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Halfyet remains unsung, but narrower bound
Within the visible diurnal sphere :
Standing on earth, not rapt above the pole,
More safe I sing with mortal voice, unchanged
To hoarse or mute, though fallen on evil days,
On evil days though fallen, and evil tongues ;
In darkness, and with dangers compass'd round,
And solitude ; yet not alone, while thou
Visit'st my slumbers nightly, or when morn
Purples the east :

Still govern thou my song, Uramia, and fit audience find, though few : But drive far off the barbarous dissonance Of Bacchus and his revellers, the race Of that wild rout that tore the Thracian bard In Rhodope, where woods and rocks had ears To rapture, till the savage clamour drown'd Both harp and voice ; nor could the Muse defend Her son. So fail not thou, who thee implores : For thou art heavenly, she an empty dream.

Say, goddess, what ensued, when Raphaël,
The affable archangel, had forewarn'd
Adam, by dire example, to beware
Apostacy, by what befell in heaven
To those apostates; lest the like befall

La moitié de mon sujet reste encore à chanter, mais dans les bornes plus étroites de la sphère diurne et visible. Arrêté sur la terre, non ravi au-dessus du pôle, je chanterai plus sûrement d'une voix mortelle ; elle n'est devenue ni enrouée ni muette, quoique je sois tombé dans de mauvais jours, dans de mauvais jours quoique tombé parmi des langues mauvaises, parmi les ténèbres et la solitude, et entouré de périls. Cependant je ne suis pas seul, lorsque la nuit tu visites mes sommeils, ou lorsque le matin empourpre l'orient. Préside toujours à mes chants, Uranie ! et trouve un auditoire convenable, quoique peu nombreux. Mais chasse au loin la barbare dissonnance de Bacchus et de ses amis de la joie ; race de cette horde forcenée qui déchira le Barde de la Thrace sur le Rhodope où l'oreille des bois et des rochers était ravie,jusqu'à ce que la clameur sauvage eût noyé la harpe et la voix : la Muse ne put défendre son fils. Tu ne manqueras pas ainsi, Uranie, à celui qui t'implore; car, toi, tu es un songe céleste, elle, un songe vain. Dis, ô déesse, ce qui suivit après que Raphaël, l'archange affable, eut averti Adam de se garder de l'apostasie, par l'exemple terrible de ce qui arriva dans le Ciel à ces apostats, de peur qu'il en arrivât de même dans le Paradis à

In Paradise to Adam or his race,
Charged not to touch the interdicted tree,
If they transgress, and slight that sole command,
So easily obey'd amid the choice
Ofall tastes else to please their appetite,
Though wandering.

He, with his consorted Eve,
The story heard attentive, and was fill'd
With admiration and deep muse, to hear
Ofthings so high and strange ; things, to their thought
So unimaginable, as hate in heaven,
And war so near the peace of God in bliss,
With such confusion : but the evil, soon
Driven back, redounded as a flood on those
From whom it sprung ; impossible to mix
With blessedness.

- Whence Adam soon repeal'd
The doubts that in his heart arose ; and now
Led on, yet sinless, with desire to know
What nearer might concern him ; how this world
Of heaven and earth conspicuous first began ;
When, and whereof created ; for what cause ;
What within Eden, or without, was done
Before his memory : as one, whose drouth
Yet scarce allay'd, still eyes the current stream,
Whose liquid murmur heard new thirst excites,

Proceeded thus to ask his heavenly guest :

| Adam et à sa race (chargés de ne pas toucher à l'arbre interdit) s'ils transgressaient et méprisaient ce seul commandement si facile à observer, au milieu du choix de tous les autres goûts qui pouvaient plaire à leurs appétits, quel qu'en fût le caprice.

Adam, avec Ève sa compagne, avait écouté attentivement l'histoire; il était rempli d'admiration et plongé dans une profonde rêverie en écoutant des choses si élevées et si étranges ; choses à leur pensée si inimaginables, la haine dans le Ciel, la guerre si près de la paix de Dieu dans le bonheur, avec une telle confusion ! Mais bientôt le mal chassé retombait comme un déluge sur ceux dont il avait jailli, impossible à mêler à la béatitude.

Maintenant Adam réprima bientôt les doutes qui s'élevaient dans son cœur, et il est conduit (encore sans péché) par le désir de connaître ce qui le touche de plus près : comment ce monde visible du Ciel et de la Terre commença; quand et d'où il fut créé : pour quelle cause; ce qui fut fait en dedans ou en dehors d'Eden, avant ce dont il a souvenir. Comme un homme de qui l'altération est à peine soulagée, suit de l'œil le cours du ruisseau dont le liquide murmure entendu, excite une soif nouvelle, Adam procède de la sorte à interroger son hôte céleste.

Great things and full of wonder in our ears, Far differing from this world, thou hast reveal'd, Divine interpreter ! by favour sent Down from the empyrean, to forewarn Us timely of what might else have been our loss, Unknown, which human knowledge could not reach ; For which to the infinitely Good we owe Immortal thanks, and his admonishment Receive, with solemn purpose to observe Immutably his sovran will, the end Of what we are. But since thou hast vouchsafed Gently, for our instruction, to impart Things above earthly thought, which yet concern'd Our knowing, as to highest Wisdom seem'd ; Deign to descend now lower, and relate What may no less perhaps avail us known ; How first began this heaven which we behold Distant so high, with moving fires adorn'd Innumerable ; and this which yields or fills All space, the ambient air vide interfused, Embracing round this florid earth : what cause Moved the Creator, in his holy rest Through all eternity, so late to build In Chaos ; and the work begun, how soon Absolved; if unforbid thou mayst unfold What we, not to explore the secrets, ask,

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