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Piscatoris, die XIV junii MDCLXI, pontificatus nostri anno septimo.

Arch. dép., Fonds des anciens Trinitaires de Montpellier, sac des bulles et fondations. (Expédition originale sur parchemin.) Il existe aux mêmes Archives et dans le même sac un bref parfaitemeut semblable d'Innocent XI, du 10 novembre 1680, également valable pour sept ans, avec celle seule différence qu'au lieu du lundi de chaque semaine il fixe le vendredi pour l'application de l'indulgence qu'il a pour but d'octroyer.

".

VOEU FAIT A LA SAINTE-VIERGE ET A SAINT ROCH PAR LES CONSULS DE MONTPELLIER.

(27 Mai 1640.)

L'an mil six cens quarante, et le dimanche vingt septiesme de may, jour et feste de la Pentecoste, regnant tres chrestien prince Louis, par la grace de Dieu roy de France et de Navarre, dans la Maison consulaire de Montpellier et chapelle fondée dans icelle a l'honneur de Nostre Dame de Bethleem, assamblés messieurs François de Beaulac, conseiller du roy et receveur general des finances, "André Rouviere, bourgeois, Pierre Courdurier, marchant, François La Boissiere, maistre chirurgien, Jean Boussonnel, marchant mangonnier, et Jean Roques, maistre menuzier, consuls et viguiers dudict Montpellier, portans leurs robes consulaires, venant d'ouir la grand messe de l'esglise de la Grand Lotge, où se faict a present le saint et divin service, a cauze de la desmolition de l'esglise Nostre Dame de ladicte ville, lesquels, considerant que la maladie de peste est un fleau que la main paternelle de Dieu justement irritté employe maintenant pour nostre correction, et que pour en esviter le progres l'humble repentance accompagnée de prieres et de vœux y est fort utillemant opozée, et sçachant que l'intercession du bien heureux Saint Roch est universellement reclamée

avec bon subcès par ceux quy sont affligés de peste, et que n'y ayant point dans la ville aucune chapelle, relique ou representation dudict Saint Roch, qu'il seroit bien seant a une ville qui se gloriffie d'avoir veu naistre dans ses mours un sy celebre serviteur de Dieu qu'il y en ayt quelque marque vizible et apparante, affin que par ceste representation le public soit esmeu de prier Dieu et par ceste intercession qu'il luy plaise apaiser son courroux et nous deslivrer de ladicte maladie; a ces cauzes, ayant heu ce jourd'huy recours au Saint--Sacrement de Penitence et Heucaristie, pour et au nom de tous les habitans dudict Montpellier represantés en leur personne a se metre en estat de grace, et humblement prosternés a deux genoux au devant l'autel de ladicte chapelle en ce jour solempnel de l'infusion du Saint-Esprit sur les premices de l'Esglise naissante, ont faict vœu et promesse a la Très Sainte Trinité, Père et Fils et Saint-Esprit, a la glorieuze Vierge Marye, mere de nostre Redempteur, protectrisse de nostre royaume et patronne de ceste ville, a toutte la Cour celeste, et en special audict bien heureux Saint Roch, que sy par ses intercessions il plait a la divine bonté nous regarder des yeux de misericorde et arrester le cours de ce mal contagieux quy a commancé a nous affliger, ils travailleront fidellement, suivant le deub de leurs charges, a corriger les blasphemateurs de son saint nom, oster les scandales publicz, faire observer les festes, et, pour servir de recognoissance perpetuelle de ceste signalée grace, qu'ils fairont orner l'une des chapelles, telle et en la maniere qu'il plaira et sera ordonné par monseigneur l'illustrissime et reverandissime evesque dudict Montpellier, jusques a la despanse de six cens livres, qu'ils iront la en robe rouge, au jour de la feste dudict Saint pour y renouveller le present vou, confès et communiés, exortant leurs subcesseurs a l'advenir de faire le semblable anuellement a pareil jour, lequel mondict seigneur l'evesque sera tres humblement suplié vouloir faire solempniser. Et affin que la presente promesse et vœu soit cogneu de tous les habi

tans pour estre effectuée, lesdicts sieurs consuls ont requis moy Estienne Viala, notaire royal dudict Montpellier et greffier de ladicte Maison consulaire, d'en retenir registre et l'incerer dans les actes du Consulat.

Faict au lieu susdict, en presence de sieur Claude Perraud, Anthoine Bayle, Jean Lafont et Anthoine Bouisset, ouvriers de la commune clauzure dudict Montpellier, sieur Pierre Didier et Estienne Maryé, sieur Claude Sigalon et Pierre Bournac, procureur en la cour des comptes, signés avec lesdicts sieurs consuls et moi dict notaire soubsigné. Beaulac, premier consul et viguier, Rouviere consul, Courdurier consul, La Boissiere consul, Boussonnel consul, Perraud, Lafont, Didier, Sigalon, Bournac, Maryé, Viala notaire, ainsin signés à l'original. Arch. mun., Grand Thalamus, fol. 374 ro.

VI.

ORDONNANCE DE L'ÉVÊQUE DE MONTPELLIER, FRANÇOIS BOSQUET,
RELATIVE AU MÊME VOEU.

(29 Février 1664.)

François, par la misericorde de Dieu, evesque de Montpellier, comte de Melgueil et de Montferrand, marquis de la Marqueroze et baron de Sauve, conseiller ordinaire du roy en tous ses conseils.

Sur la requeste a nous presentée par les consuls viguiers de la ville de Montpellier, contenant que, la peste affligeant ladite ville en l'année mil six cens quarante, leurs predecesseurs, pour apaiser la colère de Dieu par les intercessions de Saint Roch, firent, au nom de tous les habitans de ladite ville, vœu à Dieu de travailler fidellement, selon le deub de leurs charges, à corriger les blasphemateurs de son saint nom, oster les scandalles publics, faire observer les festes, et en cas qu'il pleut à sa divine bonté, par les prières de la Sainte Vierge, patronne de la ville, du glorieux Saint Roch et de tous les Saints, de retirer le fleau de la peste, en recognoissance de ceste

grace signalée ils promirent pareillement et firent vœu d'orner une chapelle, telle et en la maniere qu'il plairoit et seroit ordonné par nostre predecesseur, et y employeroient jusques à la somme de six cens livres, à laquelle chapelle ils iroient, estans confez, communier tous les ans, revestus de leurs robes rouges, les jour et feste dudit Saint Roch, et y renouvelleroient leur vou, et rendroient graces à Dieu de la santé qu'il leur auroit donnée, et le prieroient de vouloir par sa misericorde la leur continuer et donner aux habitants ses graces spirituelles et temporelles; et Dieu ayant exaucé leurs prières en ce temps là par la cessation de la peste, lesdits consuls et leurs subcesseurs auroient civilement rendu leur vou en la manière susdite dans la chapelle où repose le saint sacrement de l'autel · en l'esglise cathedralle Saint Pierre; et d'autant que depuis ledit temps l'esglise paroissielle de Nostre Dame a esté rebastie, et qu'en icelle a esté faicte une chapelle en l'honneur de Saint Roch, en laquelle il seroit plus commode et plus à l'ediffication. de tout le peuple que ledit vœu fut rendu à l'advenir, plustost qu'en ladite esglise cathedralle, quy est à l'extremité de la ville et fort incommode pour le concours du peuple, nous suplient de vouloir leur permettre et ordonner qu'a l'advenir tant eulx que leurs subcesseurs rendront annuellement ledit vœu dans ladite chapelle de Saint Roch de l'esglise paroissielle, en la mesme forme qu'ils ont faict par le passé dans ladite chapelle de l'esglise cathedralle; veu par nous ladite requeste, signée Rochemore, premier consul et viguier, et Pasturel consul, l'acte du vœu faict en ladite année mil six cens quarante, retenu par Viala greffier consulaire le vingt septiesme du mois de may en la mesme année, et après avoir ouy le sindic du vénérable Chapitre de nostre esglise cathedralle et maistre Fulcrand Audibert nostre procureur, quy ont consenti aux fins de ladite requeste, et tout considéré, nous avons permis et permettons, ordonné et ordonnons que lesdits consuls de la ville de Montpellier et leurs subcesseurs en ladite charge rendront le susdit

vœu annuellement, au jour de la feste Saint Roch, et en la forme et manière susdites, dans la chapelle dediée à Saint Roch dans ladite esglise paroissielle, et qu'en memoire de la grace reçue de Dieu, ils metront un tableau dans ladite chapelle, tel qu'il sera par nous advisé, et orneront icelle jusques a la despance de la somme de six cens livres, sans qu'ils puissent neanmoins retirer de ladite chapelle du Saint Sacrement de l'esglise cathedralle le tableau de l'autel où les consuls faisans le vœu sont depeints, lequel sera mis et attaché contre la muraille de ladite chapelle et hors de l'autel, lorsqu'il sera par nous jugé à propos. Exhortons et admonestons lesdits consuls et leurs subcesseurs à l'advenir en leurs charges de se remettre souvent en memoire l'obligation du væeu qu'ils ont faict à Dieu de faire le deub de leur charge fidelement, principalement a corriger les blasphemateurs et oster les scandalles publics. Car, encores qu'ils soient obligés en conscience de la faire, neanmoins le vœu les a soubmis a une nouvelle obligation, quy les engageroit dans une espèce de sacrilege, s'ils ne l'observoient, comme, au contraire, s'ils l'observent fidellement, les couronnera d'un plus grand merite devant Dieu. C'est pourquoy, affin que ceste obligation soit toujours presente à leur memoire, estant presente à leurs yeux, nostre presente ordonnance sera leue aux consuls entrans nouvellement en leurs charges, après qu'ils auront presté le serment acoustumé, et sera affichée dans le lieu où ils s'assemblent pour leurs affaires communes dans l'hostel de ville.

Donné à Montpellier, le vingt neufviesme febvrier mil six cens soixante quatre.

FRANÇOIS, evesque de Montpellier.

Par mondit seigneur, CATHALAN. Ainsin signé et scellé.

Arch. mun., Grand Thalamus, fol. 374 v° sq.

FIN DU TOME TROISIÈME.

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