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ORLÉANS, IMPRIMERIE DE G. JACOB, CLOITRE SAINT-ÉTIENNE, 4

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ESSAIS

SUR

L'EXPLICATION DES INSCRIPTIONS PERSES.

I. – Apariyáy

Ce mot, qui se rencontre dans la phrase imâ dahyavâ tyanâ manâ dâtâ apariyâya (Behistan, I, 23), est ainsi traduit par Spiegel : « furent conservés ». Dans son glossaire (p. 207), il le place à pariyây, « retenir, être conservé », et remarque dans son commentaire sur le même endroit (p. 79) qu'il ne peut considérer ce mot avec Oppert que comme un dénominatif de pariya, mais sur le sens duquel on ne peut s'arrêter que d'après la filiation. Kossowicz transcrit pour sa part dans le texte apriyayân et traduit « provinciæ quæ mea lege contentæ erant » (de pri, archaïque pour fri!); mais sur les objections de Kpiegel et de Justi (v. les Addenda), il place ce mot å pari +i (Glossaire, p. 14. « Obire, venerari ).)

Maintenant, en ce qui concerne cette explication par pari +i, il n'est pas possible qu'elle soit exacte, car dans le verbe l'augment se place juste entre la préposition et le thème, mais jamais il n'est mis avant la préposition.

Pour mon compte, je crois qu'Oppert a raison lorsqu'il fait venir notre apariyâyā d'un substantif pariya. Or, ce pariya n'est pas autre chose que le grec teīpa = nepla de la racine par. Si l'on confère alors ce que Curtius (Etymol. 274) fait observer sur spárow avec notre passage, on ne

peut émettre aucun doute sur le fait qu'apariyâyā ne peut signifier autre chose que « ils se conduisirent, ils agirent ». Cela fournit aussi une traduction préférable de tout notre passage: imâ dahyâva tyanâ maná dâtâ apariyâyā yathậsâm hacâmâ athahya avatha akunavyatâ. « Ces provinces se conduisirent selon mes lois ; ainsi qu'il leur avait été ordonné par moi, il fut fait. »

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Ce mot se trouve régulièrement aux indications de dates, et suit notamment, lorsqu'elle est pourvue d'un chiffre, l'expression raućabis, instrumental pluriel du thème raućab = zend raoćanh, persan moderne rôz, « jour ». Spiegel traduit thakata par « justement, alors », et le compare avec hésitation au persan moderne sakht. Ce rapprochement ne peut pas être juste au fond, parce que la forme perse ne doit pas être lue thakatâ, mais bien thakhtà. En outre, l'opinion de Savelsberg (Beitræge zur Entzifferung der Lykischen Sprachdenkmæler., Bonn., 1874, p. 37), qui voudrait rattacher notre thakatá à l'arménien takav, me paraît tout à fait erronée. Elle n'est pas admissible, parce que dans toutes les formes perses qui commencent par un th, celui-ci remonte å un ç antique (sifflante palatale), tandis que le t initial de l'arménien takav ne peut provenir que d'une dentale.

A mon avis, thakatâ ne peut être autre chose que l'instrumental singulier d'un participe en ant de la racine thak , zend çać, avec le sens de « s'écouler, s'enfuir », appliqué au temps. Ainsi, thakatâ signifie proprement « avec les (jours) qui passent ». Si cela est vrai, la phrase

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x raucabis thakatâ veut dire « après x jours, x jours s'étant écoulés ». Ainsi on peut appliquer un jour à la date des faits énumérés sur les monuments. Par exemple : viyakhnahya máhyâ 14 raucabis thakatů aha yadiy udapastata (Behistan, I, 37), qu'on peut traduire : « Après 14 jours du mois de Vyakhna, ce sut le jour suivant (le 15e) qu'il se reposa ».

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Le sens de ce mot (Behistan, I, 30), « ayant la même mère », construit comme hamapitâ (ibid.) « ayant le même père ), n'est pas douteux; néanmoins, il me parait que tous les interprètes ont oublié de faire remarquer que hamâlâ est pour hamamâtâ. Il répond complètement å l'arménien hamamayr, comme le fait observer Kossorwicz (Glossaire, 50). Le phénomène, qu'à la place de deux syllabes ma se suivant l'une l'autre il n'en reste qu'une, reste également à expliquer, comme mâhya pour mâhahya, et rauta pour rautata (Inscr. de Suez. B). haća pirâva nama rauta, « du fleuve du nom de Piru (P ior = Nil). Il faut donc, comme thème de rauta = rautata, considérer rauta (sanscrit srotas, persan moderne rôd) (1), et non rau, comme l'a indiqué Kossowitch (Glossaire, 43).

(A suivre.) Vienne, février-mars 1875.

Frederic MUELLER.

(1) Ce mot ne doit pas être rapporté avec Vullers (Lexicon, II, 65) au zend raodha, au sanscrit rôdha, car il se trouve en pehlevi sous la forme rôt, tandis que si la comparaison susdite était juste, il devrait y être sous la forme rôd ou rôi.

SUR LES FORMES DE CAS

DES

RADICAU X

Ε Ν α

DANS L'ANCIEN INDIEN.

La terminaison du datif aya des radicaux en a est appelée par Schleicher (Compend., $255) une forme obscure. Le même savant incline à considérer l'y, devant lequel a a été allongé, comme une extension de radical, et il explique l'a final comme un reste du suffixe de datif ê (ai), ce qu'autoriserait à conjecturer la formation du datif féminin des mêmes radicaux en a, qui opposent au masculin neutre âya la terminaison âyai.

Cette opinion, pour le dire en un mot, manque de tout fondement. Si nous opposons l'ancien baktrien açpai, le grec inte à l'ancien indien acvaya, on voit que les trois formes, jusqu'à l'a final de l'ancien indien, concordent exactement, ce qui justifie l'irrégularité. Je décompose donc l'ancien indien açvaya en acvâi + a (acva + e +a), et je vois dans a un reste du suffixe am que nous rencontrons dans ma-hy-am, tu-bhy-am.

Les formes féminines çivâyâs (gén. abl.), çivâyâi (dat.), du radical çivä, je les décompose, contrairement à Schleicher, en çivâyâ-as et civâyâ + ê, et je considère le qui précède les suffixes as et é comme un signe de mouvement, signe qui, du reste, dans l'ancien indien, est contracté en î : bharanti = qepovoa = qeportia, d'où barantyâi= bharanthyâ + ê. Cette contraction de en i, d'ailleurs, a fréquemment lieu dans l'ancien indien, comme, par

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