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pas se tuer après la mort de Cassius et l'événement très-incertain de la bataille ; il n'y a que la honte d’être mené en triomphe qui pourra ly déterminer. L'intention de l'auteur est ici évidente; mais les commentateurs, qui ont fait tant de notes sur ce passage, ne l'ont pas

fait remarquer. (56) P. 279. You must note beside. M. Guizot a traduit ':

« Nous savons à présent le compte de nos amis jusqu'au dernier, »

P. 283. Thy leaden mace. - Mace est un ancien mot en usage pour dire sceptre.

P. 289. Defiance, traitors, hưrl we. — Hurl est particulièrement expressif. Quand quelqu'un défiait en combat judiciaire , on disait qu'il hurl , lançait son gage, lorsqu'il jetait à terre son gant comme gage qu'il soutiendrait sa charge contre son adversaire.

P. 291. What are you then determin'd to do? c'est-à-dire , je suis résolu en pareil cas de me tuer : y êtes-vous déterminé ?

Il y a certainement une contradiction apparente, mais non réelle, entre les sentiments que Brutus exprime ici, et le discours qu'il prononce ensuite. Brutus s'était fait un principe de courir toutes les chances de la guerre; mais, lorsque Cassius lui représente la honte d'être conduit en triomphe à travers les rues de Rome, cette disgrâce est une épreuve qu'il ne pourrait endurer. Quoi de plus naturel ! Nous nous faisons un système de conduite; mais il arrive des circonstances qui nous forcent à nous en départir.

(57) P. 291. Arming myself with patience. Warburton pense qu'il manque quelque chose dans ce discours. Cependant il n'est besoin pour le rendre clair que d'une parenthèse; la construction est : je suis déterminé à agir suivant cette philosophie qui m'a porté à blâmer le suicide de Caton; m'armant de patience, etc. (Johnson.)

(58) P. 295. As 'tis now. M. Guizot a traduit comme je le fais en ce

moment.

(59) P. 299. Ce fut trois semaines après, et non ce même jour, que Brutus donna la seconde bataille dans les mêmes plaines de Philippes, où les deux armées étaient restées en présence pendant tout ce temps.

(60) P. 307. Ay if Messala will prefer me to you. To prefer semble avoir été la phrase d'usage pour recommander un serviteur.

(61) P. 307. Antoine, ayant trouvé le corps de Brutus, lui dit d'abord des injures, mais ensuite il le couvrit de sa propre cotte d'armes, et ordonna à un de ses affranchis de lui donner la sépulture. Antoine ayant appris que l'affranchi n'avait pas fait brûler la cotte d'armes avec le corps, parce qu'elle était d'un grand prix , et qu'il avait soustrait une bonne partie de l'argent destiné aux frais des funérailles, il le fit mourir. (Voyez Plutarque, Vie d'Antoine.)

LA TEMPÈTE.

S211

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HISTORIQUES ET CRITIQUES

SUR LES

PIÈCES FANTASTIQUES

DE SHAKSPEARE.

LE RÊVE D'UNE NUIT D'ÉTÉ.

Le Rêve d'une Nuit d'élé est la première pièce de Shakspeare qui nous révèle toute la force créatrice de son génie: Dans cet ouvrage, comme dans tous ses autres, on remarque cette unité de sentiments, cette vigueur et cette uniformité de caractères qui distinguent essentiellement notre poëte. Le Rêve d'une Nuit d'été est une invention amusante, un tissu léger, flottant pour ainsi dire entre la terre et l'eau, et réflétant toutes les couleurs magiques de l'arc-en-ciel. Dans une pièce ainsi conçue, où toutes les visions fantastiques du rêve le plus étrange et le plus bizarre voltigent constamment sous nos yeux, où l'action principale est menée par des êtres plus légers que les fils de la Vierge et plus petits que le calice de la primevère, dont les éléments sont les rayons de la lune et l'atmosphère odoriférante des fleurs, sylphes gracieux qui se plaisent « à danser au souffle du zephyr, » il fallait, pour donner à toutes les parties de ce drame, une sorte de consistance matérielle, que les êtres humains qui prennent part à l'action eussent aussi quelque chose de surnaturel et de fantastique. Aussi, les grands et les petits personnages y subissent l'influence de l'illusion et de l'enchantement; le plaisir et l'amour, qui en forment toute l'intrigue, les perplexités d'une passion momentanément contrariée, les aventures grotesques de la folie, tout cela est l'æuvre d'un pinceau capricieux et badin, tout cela se lie admirablement aux tons sauvages et rembrunis de ces scènes où « sautillent des fées légères et d'aimables lutins. » En un mot, tout cela forme un ensemble aussi agréablement qu'heureusement varié; c'est à la fois une composition forte, et dont les parties sont bien enchainées; on y trouve tant de grâce et de légèreté, tant d'éclat et de pompe, que ce poëme est peut-être sans égal dans la littérature dramatique.

Quoique le sujet de ce charmant petit ouvrage repose sur une fiction, il y a cependant des caractères fortement tracés, des alternatives de passion et de sentiments tendres, qui y répandent une variété agréable. Sans parler des personnages de Démétrius et de Lysandre, les caractères d'Hélène et d'Hermia sont habilement dessinés, et contrastent admirablement. Dans une grande partie du dialogue qui a lieu entre elles, les cordes de l'amour et de la pitié sont touchées avec le talent ordinaire du poëte. L'opposition entre ces deux caractères est bien marquée; rien de plus touchant que la douceur, la modestie, le calme et la tranquillité qu'oppose Hélène aux meüaces de son amie.

Hélène soupçonne Hermia d'avoir conspiré avec Lysandre et Démétrius pour se railler d'elle, et c'est en ces termes qu'elle exprime les angoisses d'une ame aimante, brisée par la douleur de voir une amitié rompue ; c'est l'expression même de la nature:

« Injuste Hermia! O la plus ingrate des femmes ! tout est-il » donc fini entre nous ? et les conseils que nous nous plaisions » à nous donner, et les veux que nous formions ensemble, » comme deux soeurs, pour le bonheur de la vie, les heures » si agréables que nous passions en accusant la rapidité du » temps qui nous forçait de nous séparer; oh I tout est-il » donc oublié? Tu ne te souviens donc plus des beaux jours » de notre enfance? de ces beaux jours, Hermia , où toutes » deux, l'aiguille à la main , assises devant un modèle sur le » même tabouret , nos doigts légers travaillaient à la même v fleur, chantant toutes deux la même chanson sur le même » air; on eût dit que nos mains, nos voix, nos esprits et nos

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