux premiers temps de l'imprimerie, et celle manière a été adoptée par la majeure partie des imprimeurs.

La manière d'employer les chiffres arabes n'est point sujette à variation; mais il n'en est pas ainsi des chiffres romains : car en voyant les diverses manières dont les imprimeurs ont modifié les mêmes signes pour exprimer des quantités différentes, on serait tenté de penser que leur but était de se rendre inintelligibles. En effet, les personnes les plus versées dans la connaissance de ces chiffres, sont quelquefois embarrassées et forcées d'examiner avec attention la position de ces signes pour prononcer avec certitude.

Nous croyons donc devoir donner une table explicative des valeurs numériques des chiffres romains , et nous y joindrons des exemples pour faciliter la connaissance des diverses combinaisons que les imprimeurs ont employées pour augmenter ou modifier la valeur de ces signes numériques.

I un.
II deux.
III trois.
IIII ou IV quatre.
V cinq.
VI six.

.
VIII huit.
VIII ou IX neus.
X dix.
XX vingt.
XXX trente.

VII sept:

XXXX ou XL quarante.
L cinquante.
LX soixante.
LXX soixante-dix.
LXXX ou XXC quatre-vingt.
LXXXX ou XC quatre-vingt-dix.
LXXXXIX ou IC, ou CIO IX quatrevingt-dix-neuf.
G cent.
CC deux cent.
CCCC ou CD quatre cents.
D cinq cents.
DC six cents.
DCCCC ou CM neuf cents.

M mille. On voit par cette table que le chiffre moindre, lorsqu'il précède un chiffre plus fort, en diminue la valeur de la même quantité dont il l'angmenterait s'il se trouvait placé après. D'après cela on trouvera facilement quelle est la date ou la quantité qu'on a voulu désigner par ces lettres en ployées au lieu de chifres, lorsque la marche ordinaire aura été suivie. Mais il est un grand nombre d'ouvrages du 15° siècle, et même des siècles suivans, principalement parmi ceux imprimés en Hollande, dans lesquels la méthode ordinaire pour

les chiffres a été intervestie. Nous allons rapporter quelques-unes de celles qui nous ont semblé les plus singulières et les plus difficiles à deviner.

MCCCC mij XX VIII, 1488.
MCCCC XC viij, 1498.
MCD XC IX, 1499.
Ou M cccc ID, 1499.
Minic inii viij, 1488.
M LCXV, ou M CD XCV, 1495.
M iij D, 1496.
Mjji D, 1497
MCDC II, 1602.

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