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dition de la divina Commedia di Dante Allighieri, 1818, 3 vol. in-8°. Cette édition, remarquable par la pureté du texte, est en richie d'un bon Commentaire historique et littéraire en italien, pour l'éclaircissement de tous les passages qui présentent des difficultés; 8 M. Biagioli prépare un Commentaire sur Pétrarque, dans le genre de celui qu'il a donné sur le Dante; 9° enfin, il travaille depuis plusieurs années à un Nouveau Dictionnaire français-italien et italien-français.

BIANCHI (LE BARON), feldmaréchal-lieutenant autrichien, né à Vienne, d'une famille originaire d'Italie. Il entra de bonne heure dans la carrière des armes, et parvint rapidement aux grades supérieurs. Après avoir fait la guerre en Italie, il fit la campagne de 1813, en Allemagne. Il commandait alors un corps dans la Bohême, et obtint, à l'affaire de Culm, des succès qu'il dut surtout au peu d'accord des généraux français. Vandamme, qui s'était hâté imprudemment de livrer la bataille, fut forcé de se rendre avec 12,000 hommes. Bianchi, ayant rejoint la grande armée, se distingua à la bataille de Leipsick. Après l'affaire de Barsur-Aube, au succès de laquelle il eut une part assez importante, il se dirigea sur Lyon pour se réunir au général comte de Bubhna, qui, par ses hésitations, faisait peu de progrès sur le Rhône. Après la jonction de ces deux corps d'armée, le général Bianchi fit lever le siége de Genève, que les généraux français Desaix et Marchand avaient repris, et il sauva

ainsi cette ville du châtiment que
lui réservait Napoléon, qui ne lui
pardonnait pas d'avoir accordé le
passage à l'armée autrichienne.
Le général Bianchi remporta en
outre différens avantages sur le
maréchal Augereau, à la suite
desquels il entra dans Lyon, quel-
ques jours avant la capitulation
de Paris. Dans cette circonstan-
ce, la conduite des troupes du
général Bianchi lui attira des re-
proches; mais il est juste de dire
qu'il répara autant qu'il était en
son pouvoir les maux qui lui fu-
rent connus. A l'époque du dé-
barquement de Napoléon en 1815,
il avait le commandement d'un
corps d'armée en Italie. Attaqué
brusquement par Murat, roi de
Naples, il fut obligé de se retirer;
mais ayant reçu des renforts, il
se dirigea à marches forcées sur
Florence et Foligno, afin de cou-
per la retraite aux troupes napo-
litaines. Il arriva à Foligno le 28
avril, avant même que son enne-
mi fût parvenu au-delà de Pesa-
ro; il lui prit toute son artillerie,
et le força de se retirer dans les
montagnes. A son entrée dans le
royaume de Naples, le général
Bianchi publia, comme comman-
dant en chef de l'armée autri-
chienne, quelques proclamations,
dans l'une desquelles ce général,
que son mérite devait rendre jus-
te et modéré, parle avec le plus
profond mépris d'un prince qui
avait dû toute son élévation à son
brillant courage et aux talens
du grand capitaine. Dans une
autre proclamation, le général
Bianchi engage les Napolitains
à être fidèles à leur ancien roi,
Ferdinand IV, et il prend avec

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Pux des engagemens qui ne furent point violés, du moins en ce qui dépendait de lui. Naples lai dut un service plus important encore, celui de la garantir du pillage, par la précaution qu'il eut de faire précéder l'armée d'une division de cavalerie légère, qui maintint la populace étrangère à toute opinion politique, et qui était prête à se porter à tous les excès. Peu de temps après l'arrivée du général Bianchi, Ferdinand IV rentra dans sa capitale, et, plein d'une reconnaissance méritée envers le général autrichien, pour les services importans qu'il en avait reçus, il lui en témoigna toute sa gratitude, dans une lettre autographe qu'il accompagna de la grand'croix de l'ordre de Saint-Ferdinand, et du titre de duc de Casa-Lanza, nom du lieu où l'armée napolitaine avait capitulé. Le roi joignit à ce titre des propriétés immenses qu'il exempta de toute imposition. La guerre actuelle de l'Autriche contre le royaume de Naples attache d'autant plus d'intérêt à ces souvenirs, qu'on est plus indécis sur les moyens de reconnaissance qui seront à la disposition du même roi Ferdinand, pour payer les services des généraux autrichiens contre ses sujets. Dans le mois d'août 1815, le général Bianchi vint avec son armée dans le midi de la France, et il y resta jusque dans le mois de novembre suivant. En 1816, il a été nommé gouverneur de la Galicie.

BIANCHI (FRANÇOIS), est un des compositeurs italiens les plus distingués de l'époque actuelle. Il a fait jouer avec succès plu

sieurs opéras de sa composition, sur divers théâtres de l'Europe. Voici la liste des principaux: 1o le Triomphe de la paix, en 1782; 2o Briséis, en 1784; 3° la Villageoise enlevée, en 1785; 4° le Déserteur; 5° Mézence; 6° Zémire; 7o Alexandre aux Indes; 8° l'Orphelin de la Chine; 9° le Hollandais à Venise, en 1794; 10° l'Extravagant, en 1795; et 11° Sémiramis, opéra seria, qui fut bien accueilli à Paris, en 1811, sur le théâtre de l'Opera-Buffa. Lá Villageoise enlevée (la Villanella rapita), a aussi obtenu le plus grand succès à toutes les reprises qui en ont été faites dans cette ville: remarquons cependant que le bel air mi perdo! si, mi perdo, celui des morceaux les plus applaudis, est de Paesiello.

BICHAT (MARIE-FRANÇOIS-XAVIER), l'un des plus beaux génies contemporains. La science médicale lui doit des découvertes importantes : il ne vécut pas trente années, et dans un aussi court espace de temps, il prépara la révolution qui s'est opérée récemment dans la physiologie. Bichat est digne de la plus haute estime. Dévoué à l'humanité, il lui consacra son génie, et il donna à la société l'exemple de toutes les vertus privées. Il naquit le 11 novembre 1771, à Toissey, département de l'Ain. Son père, médecin recommandable, lui fit faire ses études à Nantua et au séminaire de Lyon; il le fit entrer ensuite à l'hôpital de cette dernière ville, et le mit sous la direction de Marc-Antoine Petit. Bichat, à peine âgé de 20 ans, fut distingué par ce célèbre chirurgien, qui lui

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donna des soins particuliers. Le maître et l'élève ne furent séparés que par les troubles civils, dont la seconde ville de France fut la victime en 1793. Bichat se rendit à Paris, et, quoique sans recommandations et sans amis, il continua ses études médicales et anatomiques, s'attachant particuJièrement aux cours de l'illustre Dessault. Un jour de leçon, une circonstance imprévue force Bichat d'émettre devant le professeur quelques réflexions qui lui appartiennent en propre. Leur justesse, leur profondeur, étonnent Dessault: le génie du maître devine celui de l'élève. Bichat cesse dès lors d'être isolé. Le célèbre professeur lui offre sa maison, et Bichat devient son fils adoptif; il l'aide dans toutes ses recherches, et le seconde dans toutes ses opérations. En 1795, une mort subite enlève le professeur. Bichat consacre ses premiers travaux à honorer la mémoire de son bienfaiteur : il publie, à la fin du quatrième volume du Journal de Chirurgie de Dessault l'éloge historique de ce savant, dont il réunit en un corps les doctrines, les idées éparses dans divers traités imprimés ou manuscrits, et compose avec autant de méthode que de talent, un excellent ouvrage qu'il publie sous ce titre OEuvres chirurgicales de Dessault (Paris, 1797, 2 vol. in8°). Ne se séparant point de la famille qui vient de faire une si grande perte, il devient l'ami et l'appui du fils et de la veuve de l'homme qui lui avait servi de père. La direction que Petit et Dessault avaient donnée à ses é

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tudes, ne fut cependant pas celle qui devait préparer ses plus beaux succès. Après avoir fait quelques modifications heureuses à des instrumens de chirurgie, quelques découvertes intéressantes dans cette science, et quelques observations qui sont comme des étincelles de son génie (on les trouve consignées dans le Recueil de la Société médicale d'émulation, 1796), c'est à la physiologie qu'il s'attacha particulièrement, et c'est à elle qu'il dut sa gloire. Avant lui, déjà le métaphysicien Barthez et l'observateur Bordeu avaient renversé cette doctrine des lois physiques et chimiques, établie par Boerhaave; une philosophie forte de vérité commençait à remplacer ces théories algébriques et routinières, filles des systèmes de l'inertie ou de l'ignorance. Bichat, avec une connaissance parfaite de l'anatomie, avec une patience à toute épreuve, riche d'ailleurs d'un nombre prodigieux d'observations et d'expériences, seconda puissamment le mouvement de son siècle, et finit par élever sur les ruines des doctrines erronées des iatro-mathẻmaticiens qui l'avaient précédé le système philosophique et si bien établi du Vitalisme. Les nombreux travaux qui le conduisirent à compléter son système, sont exclusivement du ressort de l'histoire de la médecine, et non de l'histoire en général : nous n'indiquerons ici que les résultats. Les observations de Bichat se portèrent successivement sur les membranes, sur leurs différentes espèces, sur les humeurs qui lubrifient les articulations

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